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mercredi 4 avril 2012
Les nouveaux émigrés (vus par le photographe David Monahan)
Avec son projet Leaving Dublin, le photographe dublinois David Monahan a voulu capturer les derniers moments au pays des nouveaux émigrés - ainsi que de quelques quadragénaires contraints à l'exil pour la seconde fois.
Sur quelque dix-neuf mois, il a ainsi pris 58 photos d'émigrants sur le départ.
(Merci Marina)
mardi 13 décembre 2011
Un conte irlandais
C'est un véritable conte de noel que relate le Irish Times dans son édition d'hier. L'histoire de deux fantômes irlandais, qui apparaissent soudain, dans une exposition de photos du Jardin du Luxembourg, à Paris.
L'histoire remonte à 1991, lorsque Olivier Martel, le photographe exposé l'été dernier aux grilles du Luxembourg, prend en photo deux vieilles dames à l'Abbey Theatre de Dublin. Sous l'oeil attentif du poète irlandais WB Yeats, elles sont en pleine conversation. Elles ne remarquent absolument pas le photographe français. Juste le temps d'un entracte.
Lorsque le célèbre architecte dublinois, Allen Smith, se retrouve face à ce portrait, alors qu'il rend visite à ses petits-enfants à Paris, il éprouve une telle émotion qu'il en pleure sous le choc. C'est qu'il vient de voir deux fantômes surgis du passé : sa mère et sa tante, toutes deux décédées depuis.
Olivier Martel se souvient avoir pris la photo de ces deux dames respectables, parlant entre elles, avec WB Yeats comme témoin. Il explique ne pas les avoir interrompu, pour garder la magie du moment. Lorsqu'on lui a demandé de faire une compilation de ses photos de femmes à travers le monde, et de les rassembler sous le titre "Femmes éternelles", il a immédiatement pensé à elles.
Et c'est ainsi que l'architecte dublinois et grand promoteur de jazz en Irlande, Allen Smith, a pu revoir sa mère, le temps d'une exposition, bien vivante, entre une procession de Bretonnes aux coiffes de dentelles et des jumelles américaines réunies en convention.
A Terrible Beauty is Born...
vendredi 2 décembre 2011
Astérix en Irlande
Le tournage en Irlande du film Astérix au service de sa majesté ... avec les moucherons irlandais en guest stars !
Obélix-Depardieu s'en tire plutôt bien :
Obélix-Depardieu s'en tire plutôt bien :
mercredi 22 juin 2011
James Joyce : où sont les pubs ?
Chaque année à Dublin, le 16 juin est un jour particulier. Les Dublinois sont fiers de fêter le Bloomsday et de marcher toute la journée sur les traces du héros de James Joyce.
Dans son livre Ulysse, James Joyce a imaginé son personnage, Leopold Bloom, marchant, toute la journée du 16 juin 1904, dans Dublin et s'arrêtant de ci, de là, dans des endroits parfois encore connus de nos jours.
A un moment du récit, James Joyce fait dire à son personnage une phrase-clé : "Good puzzle would be cross Dublin without passing a pub". Et voilà comment, pendant plus de 89 ans, des marcheurs tentent, tous les ans, avec leur livre à la main, de relever le défi.
Cette année, ils ont eu de la chance. Pendant un an, un informaticien (d'origine irlandaise) a relevé pour eux tous les pubs existants à Dublin. Il les a confrontés ensuite à un logiciel, combiné à une carte de la ville, pour enfin définir le parfait parcours Bloomsday.
Il se dit que plus d'un millier de pubs ont ainsi été répertoriés. Mais un problème reste cependant à résoudre : fallait-il compter également les bars et autre "cafés" qui fleurissent dans la capitale depuis quelques années ? Ou seulement s'en tenir aux pubs traditionnels connus de James Joyce en 1904 ?
Toujours est-il que l'informaticien s'est maintenant mis en tête de trouver le dédale qui conduirait les nouveaux Leopold Bloom devant le plus de pubs possible - l'an prochain.
A suivre.
Dans son livre Ulysse, James Joyce a imaginé son personnage, Leopold Bloom, marchant, toute la journée du 16 juin 1904, dans Dublin et s'arrêtant de ci, de là, dans des endroits parfois encore connus de nos jours.
A un moment du récit, James Joyce fait dire à son personnage une phrase-clé : "Good puzzle would be cross Dublin without passing a pub". Et voilà comment, pendant plus de 89 ans, des marcheurs tentent, tous les ans, avec leur livre à la main, de relever le défi.
Cette année, ils ont eu de la chance. Pendant un an, un informaticien (d'origine irlandaise) a relevé pour eux tous les pubs existants à Dublin. Il les a confrontés ensuite à un logiciel, combiné à une carte de la ville, pour enfin définir le parfait parcours Bloomsday.
Il se dit que plus d'un millier de pubs ont ainsi été répertoriés. Mais un problème reste cependant à résoudre : fallait-il compter également les bars et autre "cafés" qui fleurissent dans la capitale depuis quelques années ? Ou seulement s'en tenir aux pubs traditionnels connus de James Joyce en 1904 ?
Toujours est-il que l'informaticien s'est maintenant mis en tête de trouver le dédale qui conduirait les nouveaux Leopold Bloom devant le plus de pubs possible - l'an prochain.
A suivre.
lundi 29 novembre 2010
Moi, survivant du Tigre celtique
Un écrivain irlandais maudit installé à Berlin témoigne sur son époque Tigre celtique. Ils étaient peu nombreux à avoir compris - et ils ont préféré partir... ou se taire.
Un article paru dans le Times du 26 novembre - et traduit par Presseurop :
L’écrivain irlandais Julian Gough a traversé les années du Tigre celtique en ne vivant guère que d’amour et d’eau fraîche. Il est aujourd’hui installé à Berlin, et voici le récit de son existence à l’époque, lui qui était sceptique (et fauché) tandis que le reste du pays basculait dans la fièvre immobilière qui a fini par le ruiner.
"En Irlande, du temps de la prospérité, il fallait vraiment travailler dur pour éviter de gagner de l’argent. J’y suis arrivé en devenant auteur de romans impopulaires. Ma moitié, elle, y est parvenue en devenant artiste. Nos amis faisaient du fric, nous faisions de l’art. C’était parfait. Après tout, un écrivain irlandais a le devoir sacré d’être en décalage complet avec son pays.
Mais passé l’an 2000, ce qui avait été un boom incontestable s’est transformé en bulle immobilière qui a fait perdre aux gens le sens des réalités. Très vite, le Irish Times s’est retrouvé affublé d’un supplément d’annonces immobilières plus épais que lui. Mes amis ont commencé à acheter des maisons toujours plus chères. La dette a explosé, mais les médias préféraient parler de prospérité.
Le seul journaliste financier irlandais à analyser clairement le phénomène fut David McWilliams. L’économiste Morgan Kelly écrivit un article étonnant où il disséquait toutes les bulles immobilières de l’histoire. L’Irlande avait fait tout ce qu’il ne fallait pas, au centuple. Le pays était totalement plumé. Je l’ai envoyé à tous mes amis. Je vivais encore à Galway, dans l’ouest, alors qu’eux tous s’étaient installés à Dublin, cœur palpitant du Tigre celte.
Ils n’ont rien voulu savoir. J’avais tort. Après tout, ils ne cessaient de s’enrichir pendant que moi, j’étais chaque jour un peu plus pauvre. La nation entière s’était pris une cuite, et parler de bulle pouvait susciter des réactions agressives.
Bertie Ahern, le Premier ministre irlandais de l’époque, fit un discours télévisé où il attaqua les gens comme Kelly et McWilliams qu’il accusa de “rester sur la touche à pester et à geindre … Je ne sais pas comment les gens qui font ça ne finissent pas par se suicider.” La foule rit et applaudit.
Le champagne coulait comme de la bière
Pendant ce temps, nos amis ont commencé à avoir des enfants, et à déménager dans de plus grandes maisons. Mais ils gardaient leurs maisons précédentes. J’étais perplexe. L’investissement ne suit-il pas deux règles d’or ? Il faut diversifier son portefeuille, et ne pas emprunter pour spéculer ? Or, les banques irlandaises s’étaient mises à conseiller au salarié lambda de jouer à quitte ou double en contractant deux énormes hypothèques.
En Irlande, une conversation sur deux portait désormais sur l’immobilier. Les gens prenaient leur weekend pour aller acheter des appartements en Bulgarie. Dans la vitrine de notre agent immobilier local, on trouvait des publicités pour des logements au Portugal. Mais mes amis ne me parlaient plus d’immobilier, ni de bulle, et ils s’énervaient quand j’évoquais le sujet. Du reste, nous ne nous fréquentions plus tant que ça.
Peu à peu, j’ai eu la sensation d’être comme un passager de troisième classe sur le Titanic, qui a vu l’iceberg ouvrir une brèche tout le long de la coque et qui vient de courir à l’étage jusqu’à la salle de bal pour donner l’alerte … et tout le monde continue à danser pendant que le brave homme est poliment raccompagné à l’extérieur. Parce qu’à ce moment-là en Irlande, si vous n’étiez pas propriétaire et que vous ne gagniez pas d’argent, vous étiez en troisième classe.
Les loyers, les prix, la consommation de cocaïne … tout faisait des bulles qui enflaient en moussant. Un soir, dans l’hôtel de Bono, ma compagne et moi avons eu une révélation en regardant nos amis commander négligemment des bouteilles de champagne médiocre à 90 euros pièce comme ils consommaient autrefois des bières. Quelqu’un a lancé : “Bah, on n’aura qu’à partager à la fin.”
Mon aimée et moi nous sommes regardés. A nous deux, nous avions dix euros, et nous avions prévu de faire durer notre eau gazeuse toute la soirée. Nous étions en retard pour le loyer. Nous avons présenté nos excuses, leur avons laissé nos dix euros, et nous sommes partis. L’Irlande était devenue une nation de propriétaires sans même s’en apercevoir. Et nous n’étions que des locataires.
L'ascension sans fin des prix de l'immobilier
J’ai terminé mon étrange roman sur l’Irlande moderne. Les méchants étaient un promoteur immobilier et un ancien Premier ministre. On peut s’en douter, aucun éditeur n’en a voulu. Ce livre était tout simplement absurde ! Les prix de l’immobilier avaient triplé en dix ans. Nous étions riches. L’histoire était finie, l’Irlande avait gagné, merci de la fermer.
Peu après avoir essuyé ses refus, nous nous sommes trouvés à court d’argent, notre fille est née et nous avons été expulsés le jour du Nouvel An 2006. Notre propriétaire, tigresse celte, était quelqu’un de charmant, mais elle avait pris une double hypothèque sur la maison pour acheter d’autres logements. Elle ne pouvait se permettre de baisser le loyer ; déjà, ce dernier était loin de suffire à couvrir l’hypothèque. Mais peu importait, puisque les prix de l’immobilier étaient voués à une ascension sans fin.
Nous avions encore quelques bons amis, même si nous ne les voyions jamais. Un couple qui travaillait dans la banque nous a trouvé une maison à Dublin dont le loyer était deux fois moindre que le prix du marché. Mais la prospérité continuait de prospérer, et bien vite, nous n’avons même plus été en mesure de payer la moitié d’un loyer irlandais.
L’amie d’un ami, à Los Angeles, nous a proposé sa maison, dans un village en France, sans loyer à payer. Nous avons émigré pour 50 cents chacun à bord de Ryanair. Nous avons pris deux sacs à dos, tout ce qu’une marmite contenait comme objets de valeur, et un ordinateur portable. En Irlande, nous avions traversé les années de misère et de chômage, mais nous n’avions pas pu survivre au boom.
La maison était minuscule, adorable, et à quatre kilomètres de la boutique la plus proche. Nous y allions avec la poussette, à travers des champs de lavande et de blé. Tandis qu’en Irlande, la prospérité atteignait son paroxysme, nous, fauchés que nous étions, nous chantions et savourions des pique-niques sous un chêne. Puis un éditeur a acheté mon livre.
Nous nous sommes déniché un foyer parmi tous les autres artistes sans le sou qui gravitent à Berlin, ville ruinée, bon marché. Un fonctionnaire a épluché nos déclarations irlandaises de revenus. Notre revenu se situait très, très en dessous du salaire minimum ; en dessous des allocations chômage. Il a sifflé et a dit : “Sie leben auf Liebe und Luft.” Vous vivez d’amour et d’eau fraîche.
Ils étaient condamnés mais ne le savaient pas
Un an plus tard, j’ai remporté le BBC National Award pour une nouvelle télescopant le Fianna Fáil, le parti au pouvoir en Irlande, et Le magicien d’Oz. Les gens pensaient qu’il s’agissait d’une comédie. On m’a invité à participer au plus grand talk show d’Irlande. Une limousine surdimensionnée est venue nous chercher à l’aéroport et nous a déposés dans un hôtel cinq étoiles flambant neuf, construit grâce à des allègements fiscaux par des promoteurs partisans du Fianna Fáil.
Ce soir-là, quand on m’a demandé pourquoi j’avais quitté l’Irlande, le petit pays le plus riche d’Europe, j’ai raconté l’histoire ci-dessus. Et j’ai ajouté que le boom sur l’immobilier était factice. Que c’était comme si j’assistais au déferlement d’une étrange religion sur toute la nation, comme si les gens montraient des maisons et disaient : "Vous voyez cette maison ? Elle vaut cinq millions d’euros.” Sauf qu’elle ne les valait pas, ai-je conclu.
Et, dans le silence glacial du studio, j’ai compris qu’ici, tout le monde avait investi dans l’immobilier et prévoyait d’investir encore. Que tous avaient hypothéqué leur logement pour acheter à leurs enfants une maison qui, bientôt, ne vaudrait pratiquement rien. Ils étaient condamnés mais ne le savaient pas. Un quart de la population me fixait. Je crois que jamais je ne me suis senti aussi seul.
Il m’arrive de revenir au pays à quelques reprises dans l’année, et j’y retrouve mes amis, à chaque fois dans un restaurant de moins en moins cher. Moi, je suis toujours fauché, mais maintenant, au moins, je peux payer ma part de l’addition. Et nous ne parlons toujours pas d’immobilier."
dimanche 17 octobre 2010
Irlande et Irlandais - photos par Tom Szustek
Le photographe Tom Szustek, né en Pologne, fait actuellement un travail remarquable sur l'Irlande - la vraie, celle dont on avait oublié un peu vite l'existence, éblouis que nous étions tous devant les paillettes jetées aux yeux du monde par les "nouveaux riches" (en français dans le texte) du Tigre celtique.
Voici quelques diaporamas de cet artiste - qui a déjà illustré mon post précédent :
Les Liberties - Dublin
Irlande
Samedi soir à Temple Bar - Dublin
Marché irlandais
Voici quelques diaporamas de cet artiste - qui a déjà illustré mon post précédent :
Les Liberties - Dublin
Irlande
Samedi soir à Temple Bar - Dublin
Marché irlandais
lundi 11 octobre 2010
L'Irlande en crise et en images
La crise économique et financière en Irlande, tout le monde connaît maintenant. Cela en fait sourire certains. D'autres compatissent. Et les Irlandais paient les pots cassés - par les financiers, les investisseurs et les banques.
Irlande en crise
Près d'un demi-million de chômeurs, depuis le début de la crise en 2007, sur une population d'à peine 4 millions d'habitants : près d'un actif sur 7. Les budgets d'austérité qui se succèdent, les taxes qui augmentent (on parle d'une TVA à plus de 21 p.cent sur tous les produits), les allocations familiales et indemnités chômage qui se réduisent comme peau de chagrin, les Irlandais sont à la peine - et cela commence à se voir.
Ils sont de plus en plus nombreux à ne plus renouveler leur contrats d'assurance-santé privée - qui reste indispensable dans un pays où l'Etat ne rembourse que la portion plus que congrue des frais médicaux.
La plupart d'entre eux se retrouvent piégés par une maison ou un appartement achetés en plein boom économique - à une époque où les prix de l'immobilier explosaient littéralement.
Conséquence, après l'éclatement de la bulle immobilière irlandaise : des ménages se retrouvent à rembourser des propriétés qui ne valent même pas la moitié de la valeur du prix payé.
Sans oublier le drame des ghost estates construits par des entrepreneurs qui ont fait faillite avec la récession et dont les lots vendus sur plan ne seront jamais achevés.
La semaine dernière à Dublin, un Salon de l'Emigration a fait salle comble. Les Irlandais renouent avec leur vieille tradition et se tournent vers l'Australie, l'Afrique du Sud ou le Canada. Les travailleurs de l'Est sont déjà repartis depuis longtemps en laissant l'Irlande et son chômage loin derrière eux.
Le nouveau budget d'austérité, prévu fin décembre et soutenu par Bruxelles, qui prévoit plus de 4 milliards d'économies, fait craindre à certains cercles haut placés des "réactions sociales" - encore minoritaires dans le pays.
L'allusion même à d'éventuelles "réactions sociales" en Irlande montre combien la crise est profonde dans ce pays.
Une certaine image de l'Irlande
Diaporamas du photographe Tom Szusteck
Irlande en crise
Près d'un demi-million de chômeurs, depuis le début de la crise en 2007, sur une population d'à peine 4 millions d'habitants : près d'un actif sur 7. Les budgets d'austérité qui se succèdent, les taxes qui augmentent (on parle d'une TVA à plus de 21 p.cent sur tous les produits), les allocations familiales et indemnités chômage qui se réduisent comme peau de chagrin, les Irlandais sont à la peine - et cela commence à se voir.
Ils sont de plus en plus nombreux à ne plus renouveler leur contrats d'assurance-santé privée - qui reste indispensable dans un pays où l'Etat ne rembourse que la portion plus que congrue des frais médicaux.
La plupart d'entre eux se retrouvent piégés par une maison ou un appartement achetés en plein boom économique - à une époque où les prix de l'immobilier explosaient littéralement.
Conséquence, après l'éclatement de la bulle immobilière irlandaise : des ménages se retrouvent à rembourser des propriétés qui ne valent même pas la moitié de la valeur du prix payé.
Sans oublier le drame des ghost estates construits par des entrepreneurs qui ont fait faillite avec la récession et dont les lots vendus sur plan ne seront jamais achevés.
La semaine dernière à Dublin, un Salon de l'Emigration a fait salle comble. Les Irlandais renouent avec leur vieille tradition et se tournent vers l'Australie, l'Afrique du Sud ou le Canada. Les travailleurs de l'Est sont déjà repartis depuis longtemps en laissant l'Irlande et son chômage loin derrière eux.
Le nouveau budget d'austérité, prévu fin décembre et soutenu par Bruxelles, qui prévoit plus de 4 milliards d'économies, fait craindre à certains cercles haut placés des "réactions sociales" - encore minoritaires dans le pays.
L'allusion même à d'éventuelles "réactions sociales" en Irlande montre combien la crise est profonde dans ce pays.
Une certaine image de l'Irlande
Diaporamas du photographe Tom Szusteck
vendredi 8 octobre 2010
Spencer Tunick et ses nus irlandais
Installation Spencer Tunick à Cork
Spencer Tunick, né en 1967 aux Etats-Unis, est maintenant connu pour ses célèbres installations de foules humaines nues posant dans un environnement urbain ou rural.
Les personnes exposées sont (heureusement) toutes volontaires et non rémunérées.
En 2008, il a posé ses objectifs en Irlande où, à sa grande surprise, les volontaires se sont déplacés en foule pour participer à cette nouvelle expérience.
Et se mettre nu en Irlande, dehors, même en juin, relève vraiment de l'exploit.
La première installation a eu lieu le 17 juin 2008 à Cork. Malgré des températures en baisse, plus de 1.000 personnes s'étaient déplacées.
Spencer Tunick s'est dit très surpris de voir autant de volontaires irlandais, hommes et femmes, se dénuder devant lui. La plupart d'entre eux s'étaient inscrits plusieurs semaines avant l'événement et n'auraient surtout pas voulu manquer un tel événement.
La deuxième installation a eu lieu à Dublin, le 21 juin. La pluie était présente, tombant en rafales. Mais tous les volontaires ont répondu présents à l'appel - sur le sable fin de la plage du sud de Dublin. Température : 12 degrés.
A Dublin
Spencer Tunick avait déjà procédé à une installation de corps nus à Lyon en 2005. Son travail l'a notamment conduit au Chili, au Mexique, à Bruges et à Barcelonne.
Website de Spencer Tunick
mercredi 26 mai 2010
Tinselitis, le groupe irlandais de New York, vous connaissez ?
Pour les accros :
http://www.irishvox.com/tinselitis.html
vendredi 21 mai 2010
The Divine Comedy - Neil Hannon chante en avant-première
Le nouvel album de The Divine Comedy "Bang Goes the Knighthood" sortira le 28 mai 2010. Neil Hannon donne le ton en avant-première.
mercredi 14 avril 2010
Jean-Paul Sartre et John Huston en Irlande
The Irish Times racontait avec humour, en 2009, comment la rencontre de deux noms a pu se transformer en quelques jours en un échec éclatant.
En 1958, John Huston contacte Jean-Paul Sartre pour lui proposer d'écrire le scénario de son futur film : Freud, la Passion Secrète.
Jean-Paul Sartre
Le philosophe français accepte de collaborer avec le cinéaste américain. Durant l'année 1959, il travaille à l'écriture du scénario et, dès l'automne, se rend en Irlande afin d'y rencontrer le réalisateur qui y réside.
The Irish Times du 29 septembre 1959 relate dans ses pages la rencontre des deux hommes au manoir Saint-Clerans, Co. Galway, et titre : "Les existentialistes de Galway".
La rencontre va pourtant rapidement tourner au vinaigre. Dans une de ses lettres à Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre décrit le manoir de John Huston rempli de souvenirs de voyage du maître des lieux, sans saveur et sans âme.
Le Parisien s'y plaint de n'avoir pas encore quitté cette "grande baraque" des fenêtres de laquelle il ne voit que des champs verts s'étendant sur des kilomètres alentour. Il ajoute, dégouté : "Je vais vous envoyer un télégramme car le téléphone de la chambre ne marche pas (...)".
La campagne irlandaise ne trouve pas grâce à ses yeux : "Partout où vous allez, des ruines, qui vont, sans avertissement, du 6e siècle au 20e siècle (...) Seule la présence de l'herbe prouve qu'une bombe atomique n'a pas été lâchée ici..."
John Huston
Jean-Paul Sartre n'est guère plus tendre avec son hôte, John Huston, dont il décrit à Simone de Beauvoir la "vanité enfantine" quand celui-ci se pique de porter une veste de dîner rouge ou de monter à cheval "pas très bien" (dixit Sartre) pour parcourir son domaine de Saint-Clerans.
De son côté, John Huston ressent la même antipathie pour son invité qu'il dépeint comme "aussi affreux qu'un être humain peut l'être (...) avec ses dents jaunes..."
The Irish Times raconte à ce propos que Jean-Paul Sartre, souffrant d'un mal de dent, demande à son hôte de lui trouver un dentiste à Galway. En bon Américain soucieux de ses dents, John Huston suggère d'aller à Dublin pour y trouver le meilleur des soins. Jean-Paul Sartre refuse de faire tous ces kilomètres pour une dent et va à Galway se la faire arracher. John Huston n'aura qu'un mot :"Une dent de plus ou de moins ne fait aucune différence dans l'univers de Sartre".
Le manoir de John Huston - Saint Clerans en Irlande
De retour à Paris, Jean-Paul Sartre met la dernière main au scénario du film, qui s'avère trop long. Il ne voit "aucune raison pour que le film ne dure pas huit heures", écrit-il à John Huston.
Pendant six mois, Huston et son équipe vont couper, cadrer et présenter enfin un scénario de trois heures. Sartre est furieux et exige que son nom soit retiré du générique du film. Ce qui sera fait.
Le film sortira en 1962 avec Montgomery Clift dans le rôle-titre.
En 1958, John Huston contacte Jean-Paul Sartre pour lui proposer d'écrire le scénario de son futur film : Freud, la Passion Secrète.
Le philosophe français accepte de collaborer avec le cinéaste américain. Durant l'année 1959, il travaille à l'écriture du scénario et, dès l'automne, se rend en Irlande afin d'y rencontrer le réalisateur qui y réside.
The Irish Times du 29 septembre 1959 relate dans ses pages la rencontre des deux hommes au manoir Saint-Clerans, Co. Galway, et titre : "Les existentialistes de Galway".
La rencontre va pourtant rapidement tourner au vinaigre. Dans une de ses lettres à Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre décrit le manoir de John Huston rempli de souvenirs de voyage du maître des lieux, sans saveur et sans âme.
Le Parisien s'y plaint de n'avoir pas encore quitté cette "grande baraque" des fenêtres de laquelle il ne voit que des champs verts s'étendant sur des kilomètres alentour. Il ajoute, dégouté : "Je vais vous envoyer un télégramme car le téléphone de la chambre ne marche pas (...)".
La campagne irlandaise ne trouve pas grâce à ses yeux : "Partout où vous allez, des ruines, qui vont, sans avertissement, du 6e siècle au 20e siècle (...) Seule la présence de l'herbe prouve qu'une bombe atomique n'a pas été lâchée ici..."
Jean-Paul Sartre n'est guère plus tendre avec son hôte, John Huston, dont il décrit à Simone de Beauvoir la "vanité enfantine" quand celui-ci se pique de porter une veste de dîner rouge ou de monter à cheval "pas très bien" (dixit Sartre) pour parcourir son domaine de Saint-Clerans.
De son côté, John Huston ressent la même antipathie pour son invité qu'il dépeint comme "aussi affreux qu'un être humain peut l'être (...) avec ses dents jaunes..."
The Irish Times raconte à ce propos que Jean-Paul Sartre, souffrant d'un mal de dent, demande à son hôte de lui trouver un dentiste à Galway. En bon Américain soucieux de ses dents, John Huston suggère d'aller à Dublin pour y trouver le meilleur des soins. Jean-Paul Sartre refuse de faire tous ces kilomètres pour une dent et va à Galway se la faire arracher. John Huston n'aura qu'un mot :"Une dent de plus ou de moins ne fait aucune différence dans l'univers de Sartre".
De retour à Paris, Jean-Paul Sartre met la dernière main au scénario du film, qui s'avère trop long. Il ne voit "aucune raison pour que le film ne dure pas huit heures", écrit-il à John Huston.
Pendant six mois, Huston et son équipe vont couper, cadrer et présenter enfin un scénario de trois heures. Sartre est furieux et exige que son nom soit retiré du générique du film. Ce qui sera fait.
Le film sortira en 1962 avec Montgomery Clift dans le rôle-titre.
samedi 10 avril 2010
vendredi 9 avril 2010
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