vendredi 31 décembre 2010

Neige d'Irlande



L'Irlande sous la neige. On ne peut le voir qu'une fois tous les trente ou quarante ans. Même si, l'année dernière déjà, on avait eu un petit aperçu de l'hiver continental sur les côtes irlandaises.





Mais même sous la neige et la glace,  le ciel d'Irlande reste tel qu'en lui même : et on comprend d'où vient la force qui anime les esprits de cette terre.



Les rois de Tara ne sont jamais très loin - et la reine Maeve nous regarde, du haut de son tumulus sacré.



 La neige en Irlande. Même la mer y succombe.

mardi 21 décembre 2010

Solstice d'hiver : Newgrange et son mystère



Newgrange : le nom résonne ici comme un rappel des temps anciens - un appel aux lointains Celtes.

Newgrange : le plus célèbre des sites archéologiques d'Irlande, au nord de Dublin. Mais aussi, le lieu de toutes les croyances, anciennes ou new age.

Construit il y a 5.000 ans, près de 600 ans avant la grande pyramide de Gizeh, le gigantesque tumulus attire toujours autant les foules - comme il le faisait déjà au temps de sa construction.

Tombe d'importance, royale très certainement, le tumulus abrite un mystère qui draine encore les fidèles près de sa porte d'entrée si étroite.

Tous les ans, le jour du solstice d'hiver, à 9 h 17 le matin, le soleil pénètre au coeur de la tombe pour éclairer les ténèbres de la salle centrale.

Presque mille ans avant Stonehenge en Angleterre, les hommes des terres de l'ouest en appelaient ainsi aux ancêtres pour faire revenir sur terre la lumière du jour - et que s'éloignent pour une année encore les terreurs de la nuit.

jeudi 16 décembre 2010

Les Rubberbandits et la crise irlandaise



Leur video sur YouTube a reçu 1,5 million de visites en seulement cinq jours.

Blindboy Boatclub et Mr Chrome of Limerick, avec leur duo hip-hop Rubberbandits, font actuellement exploser le hit-parade irlandais.

Mercredi matin, ils étaient devant le parlement, avec un autre complice habillé, lui, en Willie O'Dea, le ministre irlandais de la Défense. Manière de dire leur mécontentement pour la situation actuelle du pays.

Le groupe, formé en 2000 a, depuis, largement utilisé Internet pour diffuser ses chansons et a rencontré un engouement inattendu à travers toute l'Irlande.

De style plutôt satirique, leur musique veut dénoncer les compromissions politiques et sociétales d’un pays actuellement en pleine crise, non seulement économique et financière mais égalemement sociale et politique.

Leur paroles crues se rapprochent très fortement de la série South Park pour la délicatesse du propos et la finesse des opinions.

En octobre 2010, leur Republic of Telly a fait un tabac sur la chaîne de television nationale RTE Two et, en décembre, leur single Horse Outside a connu des début explosifs grâce à YouTube. Il se murmure déjà que le titre sera numéro 1 dans les charts de Noél.

On y parle de grève d’impôts, de politiciens et d’argent perdu – le tout sur fond de crise sociale et morale.

A ne pas mettre entre toutes les mains.

mercredi 15 décembre 2010

Un étranger en Irlande

Etre un étranger en Irlande peut conduire à une longue réflexion sur "qu'est-ce qu'être un Irlandais". Le choc culturel, linguistique et climatique est garanti. Et l'intégration peut se révéler plus compliquée que prévu.

Ainsi, des étudiants allemands et norvégiens ont, récemment, publié leurs impressions sur le pays qui les accueillait pour quelques mois, à l'université de Dublin (UCD).

Leurs conclusions sont criantes de vérité et méritent qu'on les médite - enfin, surtout les Irlandais.

- La politesse des Irlandais : Bien connue - elle est même leur marque de fabrique. Elle vous saute dessus dès que vous débarquez en Irlande. "Howaya" (ou quelque chose de phonétiquement approchant) est le cri par lequel vous êtes systématiquement accueilli. Ce qui ne veut pas dire que l'on attende une réponse en retour. Et encore moins la même question.

Le "sorry" est très en vogue aussi - y compris de la part de celui dont vous venez d'écraser le pied.

- Les feux pour les piétons : Ils sont juste une recommandation - pas une obligation : On reconnaîtra d'emblée l'étranger dans celui ou celle qui attend plus de dix minutes au feu rouge avant de traverser la voie.

- L'accent irlandais : Redouté, il  peut amener à certaines confusions : ainsi, le "craic" n'est pas une drogue mais une ambiance ; le "Tea-shock" n'est pas une réaction à un thé particulier mais bien le nom du premier ministre (Taoiseach).

- La nourriture-mystère, : Celle dont vous n'avez jamais entendu parler avant de mettre le pied sur la terre irlandaise. Rashers, boxty ou bangers peuvent déconterter mais sont (absolument) à conseiller.

- La neige : C'est une rareté irlandaise : 10 cm (à peine) de neige et tout le pays est gelé - complètement immobilisé.

Les docteurs et la grossesse : la grande inquiétude des docteurs dans le pays, lorsqu'une adolescente vient pour consulter (même pour un gros rhume), est... le risque de grossesse.

- Les bus irlandais : Il faut être bien conscient qu'aucun bus ne vous préviendra du prochain arrêt - et qu'il n'y a pas de cartes ni d'itinéraires à l'intérieur dudit bus.

Il vous faut aller à l'avant du véhicule pour demander au chauffeur (si, si : vous pouvez lui adresser la parole) quel sera le prochain arrêt - et au besoin,  lui demander quel est l'arrêt le plus proche pour votre destination.

S'il s'agit de Dun Laoghaire, attention de bien prononcer. En aucun cas, vous ne devez prononcer Du-ne La-o-guère mais bien : D-eu-n Li-ri.

Ayant bien intégré ces différents points, l'étranger pourra (peut-être) se sentir un peu plus intégré au pays - mais sera encore (et pour un bout de temps) un alien aux yeux de l'autochtone.

jeudi 9 décembre 2010

Irlande, paradis perdu - vu d'Allemagne

Galway - en 1955 (femmes aux pieds nus)

Publié par Presseurop, un article du Spiegel, paru le 7 novembre, sur l'Irlande, passée et récente.
L'Irlande d'avant le Tigre celtique - et l'Irlande d'après la Grande Crise.

Pauvre et pure, l’Irlande a longtemps été le paradis perdu de nombreux Allemands lecteurs de Heinrich Böll. Puis Dublin a cédé aux sirènes du capitalisme financier. Aujourd’hui, assure le Spiegel, Berlin doit aider "l’enfant malade". 


Par Markus Feldenkirchen - Der Spiegel

Heureusement, Heinrich Boll [prix Nobel de la littérature de 1972] n’est plus de ce monde pour assister à ce triste spectacle. Nul doute que s’il avait voyagé dans l’Irlande d’aujourd’hui, l’auteur allemand ne serait pas tombé amoureux de ce pays, de cette plaisante île de 4 millions d’habitants, idylle de pauvreté et inspiration pour un monde meilleur. C’est précisément cette Irlande qui a attiré le turbo-capitalisme. Et ça ne lui a pas réussi. De quoi faire perdre son latin à Heinrich Böll.

"Ici déjà l’ordre social européen prenait d’autres formes", écrivait-il dans les années 1950 lors d’un voyage à Dublin. Il était sous le charme de ses compagnons de route irlandais, il faisait du romantique jusqu'à l’écoeurement. "La pauvreté n’était non seulement plus une ‘honte’, mais en fait ni un honneur ni une honte : elle était – en tant que moment de la conscience sociale – aussi insignifiante que la richesse : les plis du pantalon avaient perdu de leur tranchant".

Ces lignes parurent ensuite dans son célèbre Journal irlandais, où Böll décrit une société honnête, modeste, se contentant de peu et tout aussi heureuse ; un pays qui, malgré la famine, l’émigration et le pouvoir de l’Eglise catholique, était parvenu à préserver son humanité.

Un vieux rêve allemand s'est effondré avec l'Irlande

Au milieu des années 1950, le Journal irlandais apparut aussi comme l’exact opposé de la rude Allemagne d’après-guerre et du miracle économique avec ses nouveaux dieux : Croissance, Consommation et Capital. Heinrich Böll, l’honnête homme de Cologne, et l’Irlande, l’honnête île du Nord, étaient faits pour s’entendre. C’était le bon temps. L’île de Böll était pauvre mais pas en faillite. Aujourd’hui, c’est l’inverse.

Ces dernières semaines, c’est un vieux rêve allemand qui s’est effondré avec les finances irlandaises. Comme rarement un autre pays, la petite île tenait une place à part dans le cœur des Allemands. Dans les années 1960, 1970 et 1980, de nombreux compatriotes avaient suivi les traces de Böll en Irlande et lui vouaient la même nostalgie (du moins tous ceux qui ne lui préféraient pas Goa ou Ibiza).

L’Irlande leur paraissait plus pure et plus honnête que leur patrie, les champs y étaient encore fertiles, les usines rares et les hommes pas encore corrompus par la richesse. On ne pouvait pas rêver mieux, se disaient les Allemands en chantant les louanges du retard.

Les Irlandais, eux maudissaient leur pauvreté

Ils arrivaient parfaitement à oublier que les Irlandais, eux, maudissaient leur pauvreté. Il s’agissait de défendre leur droit de rêver à une autre vie, même s’il fallait pour cela combattre la réalité. Aujourd’hui encore, les chiffres de l’Office du tourisme irlandais montrent que les Allemands sont les plus fidèles visiteurs de l’île.

"L’ordre social européen" y a en effet pris "d’autres formes", même si ce ne sont pas celles que Böll appelait de ses vœux. Depuis plusieurs semaines, cette petite île tient tout le continent européen en haleine, menaçant l’euro et le pilier de la communauté européenne en même temps. Comment le pays le plus en retard d’Europe a-t-il pu se transformer aussi vite en véritable tripot, paradis des requins immobiliers, des banques d’investissement et autres fléaux de la finance ?

Jusqu’à la fin des années 1980, le Moyen-Age avait trouvé son dernier refuge en Irlande, à l’écart des lumières du continent. Pendant des dizaines d’années, l’Eglise catholique avait défendu sa forteresse celtique contre les assauts de la modernité. Toutefois au début des années 1990, avec la chute du rideau de fer et les débuts de la mondialisation, l’Eglise avait elle aussi dû céder aux nouveaux maîtres.

Les mêmes excès en Irlande que dans les pays d'Europe de l'Est

Au catholicisme a donc succédé le règne du capitalisme. En un rien de temps, la vertueuse Irlande s’était transformée en bordel, c’était l’endroit où l’on venait faire ce que l’on osait pas faire chez soi.

Cette nouvelle donne semblait être une bénédiction pour l’Irlande. L’île bourdonnait d’activité et les milliards d’aide de l’UE renforçaient un peu plus l’illusion que les temps difficiles étaient à jamais derrière nous. Du jour au lendemain, le parent pauvre de l’Europe devint l’un des pays plus chers. L’épidémie d’obésité gagna rapidement l’île où 30% des femmes et presque la moitié des hommes sont désormais en surpoids. Jusque dans les années 80, les Irlandais faisaient partie des peuples les plus maigres d’Europe. A présent, leur tour de taille se rapproche de celui des Allemands. Leur croissance a été démesurée.

Comme partout où les hommes ont tenté de lutter contre l’évolution naturelle, la modernité est arrivée en Irlande comme un torrent impétueux. A cet égard, les hommes fraîchement affranchis ressemblent beaucoup aux hommes fraîchement enrichis. Il n’est pas étonnant que le capitalisme ait donné lieu aux mêmes excès en Irlande que dans les pays trop longtemps asservis d'Europe de l'Est.

Même si de nouvelles entreprises solides ont effectivement été créées sur l’île, les dirigeants politiques ont beaucoup trop misé sur leur nouvelle industrie financière, secret de leur réussite. Pour la première fois de leur histoire, ce secteur magique leur apportait richesse et prospérité.

Le tigre celtique ressemble à présent à un chaton épuisé, hirsute et éclopé. Les Allemands devraient l’entourer de soin et continuer à rendre visite à l’enfant malade. "Cette Irlande existe, avait écrit Heinrich Böll dans son journal. Celui qui s’y rend et ne la trouve pas, ne pourra toutefois pas prétendre à réparation auprès de l’auteur".

mercredi 8 décembre 2010

Nos ancêtres Brian Boru

Le Budget d'austérité a été présenté hier devant le Daìl ? Des têtes vont tomber ? Erin va se fâcher ?

Eh bien, en attendant... les Irlandais comptent leurs ancêtres.

C'est le nouveau passe-temps favori des anciens Tigres celtiques : Qui sommes-nous ? D'où venons-nous? Et (surtout) où allons-nous ?

Sean (encore lui) a envoyé une petite note, hier, au courrier des lecteurs du Irish Times. Elle vaut son pesant de Brian Boru (l'ancêtre commun à tous les Islanders, Grand Roi parmi les rois) :

"Madam, – Congratulations on your excellent “Ancestors” supplement. But I have a problem. When we were celebrating the year 2000, I tried to explain to my grandchildren the process of person to parents to grandparents to greatgrandparents in numbers 2, 4, 8, 16, etc.

One of the bright sparks asked me, how many individual ancestors would he have for the year 1000. Feeling very full of myself and noting that I could introduce a little maths into the discussion, I explained the concept of 2 squared, 2 cubed, etc, and 2 to the power of the number of generations. Taking a generation at 30 years, 2 to the power of 30 for 1000 years ago. Hey presto.

However the same bright spark grabbed his calculator and found that he would need 1.1 million ancestors living in the year 1000 to beget him. As far as I knew the population of Ireland in the year 1000 was around 300,000. He asked me where did the other 700,000 ancestors come from. I was flummoxed

Since then, I have reasoned that an individual could marry twice, and the numbers of required ancestors could be fewer. But I am still wondering. Brian Boru must have been one of the million ancestors. Ryan Tubridy does not have a unique claim! Could a genealogist please help? I must be missing something. – Yours, etc,

mardi 7 décembre 2010

Cookies, pizzas et biscuits au cannabis... C'est la crise !

Quelques "Marrackech biscuits", confectionnés avec le "Cannon butter" maison et accompagnés d'un verre de Creme de Gras, voilà qui devrait réconforter les Irlandais - et les aider à avaler la pilule du budget d'austérité dont les détails seront dévoilés aujourd'hui.

L'ingrédient de base pour ce menu de rêve ? Quelques pincées de cannabis...

Un amateur de bons petits plats, père de quatre enfants, louant une maison à Cork, a volontiers admis devant la Cour qu'il avait effectivement cultivé quelques plants de cannabis - sur tout le second étage.

Mais rien à voir avec le vulgaire dealer de base. Lui, le cannabis, il ne s'en sert que pour la fabrication de son beurre, de son vin, de ses pizzas et de ses cookies. Pas question de faire de l'argent avec ça, monsieur le juge.

Son "Alternative pizza" semble d'ailleurs avoir eu un succès certain dans le voisinage. Et toutes ses créations lui ont surtout servi de monnaie d'échange, contre quelques pintes ou quelques menus travaux. Pas plus.

La police locale a précisé que le bon père de famille tenait auparavant une pizzeria dans le coin et que tous, par ici, le tenaient en grande estime.

Le juge a reconnu que ce cuisinier d'un nouveau genre n'était pas un dealer ordinaire, et que l'argent n'était pas sa motivation. Il lui a cependant donné trois ans de prison avec sursis pour "ne pas avoir respecté la loi".

vendredi 3 décembre 2010

jeudi 2 décembre 2010

Snow, sleet and ice... on oublie tout !




Comme le dit Sean dans sa lettre au courrier des lecteurs du Irish Times :

"The news this week seems limited to two topics: the weather and the economy.

Well, at least we can do something about the weather. – Yours, etc,"

lundi 29 novembre 2010

Moi, survivant du Tigre celtique


Un écrivain irlandais maudit installé à Berlin témoigne sur son époque Tigre celtique. Ils étaient peu nombreux à avoir compris - et ils ont préféré partir... ou se taire.

Un article paru dans le Times du 26 novembre - et traduit par Presseurop :



L’écrivain irlandais Julian Gough a traversé les années du Tigre celtique en ne vivant guère que d’amour et d’eau fraîche. Il est aujourd’hui installé à Berlin, et voici le récit de son existence à l’époque, lui qui était sceptique (et fauché) tandis que le reste du pays basculait dans la fièvre immobilière qui a fini par le ruiner.

"En Irlande, du temps de la prospérité, il fallait vraiment travailler dur pour éviter de gagner de l’argent. J’y suis arrivé en devenant auteur de romans impopulaires. Ma moitié, elle, y est parvenue en devenant artiste. Nos amis faisaient du fric, nous faisions de l’art. C’était parfait. Après tout, un écrivain irlandais a le devoir sacré d’être en décalage complet avec son pays.

Mais passé l’an 2000, ce qui avait été un boom incontestable s’est transformé en bulle immobilière qui a fait perdre aux gens le sens des réalités. Très vite, le Irish Times s’est retrouvé affublé d’un supplément d’annonces immobilières plus épais que lui. Mes amis ont commencé à acheter des maisons toujours plus chères. La dette a explosé, mais les médias préféraient parler de prospérité.

Le seul journaliste financier irlandais à analyser clairement le phénomène fut David McWilliams. L’économiste Morgan Kelly écrivit un article étonnant où il disséquait toutes les bulles immobilières de l’histoire. L’Irlande avait fait tout ce qu’il ne fallait pas, au centuple. Le pays était totalement plumé. Je l’ai envoyé à tous mes amis. Je vivais encore à Galway, dans l’ouest, alors qu’eux tous s’étaient installés à Dublin, cœur palpitant du Tigre celte.

Ils n’ont rien voulu savoir. J’avais tort. Après tout, ils ne cessaient de s’enrichir pendant que moi, j’étais chaque jour un peu plus pauvre. La nation entière s’était pris une cuite, et parler de bulle pouvait susciter des réactions agressives.

Bertie Ahern, le Premier ministre irlandais de l’époque, fit un discours télévisé où il attaqua les gens comme Kelly et McWilliams qu’il accusa de “rester sur la touche à pester et à geindre … Je ne sais pas comment les gens qui font ça ne finissent pas par se suicider.” La foule rit et applaudit.

Le champagne coulait comme de la bière

Pendant ce temps, nos amis ont commencé à avoir des enfants, et à déménager dans de plus grandes maisons. Mais ils gardaient leurs maisons précédentes. J’étais perplexe. L’investissement ne suit-il pas deux règles d’or ? Il faut diversifier son portefeuille, et ne pas emprunter pour spéculer ? Or, les banques irlandaises s’étaient mises à conseiller au salarié lambda de jouer à quitte ou double en contractant deux énormes hypothèques.

En Irlande, une conversation sur deux portait désormais sur l’immobilier. Les gens prenaient leur weekend pour aller acheter des appartements en Bulgarie. Dans la vitrine de notre agent immobilier local, on trouvait des publicités pour des logements au Portugal. Mais mes amis ne me parlaient plus d’immobilier, ni de bulle, et ils s’énervaient quand j’évoquais le sujet. Du reste, nous ne nous fréquentions plus tant que ça.

Peu à peu, j’ai eu la sensation d’être comme un passager de troisième classe sur le Titanic, qui a vu l’iceberg ouvrir une brèche tout le long de la coque et qui vient de courir à l’étage jusqu’à la salle de bal pour donner l’alerte … et tout le monde continue à danser pendant que le brave homme est poliment raccompagné à l’extérieur. Parce qu’à ce moment-là en Irlande, si vous n’étiez pas propriétaire et que vous ne gagniez pas d’argent, vous étiez en troisième classe.

Les loyers, les prix, la consommation de cocaïne … tout faisait des bulles qui enflaient en moussant. Un soir, dans l’hôtel de Bono, ma compagne et moi avons eu une révélation en regardant nos amis commander négligemment des bouteilles de champagne médiocre à 90 euros pièce comme ils consommaient autrefois des bières. Quelqu’un a lancé : “Bah, on n’aura qu’à partager à la fin.”

Mon aimée et moi nous sommes regardés. A nous deux, nous avions dix euros, et nous avions prévu de faire durer notre eau gazeuse toute la soirée. Nous étions en retard pour le loyer. Nous avons présenté nos excuses, leur avons laissé nos dix euros, et nous sommes partis. L’Irlande était devenue une nation de propriétaires sans même s’en apercevoir. Et nous n’étions que des locataires.

L'ascension sans fin des prix de l'immobilier

J’ai terminé mon étrange roman sur l’Irlande moderne. Les méchants étaient un promoteur immobilier et un ancien Premier ministre. On peut s’en douter, aucun éditeur n’en a voulu. Ce livre était tout simplement absurde ! Les prix de l’immobilier avaient triplé en dix ans. Nous étions riches. L’histoire était finie, l’Irlande avait gagné, merci de la fermer.

Peu après avoir essuyé ses refus, nous nous sommes trouvés à court d’argent, notre fille est née et nous avons été expulsés le jour du Nouvel An 2006. Notre propriétaire, tigresse celte, était quelqu’un de charmant, mais elle avait pris une double hypothèque sur la maison pour acheter d’autres logements. Elle ne pouvait se permettre de baisser le loyer ; déjà, ce dernier était loin de suffire à couvrir l’hypothèque. Mais peu importait, puisque les prix de l’immobilier étaient voués à une ascension sans fin.

Nous avions encore quelques bons amis, même si nous ne les voyions jamais. Un couple qui travaillait dans la banque nous a trouvé une maison à Dublin dont le loyer était deux fois moindre que le prix du marché. Mais la prospérité continuait de prospérer, et bien vite, nous n’avons même plus été en mesure de payer la moitié d’un loyer irlandais.

L’amie d’un ami, à Los Angeles, nous a proposé sa maison, dans un village en France, sans loyer à payer. Nous avons émigré pour 50 cents chacun à bord de Ryanair. Nous avons pris deux sacs à dos, tout ce qu’une marmite contenait comme objets de valeur, et un ordinateur portable. En Irlande, nous avions traversé les années de misère et de chômage, mais nous n’avions pas pu survivre au boom.

La maison était minuscule, adorable, et à quatre kilomètres de la boutique la plus proche. Nous y allions avec la poussette, à travers des champs de lavande et de blé. Tandis qu’en Irlande, la prospérité atteignait son paroxysme, nous, fauchés que nous étions, nous chantions et savourions des pique-niques sous un chêne. Puis un éditeur a acheté mon livre.

Nous nous sommes déniché un foyer parmi tous les autres artistes sans le sou qui gravitent à Berlin, ville ruinée, bon marché. Un fonctionnaire a épluché nos déclarations irlandaises de revenus. Notre revenu se situait très, très en dessous du salaire minimum ; en dessous des allocations chômage. Il a sifflé et a dit : “Sie leben auf Liebe und Luft.” Vous vivez d’amour et d’eau fraîche.

Ils étaient condamnés mais ne le savaient pas


Un an plus tard, j’ai remporté le BBC National Award pour une nouvelle télescopant le Fianna Fáil, le parti au pouvoir en Irlande, et Le magicien d’Oz. Les gens pensaient qu’il s’agissait d’une comédie. On m’a invité à participer au plus grand talk show d’Irlande. Une limousine surdimensionnée est venue nous chercher à l’aéroport et nous a déposés dans un hôtel cinq étoiles flambant neuf, construit grâce à des allègements fiscaux par des promoteurs partisans du Fianna Fáil.

Ce soir-là, quand on m’a demandé pourquoi j’avais quitté l’Irlande, le petit pays le plus riche d’Europe, j’ai raconté l’histoire ci-dessus. Et j’ai ajouté que le boom sur l’immobilier était factice. Que c’était comme si j’assistais au déferlement d’une étrange religion sur toute la nation, comme si les gens montraient des maisons et disaient : "Vous voyez cette maison ? Elle vaut cinq millions d’euros.” Sauf qu’elle ne les valait pas, ai-je conclu.

Et, dans le silence glacial du studio, j’ai compris qu’ici, tout le monde avait investi dans l’immobilier et prévoyait d’investir encore. Que tous avaient hypothéqué leur logement pour acheter à leurs enfants une maison qui, bientôt, ne vaudrait pratiquement rien. Ils étaient condamnés mais ne le savaient pas. Un quart de la population me fixait. Je crois que jamais je ne me suis senti aussi seul.

Il m’arrive de revenir au pays à quelques reprises dans l’année, et j’y retrouve mes amis, à chaque fois dans un restaurant de moins en moins cher. Moi, je suis toujours fauché, mais maintenant, au moins, je peux payer ma part de l’addition. Et nous ne parlons toujours pas d’immobilier."

mardi 23 novembre 2010

Plus ça change... plus c'est pareil !



Paul Brady a écrit cette chanson en 1981, à une époque où le taux de chômage atteignait 19 p.cent de la population irlandaise.

A une époque où les Irlandais n'avaient d'autres choix que de s'exiler pour survivre - toutes générations confondues.

Le Tigre celtique n'est plus... Les Irlandais retrouvent le chemin de l'exil. Ils ont déjà commencé à partir. Plus ça change... plus c'est pareil !

NB : Merci à James de Paris.

lundi 15 novembre 2010

Crise ? Qu'ils mangent du fromage !



C'est la crise ? Le budget d'austérité (dévoilé en décembre) sera terrifiant ? Qu'importe ! Les Irlandais pourront toujours manger du fromage - irlandais, bien sûr.

C'est ce qu'a fièrement claironné, la semaine dernière, le gouvernement irlandais en annonçant qu'une cinquantaine de tonnes de cheddar irlandais sera distribuée, pour Noél, aux plus démunis.

"Free cheese for the needy", a ainsi triomphé le ministre de l'Agriculture, Brendan Smith, alors qu'il refusait d'annoncer la date de publication du plan d'austérité - qui doit s'étaler sur quatre ans.

Selon le Irish Times, le gouvernement retarderait cette publication en raison de l'élection législative partielle du 25 novembre. Mais ce n'est, of course, qu'une supposition.

L'Irlande, dont le déficit atteindra cette année 32 p.cent du PIB grâce au programme de renflouement des banques, prévoit six milliards d'euros de réductions de dépenses et de hausse d'impôts dans le budget 2011. Le gouvernement irlandais veut ainsi ramener le déficit public à environ 9,5 p.cent du PIB.

En résumé, les Irlandais n'ont pas à se plaindre puisqu'ils auront toujours du cheddar pour Noél.

Comme le Irish Times le souligne, quelqu'un, au gouvernement, a donc pensé, d'un seul coup d'un seul, que, bon sang mais c'est bien sûr... Marie-Antoinette ! "Jesus... cheesus... cheeses... cheese... that’s it. Cheese! Let them eat cheese!"

Et la journaliste du Irish Times de conclure : "Et s'il y avait eu aussi du vin gratuit dans la distribution - ce qu'il n'y a pas - l'expert "vin" du Irish Times vous aurait recommandé un verre de chateauneuf-du-pape pour accompagner votre cheddar Coalition."

vendredi 5 novembre 2010

Qualité de la vie en Irlande : 5e rang mondial

Depuis 1990, le Rapport sur le développement humain conduit sous l'égide des Nations Unies, publie l'Indice de développement humain (IDH), alternative aux mesures conventionnelles de développement - telles que le niveau de revenus et le taux de croissance économique.

L'IDH est une définition plus large du bien-être et fournit une mesure avec trois dimensions de base du développement humain : la santé, l'éducation et le revenu.

Ainsi, en 2010, l'Irlande se range en 5e position dans le classement mondial conduit par les Nations Unies.

L'Irlande arrive juste après la Norvège, l'Australie, la Nouvelle Zélande et les Etats-Unis pour la qualité de la vie. La France arrive en 14e position.

L'IDH de l'Irlande est 0.895. Les tendances de l'IDH dressent un tableau important aux niveaux national et régional et soulignent les écarts en matière de bien-être et de potentialités.

Cependant, l'Irlande ne brille guère en ce qui concerne l'égalité des genres pour laquelle elle ne se montre qu'en 29e position.

Mais, les Irlandais seront heureux d'apprendre que leur pays est toujours vu comme un endroit où il fait bon vivre.

Surtout après l'annonce, hier soir, d'un nouveau budget qui prévoit d'économiser non pas 2, non pas 4 mais bien 6 milliards d'euros cette année.

Mais tous les espoirs sont permis : selon le dernier rapport de la Banque mondiale, l'Irlande se place toujours au 9e rang des 183 pays de son classement pour l'investissement des entreprises.

Haut les coeurs !

Site web du Développement Humain des Nations unies : UNDP

mardi 2 novembre 2010

Grèves de France vues d'Irlande

Les grèves en France sont et resteront toujours un mystère pour la plupart des Irlandais.

Les grands medias de la République s'efforcent d'en rendre compte en toute impartialité mais, parfois, leurs chroniqueurs laissent échapper une opinion que la grande majorité de leurs concitoyens partagent - et avec eux une partie des Anglo-Saxons de par le monde.

Ainsi, le Sunday Business Post a publié, ce week end, une chronique de Jennifer O'Connell dans laquelle elle décrit les grèves françaises comme de simples manifestations d'émotions et de theâtralité. Des manifestations qui prennent l'allure, chez certains dit-elle, d'une addiction.


Elle poursuit en rappelant que chaque jour de grève coûte au pays plusieurs millions d'euros et finit par se demander si le résultat en vaut bien la chandelle.

Sa conclusion : les Irlandais ont bien raison de ne pas suivre cet exemple et ont bien assez à faire avec le remboursement des dettes de leurs banques et de celle de l'Etat !

Une conclusion somme toute assez "irlandaise"...

lundi 1 novembre 2010

Test de paternité

Un laboratoire de tests génétiques basé à Dublin, le Ormond Quay Paternity Services (OQPS), a révélé, en mars 2008, que le nombre de demandes de tests en paternité explosait en République d'Irlande. Et la tendance ne s'est pas inversée, bien au contraire.

Selon le OQPS, le nombre de tests a augmenté de 80 % au cours des trois premiers mois de l'année 2008, comparé avec les mêmes mois de l'année 2007.

Les chiffres publiés ont révélé jusqu'à 35 % de tests négatifs. Un père sur trois n'est donc pas le père biologique.

Le OQPS a tenté d'expliquer ces résultats par la culture - poussée loin dans ses limites - du "binge drinking" .

Un phénomène qui fait des ravages en Irlande et en Grande-Bretagne chez les adolescents et jeunes adultes - phénomène qui semble d'ailleurs gagner maintenant la France.

Ingurgiter le plus d'alcool possible en un minimum de temps, dans le seul but d'être ivre-mort, est devenu le must pour une jeunesse (peut-être) un peu perdue.

Et les filles ne sont pas en reste. En une soirée, elles peuvent boire plus de quatre verres de vodka, whisky et/ou autre alcool fort. Sans oublier les pintes de Guinness.

Les conséquences peuvent parfois être dramatiques : viols, violences, comas éthylique.

Et parfois surprenantes : un ou une partenaire dont on ne se souvient pas, une fois les effets de l'alcool dissipés.

Et neuf mois plus tard, un rendez-vous pour un test de paternité.

vendredi 22 octobre 2010

Collection Sean Sexton : l'Irlande en photos de 1850 à 1945

Une exposition de photographies anciennes se tient actuellement au Musée de la photographie, à Dublin.

Le collectionneur irlandais Sean Sexton y présente une partie de sa splendide collection de photos - dont les plus anciennes remontent aux années 1850.

L'Irlande d'avant le boom immobilier et financier, d'avant les années fastes, nous regarde, émergeant d'un passé pas si lointain.

Et on peut entrevoir, peut-être, grâce à ces quelques clichés présentés ici, les racines de la folie collective qui a emporté les Irlandais dans un tourbillon de consommation effrénée, pendant un peu plus de dix ans - les années folles du Tigre celtique.



Laboureur irlandais - vers 1855


Ouvrier irlandais vers 1900

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Expulsion de fermiers - county Donegal vers 1881. Les expulsions survenaient suite aux impayés des fermiers qui assistaient à la destruction de leur maison par l'armée.




Agents du duc de Devonshire - vers 1853



Soldats britanniques dans une ville du county Cork - 1920




Intérieur d'une maison de Claddagh - 1930

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Enfants de Galway - 1930

dimanche 17 octobre 2010

Irlande et Irlandais - photos par Tom Szustek

Le photographe Tom Szustek, né en Pologne, fait actuellement un travail remarquable sur l'Irlande - la vraie, celle dont on avait oublié un peu vite l'existence, éblouis que nous étions tous devant les paillettes jetées aux yeux du monde par les "nouveaux riches" (en français dans le texte) du Tigre celtique.

Voici quelques diaporamas de cet artiste - qui a déjà illustré mon post précédent :

Les Liberties - Dublin

Irlande

Samedi soir à Temple Bar - Dublin

Marché irlandais

lundi 11 octobre 2010

L'Irlande en crise et en images

La crise économique et financière en Irlande, tout le monde connaît maintenant. Cela en fait sourire certains. D'autres compatissent. Et les Irlandais paient les pots cassés - par les financiers, les investisseurs et les banques.

Irlande en crise

Près d'un demi-million de chômeurs, depuis le début de la crise en 2007, sur une population d'à peine 4 millions d'habitants : près d'un actif sur 7. Les budgets d'austérité qui se succèdent, les taxes qui augmentent (on parle d'une TVA à plus de 21 p.cent sur tous les produits), les allocations familiales et indemnités chômage qui se réduisent comme peau de chagrin, les Irlandais sont à la peine - et cela commence à se voir.

Ils sont de plus en plus nombreux à ne plus renouveler leur contrats d'assurance-santé privée - qui reste indispensable dans un pays où l'Etat ne rembourse que la portion plus que congrue des frais médicaux.

La plupart d'entre eux se retrouvent piégés par une maison ou un appartement achetés en plein boom économique - à une époque où les prix de l'immobilier explosaient littéralement.

Conséquence, après l'éclatement de la bulle immobilière irlandaise : des ménages se retrouvent à rembourser des propriétés qui ne valent même pas la moitié de la valeur du prix payé.

Sans oublier le drame des ghost estates construits par des entrepreneurs qui ont fait faillite avec la récession et dont les lots vendus sur plan ne seront jamais achevés.

La semaine dernière à Dublin, un Salon de l'Emigration a fait salle comble. Les Irlandais renouent avec leur vieille tradition et se tournent vers l'Australie, l'Afrique du Sud ou le Canada. Les travailleurs de l'Est sont déjà repartis depuis longtemps en laissant l'Irlande et son chômage loin derrière eux.

Le nouveau budget d'austérité, prévu fin décembre et soutenu par Bruxelles, qui prévoit plus de 4 milliards d'économies, fait craindre à certains cercles haut placés des "réactions sociales" - encore minoritaires dans le pays.

L'allusion même à d'éventuelles "réactions sociales" en Irlande montre combien la crise est profonde dans ce pays.

Une certaine image de l'Irlande


Diaporamas du photographe Tom Szusteck

vendredi 8 octobre 2010

Spencer Tunick et ses nus irlandais


Installation Spencer Tunick à Cork

Spencer Tunick, né en 1967 aux Etats-Unis, est maintenant connu pour ses célèbres installations de foules humaines nues posant dans un environnement urbain ou rural.

Les personnes exposées sont (heureusement) toutes volontaires et non rémunérées.

En 2008, il a posé ses objectifs en Irlande où, à sa grande surprise, les volontaires se sont déplacés en foule pour participer à cette nouvelle expérience.

Et se mettre nu en Irlande, dehors, même en juin, relève vraiment de l'exploit.

La première installation a eu lieu le 17 juin 2008 à Cork. Malgré des températures en baisse, plus de 1.000 personnes s'étaient déplacées.

Spencer Tunick s'est dit très surpris de voir autant de volontaires irlandais, hommes et femmes, se dénuder devant lui. La plupart d'entre eux s'étaient inscrits plusieurs semaines avant l'événement et n'auraient surtout pas voulu manquer un tel événement.

La deuxième installation a eu lieu à Dublin, le 21 juin. La pluie était présente, tombant en rafales. Mais tous les volontaires ont répondu présents à l'appel - sur le sable fin de la plage du sud de Dublin. Température : 12 degrés.


A Dublin

Spencer Tunick avait déjà procédé à une installation de corps nus à Lyon en 2005. Son travail l'a notamment conduit au Chili, au Mexique, à Bruges et à Barcelonne.

Website de Spencer Tunick

jeudi 30 septembre 2010

Où sont les lézards en Irlande ?


La légende veut que saint Patrick ait chassé les serpents hors des terres irlandaises lorsqu'il est venu du pays de Galles pour christianiser les contrées celtes.

Personne, ici, ne penserait à expliquer le phénomène par le manque de soleil voire de chaleur. Cette idée semblerait même totalement incongrue à tout esprit irlandais.

Mais il semblerait que le saint ait oublié dans sa chasse un autre reptile. Il s'agit même de l'unique reptile "indigène" d'Irlande : le lézard gris.

Une étude menée par le National Common Lizard avec le Irish Wild Trust, dont les résultats ont été publiés en 2008, montre que le Lacerta Vivipara (ou lézard commun) a été vu partout en République d'Irlande - sauf dans trois comtés.

La raison pour laquelle sa présence n'a pas été signalée dans ces trois comtés (Westmeath, Laois et Monaghan) semble liée au manque d'attrait touristique de ces régions , et donc au manque de marcheurs. La présence des lézards a très bien pu ne pas être remarquée.

Tout le contraire des montagnes de Wicklow qui attirent les touristes grâce à leur site de Glendalough - et les lézards grâce à leurs tourbières.

Selon Sean Meehan, qui a coordonné l'étude pour le Irish Wild Trust, les tourbières sont l'habitat préféré du lézard irlandais qui y trouverait, selon lui, assez d'espace, d'insectes et de pierrailles pour sa survie en terre celtique.