Conduire en Irlande. Comment décrire ces moments d'extase et de zénitude ? Comment raconter les mots d'oiseaux (en français, c'est plus prudent) et les gestes pas trop gracieux (latin blood, so exotic) du conducteur français sur une route irlandaise ?
Il suffit de s'installer derrière un volant pour comprendre.
Première règle à retenir : toujours s'attendre à l'inattendu (Always expect the unexpectable).
En Irlande, chacun peut demander à la Garda Station (Police) une autorisation de permis provisoire, pour une durée de deux ans. En clair : après avoir passé un test théorique minimal du Code de la Route, on vous donne un petit papier qui vous permet d'acheter votre voiture et de partir sur les routes d'Irlande, bannière au vent.
A partir de là, tout peut arriver. Conducteurs français, oubliez tout ce que vous avez appris. Le but du jeu en Irlande est d'éviter les autres voitures. Le reste n'est que bla-bla.
Ainsi, sur une belle route droite, vous voyez se profiler à l'horizon une intersection avec un panneau Stop pour ceux qui arrivent de leur ferme. Vous pourriez penser que le conducteur marquera bien son stop et arrêtera son auto... Que nenni ! Il ralentira certes bien un peu mais continuera sur sa lancée.
Autre exemple : les demi-tours sur la route (mes préférés). A toute heure et en tous lieux, on vous fera la démonstration de magnifiques demi-tours juste devant vous - ne vous laissant que le temps d'écraser votre pédale de frein.
Les limites de vitesse ? Si vous avez l'envie saugrenue de les respecter, bon courage. Avec un petit 50 à l'heure en ville, on jouera aux auto-tamponneuses avec vous. Avec un 80 à l'heure sur une petite route de campagne sinueuse, toute l'Irlande vous dépassera en vous faisant de grands signes de la main - merci ou coucou, on ne sait pas très bien.
Sur une même route, vous pouvez voir un panneau indiquant 80 à l'heure, puis, à quelques mètres d'intervalle, un autre marquant 60. Que s'est-il passé entre ces quelques mètres pour que l'on décide de ralentir la vitesse des voitures ? Mystère.
De toute façon, tout le monde s'en fiche. Ici, on roule soit à 40 à l'heure (la Vieille Irlande), soit à 150 (la Nouvelle Irlande). Entre les deux : vous.
Et cahin-caha, en essayant de deviner ce qui arrive en face de vous, malgré les talus non défrichés et les nids-de-poule gigantesques, vous arriverez presque toujours à bon port.
Car il faut le souligner : le conducteur irlandais est avant tout urbain. Il vous laissera passer s'il vous voit perdu au milieu de panneaux indicateurs trop petits pour être lus à 60 km/heure - ou se rangera pour que vous puissiez le doubler en pleine ligne continue.
En passant, il n'oubliera pas de vous faire un large geste de la main. Bonne route !
mercredi 28 septembre 2011
mardi 27 septembre 2011
Imelda May, sauce rockabilly
Il y a quelque chose de nouveau au royaume des ballades et des lutins verts. Une pin-up au look fifties et à la banane triomphante est en train de faire exploser les hit-parades.
Imelda May, née à Dublin en 1974, révolutionne le genre musical de l'Ile Verte et impose un style plutôt décoiffant.
Le rockabilly est de retour - version féminine de choc. Avec en plus une pointe de piment jazzy.
Gare à ceux qui ne suivent pas !
Imelda May sera en concert à La Cigale, Paris, le 26 octobre 2011.
samedi 6 août 2011
Comment va l'Irlande ?
Et l'Irlande dans tout ça ? C'est quand même le premier pays à avoir été mal noté par les "agences de notation". Où en sont les Irlandais ?
Les anciens Celtes avaient coutume de dire (paraît-il) que pour assurer la paix sociale, il fallait payer ses dettes. C'est donc ce que les Irlandais de 2011 s'efforcent de faire. Même si la plupart d'entre-eux n'ont jamais entendu parler de cette histoire d'anciens Celtes et de leur paix sociale.
Toujours est-il qu'ils assument bel et bien les erreurs commises pendant ces dix années de gloire économique qui, après les avoir portés au pinacle du monde merveilleux du libéralisme pur et dur, les a précipités dans les tréfonds de la récession et de son cortège de bulles éclatées.
Baisse des salaires de 14,5 % et aucun départ à la retraite remplacé dans le secteur public, consommation intérieure quasi-nulle, pas de crédit pour les petites entreprises, taux de chômage qui atteint les 14 %... Même le gouvernement donne l'exemple en réduisant les salaires des ministres et des cabinets. Les coupes budgétaires sont drastiques et touchent principalement le secteur social et celui de l'éducation.
Tous les efforts sont mis sur la recherche et l'exportation. Des structures sont mises en place pour favoriser l'essor de ces deux secteurs. De même, le gouvernement vient de décider d'augmenter le salaire minimum de 1 euro - après l'avoir diminué pour le ramener à un taux inférieur à celui de la France. Il est à noter que le salaire minimum en Irlande était bien supérieur au SMIC français pendant toutes ces années de Tigre celtique.
Quant aux banquiers, qui ont mis le pays dans cette situation plus que précaire avec leur politique de crédit à tout va et d'argent facile, ils doivent maintenant payer à leur tour pour les erreurs commises.
Aucun d'entre eux n'est resté à son poste. Certains sont même poursuivis devant la justice. La Banque centrale d'Irlande a un nouveau directeur. Et c'est l'Etat qui assure le fonctionnement de tout le système bancaire irlandais, confronté à d'énormes problèmes de solvabilité.
L'agence de notation Moody's a encore baissé la note de l'Irlande - en précisant que le pays aura bien du mal à revenir sur les marchés en 2013.
Mais les Irlandais y croient encore. Et s'attellent à payer leurs dettes en serrant les dents. Ils ne sont pas du genre à défiler dans les rues en criant à l'injustice - même s'ils y pensent très fort. Ils savent qu'ils ont joué gros pendant l'euphorie irlandaise - et qu'ils ont perdu.
Le temps est venu de payer ses dettes. On est celte ou on ne l'est pas...
Les anciens Celtes avaient coutume de dire (paraît-il) que pour assurer la paix sociale, il fallait payer ses dettes. C'est donc ce que les Irlandais de 2011 s'efforcent de faire. Même si la plupart d'entre-eux n'ont jamais entendu parler de cette histoire d'anciens Celtes et de leur paix sociale.
Toujours est-il qu'ils assument bel et bien les erreurs commises pendant ces dix années de gloire économique qui, après les avoir portés au pinacle du monde merveilleux du libéralisme pur et dur, les a précipités dans les tréfonds de la récession et de son cortège de bulles éclatées.
Baisse des salaires de 14,5 % et aucun départ à la retraite remplacé dans le secteur public, consommation intérieure quasi-nulle, pas de crédit pour les petites entreprises, taux de chômage qui atteint les 14 %... Même le gouvernement donne l'exemple en réduisant les salaires des ministres et des cabinets. Les coupes budgétaires sont drastiques et touchent principalement le secteur social et celui de l'éducation.
Tous les efforts sont mis sur la recherche et l'exportation. Des structures sont mises en place pour favoriser l'essor de ces deux secteurs. De même, le gouvernement vient de décider d'augmenter le salaire minimum de 1 euro - après l'avoir diminué pour le ramener à un taux inférieur à celui de la France. Il est à noter que le salaire minimum en Irlande était bien supérieur au SMIC français pendant toutes ces années de Tigre celtique.
Quant aux banquiers, qui ont mis le pays dans cette situation plus que précaire avec leur politique de crédit à tout va et d'argent facile, ils doivent maintenant payer à leur tour pour les erreurs commises.
Aucun d'entre eux n'est resté à son poste. Certains sont même poursuivis devant la justice. La Banque centrale d'Irlande a un nouveau directeur. Et c'est l'Etat qui assure le fonctionnement de tout le système bancaire irlandais, confronté à d'énormes problèmes de solvabilité.
L'agence de notation Moody's a encore baissé la note de l'Irlande - en précisant que le pays aura bien du mal à revenir sur les marchés en 2013.
Mais les Irlandais y croient encore. Et s'attellent à payer leurs dettes en serrant les dents. Ils ne sont pas du genre à défiler dans les rues en criant à l'injustice - même s'ils y pensent très fort. Ils savent qu'ils ont joué gros pendant l'euphorie irlandaise - et qu'ils ont perdu.
Le temps est venu de payer ses dettes. On est celte ou on ne l'est pas...
mercredi 22 juin 2011
James Joyce : où sont les pubs ?
Chaque année à Dublin, le 16 juin est un jour particulier. Les Dublinois sont fiers de fêter le Bloomsday et de marcher toute la journée sur les traces du héros de James Joyce.
Dans son livre Ulysse, James Joyce a imaginé son personnage, Leopold Bloom, marchant, toute la journée du 16 juin 1904, dans Dublin et s'arrêtant de ci, de là, dans des endroits parfois encore connus de nos jours.
A un moment du récit, James Joyce fait dire à son personnage une phrase-clé : "Good puzzle would be cross Dublin without passing a pub". Et voilà comment, pendant plus de 89 ans, des marcheurs tentent, tous les ans, avec leur livre à la main, de relever le défi.
Cette année, ils ont eu de la chance. Pendant un an, un informaticien (d'origine irlandaise) a relevé pour eux tous les pubs existants à Dublin. Il les a confrontés ensuite à un logiciel, combiné à une carte de la ville, pour enfin définir le parfait parcours Bloomsday.
Il se dit que plus d'un millier de pubs ont ainsi été répertoriés. Mais un problème reste cependant à résoudre : fallait-il compter également les bars et autre "cafés" qui fleurissent dans la capitale depuis quelques années ? Ou seulement s'en tenir aux pubs traditionnels connus de James Joyce en 1904 ?
Toujours est-il que l'informaticien s'est maintenant mis en tête de trouver le dédale qui conduirait les nouveaux Leopold Bloom devant le plus de pubs possible - l'an prochain.
A suivre.
Dans son livre Ulysse, James Joyce a imaginé son personnage, Leopold Bloom, marchant, toute la journée du 16 juin 1904, dans Dublin et s'arrêtant de ci, de là, dans des endroits parfois encore connus de nos jours.
A un moment du récit, James Joyce fait dire à son personnage une phrase-clé : "Good puzzle would be cross Dublin without passing a pub". Et voilà comment, pendant plus de 89 ans, des marcheurs tentent, tous les ans, avec leur livre à la main, de relever le défi.
Cette année, ils ont eu de la chance. Pendant un an, un informaticien (d'origine irlandaise) a relevé pour eux tous les pubs existants à Dublin. Il les a confrontés ensuite à un logiciel, combiné à une carte de la ville, pour enfin définir le parfait parcours Bloomsday.
Il se dit que plus d'un millier de pubs ont ainsi été répertoriés. Mais un problème reste cependant à résoudre : fallait-il compter également les bars et autre "cafés" qui fleurissent dans la capitale depuis quelques années ? Ou seulement s'en tenir aux pubs traditionnels connus de James Joyce en 1904 ?
Toujours est-il que l'informaticien s'est maintenant mis en tête de trouver le dédale qui conduirait les nouveaux Leopold Bloom devant le plus de pubs possible - l'an prochain.
A suivre.
jeudi 2 juin 2011
Un saint aux enchères
On trouve de tout en Irlande. Pendant que certains s'affolent devant les plans d'austérité et les factures à payer, d'autres sortent leur porte-monnaie pour se payer la tête d'un saint - vendue aux enchères, samedi 29 mai.
Ce n'est pourtant pas ce qui manque en Irlande, les saints. On en trouve à tous les coins de rue - et dans les campagnes les plus reculées. Quand ce n'est pas en pleine mer. Le plus connu d'entre eux étant celui qui a chassé les serpents de l'île : saint Patrick.
Le saint qui nous intéresse a perdu la tête après sa mort (en 1370). Il s'agirait de saint Vitalis d'Assise, saint patron des parties génitales (on trouve vraiment de tout en Irlande).
Le vendeur a découvert la tête de saint Vitalis dans un de ses hangars, au fin fond du comté de Louth. A la vue du coffre ancien dans lequel elle reposait, l'heureux propriétaire a aussitôt pensé qu'il tenait là une relique.
Quant à savoir comment la tête de saint Vitalis d'Assise s'est retrouvée en Irlande, le mystère reste entier. On pense qu'elle a pu être ramenée d'Italie lors d'un tour d'Europe effectué au 18e siècle.
Saint Vitalis - avec sa tête.
Né en Ombrie, saint Vitalis est réputé avoir mené une jeunesse très libre avant de devenir moine bénédictin - afin de laver ses péchés. Laissant le monastère, il a ensuite vécu en ermite dans la région d'Assise. Après sa mort, le bruit s'est répandu qu'il avait le don de guérir miraculeusement les troubles de la vessie et les maladies génitales.
Toujours est-il que le vendeur irlandais a estimé la valeur de sa tête entre 800 et 1.200 euros - même si personne ne sait s'il s'agit bien de la tête du saint. Le mystère pourrait être pourtant rapidement éclairci grâce aux méthodes d'identification d'ADN, aux techniques médico-légales et aux données historiques.
Mais un autre mystère plane depuis la vente du 29 mai : qui s'est payé la tête du saint ?
Mise à jour au 7 juin 2011 (pour répondre à Geneline) : Une radio irlandaise a annoncé que la tête du saint a été achetée par un acteur d'Hollywood pour 3.500 euros.
Des enchères allant jusqu'à 10.000 euros ont été refusées par le vendeur qui voulait que la tête de saint Vitalis quitte l'Irlande. Pourquoi ? Personne ne sait.
PS : Je n'arrive plus à poster de commentaires en réponse...
Ce n'est pourtant pas ce qui manque en Irlande, les saints. On en trouve à tous les coins de rue - et dans les campagnes les plus reculées. Quand ce n'est pas en pleine mer. Le plus connu d'entre eux étant celui qui a chassé les serpents de l'île : saint Patrick.
Le saint qui nous intéresse a perdu la tête après sa mort (en 1370). Il s'agirait de saint Vitalis d'Assise, saint patron des parties génitales (on trouve vraiment de tout en Irlande).
Le vendeur a découvert la tête de saint Vitalis dans un de ses hangars, au fin fond du comté de Louth. A la vue du coffre ancien dans lequel elle reposait, l'heureux propriétaire a aussitôt pensé qu'il tenait là une relique.
Quant à savoir comment la tête de saint Vitalis d'Assise s'est retrouvée en Irlande, le mystère reste entier. On pense qu'elle a pu être ramenée d'Italie lors d'un tour d'Europe effectué au 18e siècle.
Saint Vitalis - avec sa tête.
Né en Ombrie, saint Vitalis est réputé avoir mené une jeunesse très libre avant de devenir moine bénédictin - afin de laver ses péchés. Laissant le monastère, il a ensuite vécu en ermite dans la région d'Assise. Après sa mort, le bruit s'est répandu qu'il avait le don de guérir miraculeusement les troubles de la vessie et les maladies génitales.
Toujours est-il que le vendeur irlandais a estimé la valeur de sa tête entre 800 et 1.200 euros - même si personne ne sait s'il s'agit bien de la tête du saint. Le mystère pourrait être pourtant rapidement éclairci grâce aux méthodes d'identification d'ADN, aux techniques médico-légales et aux données historiques.
Mais un autre mystère plane depuis la vente du 29 mai : qui s'est payé la tête du saint ?
Mise à jour au 7 juin 2011 (pour répondre à Geneline) : Une radio irlandaise a annoncé que la tête du saint a été achetée par un acteur d'Hollywood pour 3.500 euros.
Des enchères allant jusqu'à 10.000 euros ont été refusées par le vendeur qui voulait que la tête de saint Vitalis quitte l'Irlande. Pourquoi ? Personne ne sait.
PS : Je n'arrive plus à poster de commentaires en réponse...
lundi 23 mai 2011
Et Obama est arrivé
Barack Obama a fait une visite éclair - et très remarquée - en Irlande, ce lundi 23 mai 2011.
Arrivé à 9 h 30 à l'aéroport de Dublin, il s'est empressé de rendre visite à Marie McAleese, présidente de la république irlandaise. Puis, il s'est brièvement arrêté à l'ambassade des Etats-Unis à Dublin d'où il a failli ne jamais repartir - sa voiture blindée étant restée coincée sur le dos d'âne de la sortie :
L'histoire ne dit pas comment les gardes ont réussi à débloquer la situation, mais toujours est-il qu'il a réussi à rallier Moneygall, comté Offaly, dans la foulée.
Moneygall ? Un carrefour avec trois magasins, quelques pubs et une poignée de maisons aux peintures refaites pour l'occasion. Pourquoi Moneygall ? C'est là que l'arrière-arrière-arrière grand-père de Barack Obama est né, au 19e siècle - avant d'en partir pour les Etats-Unis.
Et c'est là que Barack et Michelle se sont initiés à la pinte de Guinness - avec les (lointains) cousins :
Puis le couple présidentiel est reparti sur Dublin - pour y rencontrer le gouvernement irlandais et l'assurer du soutien du peuple américain.
Enfin, le président des Etats-Unis d'Amérique s'est adressé à quelque 60.000 Irlandais venus l'écouter en agitant leurs petits drapeaux américains.
Arrivé à 9 h 30 à l'aéroport de Dublin, il s'est empressé de rendre visite à Marie McAleese, présidente de la république irlandaise. Puis, il s'est brièvement arrêté à l'ambassade des Etats-Unis à Dublin d'où il a failli ne jamais repartir - sa voiture blindée étant restée coincée sur le dos d'âne de la sortie :
L'histoire ne dit pas comment les gardes ont réussi à débloquer la situation, mais toujours est-il qu'il a réussi à rallier Moneygall, comté Offaly, dans la foulée.
Moneygall ? Un carrefour avec trois magasins, quelques pubs et une poignée de maisons aux peintures refaites pour l'occasion. Pourquoi Moneygall ? C'est là que l'arrière-arrière-arrière grand-père de Barack Obama est né, au 19e siècle - avant d'en partir pour les Etats-Unis.
Et c'est là que Barack et Michelle se sont initiés à la pinte de Guinness - avec les (lointains) cousins :
Puis le couple présidentiel est reparti sur Dublin - pour y rencontrer le gouvernement irlandais et l'assurer du soutien du peuple américain.
Enfin, le président des Etats-Unis d'Amérique s'est adressé à quelque 60.000 Irlandais venus l'écouter en agitant leurs petits drapeaux américains.
mercredi 18 mai 2011
Et la reine est venue...
L'Irlande est en train de vivre quatre jours historiques. Quatre jours qui paraissaient impossibles, voici encore quelques années.
La Reine d'Angleterre est en visite officielle en Irlande. L'ex-colonie reçoit en grande pompe le monarque d'un pays qui l'a brimée pendant tant de siècles.
Il s'agit d'un événement exceptionnel, chargé de symboles tant historiques que politiques. Il s'agit tout simplement de la première visite officielle d'un monarque britannique depuis l'indépendance de l'Irlande, en 1922.
Hier, Elizabeth II s'est rendue au Memorial of Remembrance, où les noms des héros pour l'indépendance irlandaise sont inscrits en lettres d'or.
Le Irish Times du jour relate ce moment - un moment tant attendu par les Irlandais.
L'atmosphère est lourde. Le silence empli d'émotion : "Une fanfare militaire irlandaise a entonné le "God save the Queen" ; et une cohorte de vieux fantômes, chers et gentils, fiers et austères, s'est levée et a entouré une petite dame âgée, habillée d'un joli ivoire, sage, se tenant debout, en hommage, devant une sculpture inspirée de la légende des Children of Lir et par le poème de Yeats : Easter 1916 : A Terrible Beauty is Born"
Puis, la Reine a déposé une gerbe de fleurs devant le monument. Et la minute de silence qui a suivi a été, selon la journaliste du Irish Times, d'une telle intensité que "peu parmi les présents pourront l'oublier".
Elle poursuit :"Un peu après, quelques vieux cyniques ont confessé avoir, eux-mêmes, été surpris par la profondeur de leurs propres émotions, en ces moments chargés d'Histoire".
Enfin, les tambours ont roulé tandis que le drapeau de la république d'Irlande était hissé, au son de l'hymne national irlandais.
Tout était fini.
La Reine d'Angleterre est en visite officielle en Irlande. L'ex-colonie reçoit en grande pompe le monarque d'un pays qui l'a brimée pendant tant de siècles.
Il s'agit d'un événement exceptionnel, chargé de symboles tant historiques que politiques. Il s'agit tout simplement de la première visite officielle d'un monarque britannique depuis l'indépendance de l'Irlande, en 1922.
Hier, Elizabeth II s'est rendue au Memorial of Remembrance, où les noms des héros pour l'indépendance irlandaise sont inscrits en lettres d'or.
Le Irish Times du jour relate ce moment - un moment tant attendu par les Irlandais.
L'atmosphère est lourde. Le silence empli d'émotion : "Une fanfare militaire irlandaise a entonné le "God save the Queen" ; et une cohorte de vieux fantômes, chers et gentils, fiers et austères, s'est levée et a entouré une petite dame âgée, habillée d'un joli ivoire, sage, se tenant debout, en hommage, devant une sculpture inspirée de la légende des Children of Lir et par le poème de Yeats : Easter 1916 : A Terrible Beauty is Born"
Puis, la Reine a déposé une gerbe de fleurs devant le monument. Et la minute de silence qui a suivi a été, selon la journaliste du Irish Times, d'une telle intensité que "peu parmi les présents pourront l'oublier".
Elle poursuit :"Un peu après, quelques vieux cyniques ont confessé avoir, eux-mêmes, été surpris par la profondeur de leurs propres émotions, en ces moments chargés d'Histoire".
Enfin, les tambours ont roulé tandis que le drapeau de la république d'Irlande était hissé, au son de l'hymne national irlandais.
Tout était fini.
mardi 3 mai 2011
Mariage royal ou rugby
Le mariage du couple princier d'Angleterre a fait couler beaucoup d'encre en Irlande - comme dans le reste du monde. La seule différence est qu'on y a surtout parlé du refus du plus célèbre des joueurs de rugby irlandais, Brian O'Driscoll, de se rendre à l'invitation royale.
A vrai dire, ce n'était pas vraiment un refus. Plutôt une bonne occasion d'envoyer un message aux Britanniques - à la manière irlandaise. Compromis et larges sourires pour faire comprendre que les Irlandais ont autre chose à faire que d'assister aux mariages de princes et princesses britanniques.
Brian O'Driscoll a donc bien expliqué aux voisins (et néanmoins amis) anglais qu'il lui était ab-so-lu-ment impossible de se rendre à Londres, en ce vendredi de mariage royal. La raison : entraînement avec son équipe en préparation du match Toulouse-Leinster (semi-finale de la Coupe (Heineken) disputé le jour suivant (samedi).
Dans un souci de compromis bien irlandais, il y a quand même envoyé son actrice d'épouse, Amy Huberman, pour "représenter l'Irlande". Avant de préciser que "le prince William est un gars très sympathique, ouvert et normal. Sur le plan de la conversation avec lui et le prince Harry, tout est extrêmement normal. C'est le reste de leur vie qui est a-normal".
PS : Pour ceux qui seraient intéressés : Leinster l'a remporté 32-23.
A vrai dire, ce n'était pas vraiment un refus. Plutôt une bonne occasion d'envoyer un message aux Britanniques - à la manière irlandaise. Compromis et larges sourires pour faire comprendre que les Irlandais ont autre chose à faire que d'assister aux mariages de princes et princesses britanniques.
Brian O'Driscoll a donc bien expliqué aux voisins (et néanmoins amis) anglais qu'il lui était ab-so-lu-ment impossible de se rendre à Londres, en ce vendredi de mariage royal. La raison : entraînement avec son équipe en préparation du match Toulouse-Leinster (semi-finale de la Coupe (Heineken) disputé le jour suivant (samedi).
Dans un souci de compromis bien irlandais, il y a quand même envoyé son actrice d'épouse, Amy Huberman, pour "représenter l'Irlande". Avant de préciser que "le prince William est un gars très sympathique, ouvert et normal. Sur le plan de la conversation avec lui et le prince Harry, tout est extrêmement normal. C'est le reste de leur vie qui est a-normal".
PS : Pour ceux qui seraient intéressés : Leinster l'a remporté 32-23.
mercredi 13 avril 2011
Energies renouvelables en Irlande
L'Irlande a beau être en crise (financière, économique et on en passe), elle continue à voir (et à penser) loin.
L'Etat irlandais s'est engagé dans une politique sur l'environnement et l'énergie - visant à donner une plus grande autonomie, à long terme, au pays.
Bien sûr, la première source énergétique qui vient à l'esprit quand on pense à l'Irlande est... le vent. Et de fait, des champs d'éoliennes commencent à parsemer le paysage irlandais - et on peut également en apercevoir quelques-unes au large de la mer d'Irlande.
Voici un extrait des Bulletins Electroniques de février 2011 résumant la situation en matière d'énergies renouvelables du pays :
"Trois rapports portant sur l'état de l'énergie et de l'environnement en Irlande ont récemment été publiés par 3 organismes différents : Eirgrid (l'entreprise d'état pour l'énergie électrique), SEAI (Sustainable Energy Authority Ireland) et ESRI (The Economic and social Research Institute).
Il ressort de ces rapports que l'Irlande serait en bonne voie pour réaliser son objectif de produire 40% de son électricité à partir d'énergies renouvelables d'ici 2020, avec une augmentation de la contribution de l'éolien de 28% par an entre 2005 et 2009.
En cas de réussite, son pourcentage d'énergie éolienne dans la demande en électricité serait le plus élevé d'Europe. Ces rapports soulignent que l'Irlande possède des ressources inexploitées parmi les plus favorables au monde en matière d'énergies renouvelables, ce qui, d'après le ministre de l'énergie, devrait permettre à l'Irlande d'être ambitieuse et de dépasser ses objectifs nationaux afin d'atteindre un niveau où elle sera en mesure d'exporter.
Cependant, l'un des rapports met en doute la capacité de l'Irlande à réaliser ses objectifs pour 2020 en termes de diminution d'émission de CO2, si elle n'a pas recours au dispositif communautaire d'échange de quotas d'émissions.
En effet, si la production d'électricité à partir d'énergies renouvelables est en bonne voie, leur utilisation dans les autres secteurs semble stagner.
Mais l'Irlande, dont la croissance du renouvelable à augmenté de 15% entre 2005 et 2009, fait montre de sa volonté de devenir leader dans ce secteur en signant avec 9 autres pays européens un mémorandum d'accord pour le projet "Super-Grid", pour lequel elle devrait piloter avec le Royaume-Unis l'un des 3 ateliers de travail intitulé "Market and Regulatory issues".
Ce projet a pour objectif de créer un réseau électrique commun au Nord de l'Europe afin de transmettre des énergies provenant de sources renouvelables intermittentes comme les vagues ou le vent."
Enfin, un peu de positif dans un pays traversé actuellement par un épais nuage de "gloom and doom".
Un pays résolument opposé à l'énergie nucléaire - et qui s'est battu bec et ongles contre ses voisins britanniques (encore) au sujet de la centrale de Sellafield.
lundi 4 avril 2011
Météo d'Irlande
Et voilà, c'est le printemps... en Irlande !
Et pour qui veut savoir comment se vêtir de bon matin avant de sortir de son cottage battu par les vents venus tout droit de la mer d'Irlande, un petit coup d'oeil sur les pages météo est indispensable.
Oui, mais voilà : la météo irlandaise n'est pas la française. Et vous pouvez, à coup sûr, prévoir vous-même, quelles seront les prévisions du jour.
Petit résumé de la semaine irlandaise :
Lundi : "Partly sunny with showers"
Mardi : "Partly sunny with showers"
Mercredi :"Intermittents clouds" (mon préféré)
Jeudi :"Partly sunny with showers"
Vendredi : "Scattered showers with sun"
Saturday :"Partly sunny with showers"
Sunday : "SUNNY" (if you're lucky)
Be happy ! You're in Ireland.
mercredi 23 mars 2011
Barack Obama au comté Offaly
Pour ceux qui en doutaient encore (j'ai reçu des plaintes), voici ce que le président des Etats-Unis, Barack Obama, verra lors de son voyage officiel en Irlande : le village de ses ancêtres irlandais.
Moneygall (comté Offaly) se prépare déjà pour le grand jour - en mai prochain.
Good luck... Barack !
vendredi 18 mars 2011
Dublin 2011 : parade de Saint-Patrick exceptionnelle
"Une parade exceptionnelle". Ce sont les termes employés par les commentateurs hier soir, surpris par le nombre d'Irlandais présents dans les rues de Dublin - pour la Saint-Patrick.
Effet de crise ?
Ils étaient 500.000 Irlandais, hier, dans les rues de Dublin. Un chiffre énorme quand on sait que la population totale de l'Irlande dépasse à peine 4 millions.
Ci-dessous une vidéo de RTE - Radio Television Eire
Six One News: St Patrick's Day parade: Dublin - Video - RTÉ News Player
Effet de crise ?
Ils étaient 500.000 Irlandais, hier, dans les rues de Dublin. Un chiffre énorme quand on sait que la population totale de l'Irlande dépasse à peine 4 millions.
Ci-dessous une vidéo de RTE - Radio Television Eire
Six One News: St Patrick's Day parade: Dublin - Video - RTÉ News Player
Le bol de shamrock et le cousin
Le nouveau Premier ministre irlandais, Enda Kenny, est donc allé porter son bol de shamrock au cousin américain - Barack Obama.
Pour ceux qui doutaient du bien-fondé d'un tel voyage à Washington en ces temps d'austérité, Enda Kenny a rapporté un petit cadeau-surprise de son séjour américain : l'annonce d'une visite officielle du président des Etats-Unis en Irlande. En mai prochain.
Les Irlandais sont aux anges. Pensez : Barack Obama au printemps et la reine d'Angleterre en été.
Certains se posaient certes des questions sur le coût de la visite royale en terre irlandaise (surtout en matière de sécurité)... mais Barack, c'est autre chose.
C'est un cousin, après tout. N'a-t-il pas déclaré à propos de son futur voyage en Irlande : " Je pense que je ne me rendrai pas seulement sur les lieux les plus célèbres, mais aussi au village de Moneygall, là d'où vient mon arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père" ?
En tout cas, cette visite fait l'effet d'un énorme coup de pouce à la nation irlandaise tout entière.
Nation qui semble se réveiller en sursaut devant les difficultés à surmonter. Car, chose rarissime même pour la Saint-Patrick, ils étaient bel et bien 500.000 Irlandais dans les rues de Dublin, hier, à s'unir sur le chemin de la Grande Parade de Dublin.
lundi 14 mars 2011
Un bol de shamrock
Jeudi, c'est jour de Saint-Patrick. Le jour des Irlandais. Le 17 mars : un jour vert et orange - et un peu blanc aussi.
Et pendant que leur nouveau Premier ministre, Enda Kenny, ferraille dur à Bruxelles contre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel (après tout, il a été élu pour ça), les Irlandais, eux, se préparent pour le grand jour.
On scrute fébrilement le ciel pour savoir si le soleil sera de la partie (ou plutôt, si la pluie saura se faire oublier), on fouille les fonds de tiroirs à la recherche de la panoplie adéquate pour la parade de la ville, on sonne le tocsin, on réquisitionne toutes les écoles et les enfants qui vont avec et... on oublie le reste. Tout le reste.
La France et l'Allemagne veulent que l'Irlande renonce à son taux d'imposition de 12,5 p.cent sur les sociétés ? Lepechrauns. L'Union européenne veut une harmonisation fiscale ? Shamrock. On renâcle à alléger les conditions du plan de sauvetage financier accordé à l'Irlande ? Saint-Patrick.
Lepechraun en parade
Et cette année, on se pose de grandes questions. Car, en ces temps de crise, faut-il faire le voyage jusqu'aux Etats-Unis en serrant sur sa poitrine son bol de shamrock ?
C'est une vieille tradition. A la Saint-Patrick, l'Irlandais donne son bol de shamrock au cousin d'Amérique. Et tous les ans, le Premier ministre irlandais apporte son petit trèfle au président des Etats-Unis.
Bush et Ahern - l'ancien Premier ministre irlandais, du temps de la splendeur du Tigre celtique
Barack Obama et Brian Cowen - l'ancien Premier ministre irlandais, du temps de la récession
Et cette année ? Quelle sera la tendance ? Le nouveau Premier ministre irlandais sera-t-il rentré à temps de Bruxelles ?
Et sera-t-il encore assez vaillant pour pouvoir soulever son bol de shamrock cuvée 2011 ?
lundi 7 mars 2011
La Reine en Irlande
Les Irlandais font leur révolution en votant contre le parti-roi Fianna Fail, majoritaire dans le pays depuis les années 1930 ?
Le nouveau vainqueur Fine Gael mène des pourparlers difficiles en vue d'une coalition avec le Labour Party pour diriger la république d'Irlande ?
Qu'a cela ne tienne. Les Anglais, eux, annoncent tranquillement que leur reine viendra rendre visite à ses anciens sujets - cet été.
On peut dire que les Anglais ont le sens du timing. Bon, d'accord, Buckingham Palace répond ainsi à l'invitation de la présidente de la république d'Irlande, Mary McAleese - qui tient absolument à cette visite "pour rapprocher les deux pays".
C'est la première fois qu'un monarque britannique mettra le pied sur le sol irlandais depuis l'indépendance de l'Irlande en 1922.
Il se dit même que la reine pourrait prononcer son discours officiel au château de Dublin - ancien symbole du pouvoir britannique en Irlande et actuel siège du gouvernement irlandais.
Du coup, on en oublie (presque) la crise économique et financière qui secoue le pays. Mais, n'est-ce pas, il faut bien faire plaisir aux voisins qui viennent de vous accorder un prêt sonnant et trébuchant - pour vous aider à sortir de l'ornière dans laquelle vous vous êtes si joyeusement fourrés.
Quelques citoyens râlent bien un peu au sujet du coût d'un tel voyage (surtout en terme de sécurité, d'ailleurs) et le Sinn Fein fait bien remarquer qu'une telle visite est "prématurée", mais la pilule semble plutôt bien passer.
Il faut dire que la Saint-Patrick approche - et on commence à se demander s'il ne vaudrait pas mieux pour les finances du pays que (une fois n'est pas coutume) Barack Obama vienne en Irlande pour la traditionnelle remise de bol de shamrock.
Alors, la Reine...
Le nouveau vainqueur Fine Gael mène des pourparlers difficiles en vue d'une coalition avec le Labour Party pour diriger la république d'Irlande ?
Qu'a cela ne tienne. Les Anglais, eux, annoncent tranquillement que leur reine viendra rendre visite à ses anciens sujets - cet été.
On peut dire que les Anglais ont le sens du timing. Bon, d'accord, Buckingham Palace répond ainsi à l'invitation de la présidente de la république d'Irlande, Mary McAleese - qui tient absolument à cette visite "pour rapprocher les deux pays".
C'est la première fois qu'un monarque britannique mettra le pied sur le sol irlandais depuis l'indépendance de l'Irlande en 1922.
Il se dit même que la reine pourrait prononcer son discours officiel au château de Dublin - ancien symbole du pouvoir britannique en Irlande et actuel siège du gouvernement irlandais.
Du coup, on en oublie (presque) la crise économique et financière qui secoue le pays. Mais, n'est-ce pas, il faut bien faire plaisir aux voisins qui viennent de vous accorder un prêt sonnant et trébuchant - pour vous aider à sortir de l'ornière dans laquelle vous vous êtes si joyeusement fourrés.
Quelques citoyens râlent bien un peu au sujet du coût d'un tel voyage (surtout en terme de sécurité, d'ailleurs) et le Sinn Fein fait bien remarquer qu'une telle visite est "prématurée", mais la pilule semble plutôt bien passer.
Il faut dire que la Saint-Patrick approche - et on commence à se demander s'il ne vaudrait pas mieux pour les finances du pays que (une fois n'est pas coutume) Barack Obama vienne en Irlande pour la traditionnelle remise de bol de shamrock.
Alors, la Reine...
vendredi 25 février 2011
Ghost estates ou les fantômes d'Irlande
Voici à quoi ressemblent certains coins d'Irlande. Des déserts ruraux, aux marges de villes moyennes, parsemés de quelques pavillons dernier chic, qui ne souffrent que d'un seul défaut : personne n'y habite.
Avec la mort du Tigre celtique, des centaines de "nouveaux quartiers" se retrouvent à l'abandon - et leurs rares habitants avec.
Les promoteurs, qui s'étaient frotté les mains devant cette nouvelle mine d'or dans les années 2006-2007, sont vite repartis après l'éclatement de la bulle immobilière irlandaise.
Les prix de l'immobilier ont chuté de plus de 30 p.cent en six ans. Ceux qui avaient acheté une maison ne peuvent la revendre. Les banques irlandaises ont durement resserré les cordons de la bourse. Et plus personne ne peut acheter de maison.
D'ailleurs, plus personne ne veut investir dans le bâtiment. Et les chantiers, commencés pendant la période faste, en restent là où on les a laissés : à moitié finis - ou pas finis du tout.
Beaucoup d'Irlandais ont cru pouvoir acheter leur maison dans ces endroits aux prix abordables. Ils ont en masse contracté un prêt immobilier - souvent sans apport personnel.
Avec la crise économique et financière que connaît l'Irlande, la plupart d'entre eux ont perdu leur emploi. Et doivent maintenant rembourser la banque pour une maison qu'ils n'habiteront jamais.
Et les rares qui pourront s'y installer n'auront de toute façon aucun magasin, aucune école, aucun médecin à des kilomètres à la ronde.
Et, en aucun cas, ils ne pourront revendre leur bien pour aller voir ailleurs - si les cieux sont plus cléments avec les miséreux.
lundi 14 février 2011
Une (autre) bonne nouvelle... pour les banques.
"Lenihan [le ministre irlandais des finances] reporte l'injection de 10 milliards d'euros dans les banques après les élections", proclame le Irish Times daté du 10 février.
Le plan de sauvetage des banques irlandaises qui, pour le moment, est doté de 50 milliards d'euros, devrait ainsi être renfloué après le 25 février prochain, date des prochaines élections générales.
Deux semaines avant le scrutin qui devrait anéantir le parti majoritaire de la coalition actuellement au pouvoir, le Fianna Fáil (jugé largement responsable de la catastrophe économique irlandaise), Mr. Lenihan fait ainsi un cadeau empoisonné à l'opposition et son futur gouvernement.
Le ministre a affirmé que la décision d'attendre la fin des élections générales avait été prise en accord avec l'Union europénne, le FMI et la BCE.
Il a déclaré : "J'applique la pratique constitutionnelle. Les choses seraient différentes si le gouvernement n'avait pas perdu sa majorité".
Les 10 milliards d'euros "devraient être prélevés sur le Fonds national des retraites", rappelle le Irish Times.
Haut les coeurs.
Source : Irish Times et Presseurop
Le plan de sauvetage des banques irlandaises qui, pour le moment, est doté de 50 milliards d'euros, devrait ainsi être renfloué après le 25 février prochain, date des prochaines élections générales.
Deux semaines avant le scrutin qui devrait anéantir le parti majoritaire de la coalition actuellement au pouvoir, le Fianna Fáil (jugé largement responsable de la catastrophe économique irlandaise), Mr. Lenihan fait ainsi un cadeau empoisonné à l'opposition et son futur gouvernement.
Le ministre a affirmé que la décision d'attendre la fin des élections générales avait été prise en accord avec l'Union europénne, le FMI et la BCE.
Il a déclaré : "J'applique la pratique constitutionnelle. Les choses seraient différentes si le gouvernement n'avait pas perdu sa majorité".
Les 10 milliards d'euros "devraient être prélevés sur le Fonds national des retraites", rappelle le Irish Times.
Haut les coeurs.
Source : Irish Times et Presseurop
vendredi 4 février 2011
Où es-tu Brian Boru ?
Une lectrice du Brésil, amoureuse passionnée de l'Irlande, a tenu à adresser, aujourd'hui, une lettre aux lecteurs du journal The Irish Times.
Son message est simple : Mais où est donc passé Brian Boru ?
"The spirit of Brian Boru.
Madam, – I lived and worked in Ireland until recently. Imagine my feelings when I heard that the country I loved so much is now in such dire straits. A country once full of joy and energy has become a country full of expensive unused toys, evil spirits and negatives.
Bickering and self-serving politicians serve your country’s reputation very ill indeed. Where are the spirits of Brian Boru, the Great O’Neill and Daniel O’Connell? Of the Táin, the Celts, Lady Gregory, Wolf Tone, or the spiritual writings of Samuel Beckett, and WB Yeats? – Yours, etc,"
Son message est simple : Mais où est donc passé Brian Boru ?
"The spirit of Brian Boru.
Madam, – I lived and worked in Ireland until recently. Imagine my feelings when I heard that the country I loved so much is now in such dire straits. A country once full of joy and energy has become a country full of expensive unused toys, evil spirits and negatives.
Bickering and self-serving politicians serve your country’s reputation very ill indeed. Where are the spirits of Brian Boru, the Great O’Neill and Daniel O’Connell? Of the Táin, the Celts, Lady Gregory, Wolf Tone, or the spiritual writings of Samuel Beckett, and WB Yeats? – Yours, etc,"
jeudi 3 février 2011
L'espion venait du (grand) froid
Un diplomate russe vient d'être invité, très officiellement, à quitter l'Irlande sur le champ. Les autorités irlandaises ont tenu à réagir promptement après la découverte d'un trafic de passeports irlandais, utilisés par des espions basés aux Etats-Unis.
Le ministère irlandais des affaires étrangères a affirmé que "les activités des services secrets russes liées au trafic de passeports irlandais et à l'usurpation effective de l'identité de six citoyens irlandais [dont un couple du Donegal] sont absolument inacceptables".
Le secrétaire général du ministère a, de ce pas, informé l'ambassadeur de Russie en Irlande que les accréditations officielles du diplomate fautif prenaient fin à compter de ce jour et que le-dit diplomate devait avoir quitté le territoire irlandais dans les temps indiqués.
Le gouvernement irlandais a conclu en "espérant que le pénible incident sera rapidement oublié et que les relations entre l'Irlande et la Fédération russe se poursuivront à l'avenir".
La Russie a aussitôt répliqué en clamant haut et fort que des mesures de représailles seront prises à l'encontre de l'Irlande.
Les espions de tous pays apprécient grandement les passeports irlandais - en raison du statut de neutralité de l'Irlande.
En juin dernier, le gouvernement irlandais avait déjà dû demander à Israel de rappeler un membre de son ambassade à Dublin, après le meurtre d'un officier du Hamas à Dubai par des agents à passeports irlandais.
mercredi 26 janvier 2011
Le rêve irlandais... c'est fini.
Steve Bell, dessinateur britannique, chroniqueur au Guardian.
"BCE FMI
Nous promettons de préserver les banques et les créditeurs de l'Etat au prix de vos boulots pour le temps que cela prendra" ©Steve Bell 2010 Huit ministre qui quittent le gouvernement en dix jours. Le parti des Verts qui claque avec fracas les portes de la coalition gouvernementale, jurant qu'on ne les y reprendra plus.
Un Premier ministre, Brian Cowen, qui démissionne de son poste de chef de file du parti Fianna Fail, le parti au pouvoir depuis plus de vingt ans.
Des élections générales anticipées, annoncées d'abord pour le 11 mars puis avancées au 25 février - vu l'état de catastrophe généralisée du pays.
Un budget d'austérité puissance 1000 à faire adopter par le parlement en urgence. Y compris par les partis d'opposition qui risquent bien de se retrouver au pouvoir après ces sus-dites élections générales.
Et de se retrouver donc, avec des mesures de rigueur à appliquer à un pays peu enclin à payer plus d'impôts pour gagner toujours moins d'argent.
Et avec tout ça, un sentiment d'amertume et de honte à l'idée d'avoir perdu une souveraineté nationale durement acquise après l'indépendance du pays, en 1922. La jeune république d'Irlande (proclamée en 1949) ne se remet toujours pas du coup du FMI et de la BCE.
Quant à la crise économique qui n'en finit pas de ronger le pays... on n'en parle même pas.
vendredi 21 janvier 2011
La corne de brume... c'est fini.
Entrée du port de Cork (pour le frisson)
Le 10 janvier 2011, un grand pas a été franchi en Irlande : on a supprimé la corne de brume des phares de la côte.
Et tant qu'on y était, on s'est même demandé si on allait continuer à allumer toutes ces tours éparpillées le long du littoral - et qui ne servent plus guère maintenant qu'à attirer les touristes.
Entrée du port de Cork (pour la musique).
Pourtant, il est plutôt rassurant de les entendre et de les aperçevoir à travers les brusques levées de brouillards qui se plaisent à cacher les roches aux bateaux alentours.
Mais le gouvernement et la technologie moderne en ont décidé ainsi : plus de cornes, plus de phares - seulement des radars et autres outils ultra-perfectionnés.
Un petit dernier (pour la route).
mardi 11 janvier 2011
Irlandais et émigration
La crise est là. L'Irlande ne s'en sort plus. Et les Irlandais (re)découvrent les pauvres joies de l'émigration..
Le mot fait toujours frissonner les anciens. Ils se souviennent de ces années d'enfance, sans père. Un père parti au loin gagner un peu d'argent - de quoi nourrir les cinq ou six enfants restés en Irlande, avec leur mère.
Ces vies, passées à attendre l'absent, on les avait enterrées dans un passé dont on ne voulait plus. Mais le passé est revenu.
Après Noél, l'aéroport de Dublin s'est empli d'une nouvelle rumeur. Des cris, des pleurs, des chuchotements. Des valises, lourdes des petits objets trop personnels pour les laisser derrière soi. Des mères et des pères aux yeux rougis, des oncles et des tantes aux mains tremblantes et, parfois, des mamies et leur papy qui ne retiennent plus leurs larmes.
Les petits vont partir. Ils n'ont plus le choix.
Durant les terribles années 1980, au taux de chômage de 18 p.cent, le rythme de l'émigration en l'Irlande était le plus élevé d'Europe - avec 70, 600 personnes quittant le pays chaque année. En avril 2010, le taux d'émigration était quasi-comparable, avec 65.300 candidats à l'émigration pour un taux de chômage de 13, 8 p.cent.
La différence entre ces deux chiffres tient dans l'origine des nouveaux émigrés. En 1989, la totalité d'entre eux étaient irlandais. En 2010 27, 700 sont irlandais, 19, 900 sont d'anciens immigrés d'Europe de l'Est, repartis dans leur pays d'origine, et les autres viennent de pays non-européens.
Les chiffres peuvent donc paraître pire que ne l'est la réalité. Des experts affirment ici que la situation est, pour le moment, loin d'être celle des années 1980.
Pourtant, les jeunes Irlandais s'habituent à l'idée d'une émigration - subie ou choisie. Et c'est là une des caractéristiques de la culture irlandaise - l'héritage d'un lourd passé post-colonial.
Durant le désormais fameux Tigre celtique, de nombreux Irlandais ont continué à choisir de partir. Ils sont tous revenus, fortune faite, dans un pays en pleine expansion, pour y tenter de nouvelles expériences. Les nouvelles générations ne font donc que reprendre le même chemin - poussées cette fois par une crise économique qui ne lâche pas prise.
Mais l'état d'esprit de ces nouveaux émigrants est différent de celui de leurs grand-parents. Elevés dans une période faste, ils ont bénéficié des meilleures études et ont choisi leur métier avec rigueur. Leurs désirs et leurs envies ne correspondent plus vraiment à la situation qu'ils doivent désormais affronter. Et les pays qui les accueillent doivent apprendre que les Irlandais ont maintenant des exigences.
Au pays, les lycéens savent déjà qu'après leur Leaving Cert (baccalauréat), ils devront partir pour construire une vie.
Les lycéens ont compris plus vite que leurs grands frères, encore plongés dans leurs rêves de tigres perdus.
Le mot fait toujours frissonner les anciens. Ils se souviennent de ces années d'enfance, sans père. Un père parti au loin gagner un peu d'argent - de quoi nourrir les cinq ou six enfants restés en Irlande, avec leur mère.
Ces vies, passées à attendre l'absent, on les avait enterrées dans un passé dont on ne voulait plus. Mais le passé est revenu.
Après Noél, l'aéroport de Dublin s'est empli d'une nouvelle rumeur. Des cris, des pleurs, des chuchotements. Des valises, lourdes des petits objets trop personnels pour les laisser derrière soi. Des mères et des pères aux yeux rougis, des oncles et des tantes aux mains tremblantes et, parfois, des mamies et leur papy qui ne retiennent plus leurs larmes.
Les petits vont partir. Ils n'ont plus le choix.
Durant les terribles années 1980, au taux de chômage de 18 p.cent, le rythme de l'émigration en l'Irlande était le plus élevé d'Europe - avec 70, 600 personnes quittant le pays chaque année. En avril 2010, le taux d'émigration était quasi-comparable, avec 65.300 candidats à l'émigration pour un taux de chômage de 13, 8 p.cent.
La différence entre ces deux chiffres tient dans l'origine des nouveaux émigrés. En 1989, la totalité d'entre eux étaient irlandais. En 2010 27, 700 sont irlandais, 19, 900 sont d'anciens immigrés d'Europe de l'Est, repartis dans leur pays d'origine, et les autres viennent de pays non-européens.
Les chiffres peuvent donc paraître pire que ne l'est la réalité. Des experts affirment ici que la situation est, pour le moment, loin d'être celle des années 1980.
Pourtant, les jeunes Irlandais s'habituent à l'idée d'une émigration - subie ou choisie. Et c'est là une des caractéristiques de la culture irlandaise - l'héritage d'un lourd passé post-colonial.
Durant le désormais fameux Tigre celtique, de nombreux Irlandais ont continué à choisir de partir. Ils sont tous revenus, fortune faite, dans un pays en pleine expansion, pour y tenter de nouvelles expériences. Les nouvelles générations ne font donc que reprendre le même chemin - poussées cette fois par une crise économique qui ne lâche pas prise.
Mais l'état d'esprit de ces nouveaux émigrants est différent de celui de leurs grand-parents. Elevés dans une période faste, ils ont bénéficié des meilleures études et ont choisi leur métier avec rigueur. Leurs désirs et leurs envies ne correspondent plus vraiment à la situation qu'ils doivent désormais affronter. Et les pays qui les accueillent doivent apprendre que les Irlandais ont maintenant des exigences.
Au pays, les lycéens savent déjà qu'après leur Leaving Cert (baccalauréat), ils devront partir pour construire une vie.
Les lycéens ont compris plus vite que leurs grands frères, encore plongés dans leurs rêves de tigres perdus.
vendredi 31 décembre 2010
Neige d'Irlande
L'Irlande sous la neige. On ne peut le voir qu'une fois tous les trente ou quarante ans. Même si, l'année dernière déjà, on avait eu un petit aperçu de l'hiver continental sur les côtes irlandaises.
Mais même sous la neige et la glace, le ciel d'Irlande reste tel qu'en lui même : et on comprend d'où vient la force qui anime les esprits de cette terre.
Les rois de Tara ne sont jamais très loin - et la reine Maeve nous regarde, du haut de son tumulus sacré.
La neige en Irlande. Même la mer y succombe.
mardi 21 décembre 2010
Solstice d'hiver : Newgrange et son mystère
Newgrange : le nom résonne ici comme un rappel des temps anciens - un appel aux lointains Celtes.
Newgrange : le plus célèbre des sites archéologiques d'Irlande, au nord de Dublin. Mais aussi, le lieu de toutes les croyances, anciennes ou new age.
Construit il y a 5.000 ans, près de 600 ans avant la grande pyramide de Gizeh, le gigantesque tumulus attire toujours autant les foules - comme il le faisait déjà au temps de sa construction.
Tombe d'importance, royale très certainement, le tumulus abrite un mystère qui draine encore les fidèles près de sa porte d'entrée si étroite.
Tous les ans, le jour du solstice d'hiver, à 9 h 17 le matin, le soleil pénètre au coeur de la tombe pour éclairer les ténèbres de la salle centrale.
Presque mille ans avant Stonehenge en Angleterre, les hommes des terres de l'ouest en appelaient ainsi aux ancêtres pour faire revenir sur terre la lumière du jour - et que s'éloignent pour une année encore les terreurs de la nuit.
jeudi 16 décembre 2010
Les Rubberbandits et la crise irlandaise
Leur video sur YouTube a reçu 1,5 million de visites en seulement cinq jours.
Blindboy Boatclub et Mr Chrome of Limerick, avec leur duo hip-hop Rubberbandits, font actuellement exploser le hit-parade irlandais.
Mercredi matin, ils étaient devant le parlement, avec un autre complice habillé, lui, en Willie O'Dea, le ministre irlandais de la Défense. Manière de dire leur mécontentement pour la situation actuelle du pays.
Le groupe, formé en 2000 a, depuis, largement utilisé Internet pour diffuser ses chansons et a rencontré un engouement inattendu à travers toute l'Irlande.
De style plutôt satirique, leur musique veut dénoncer les compromissions politiques et sociétales d’un pays actuellement en pleine crise, non seulement économique et financière mais égalemement sociale et politique.
Leur paroles crues se rapprochent très fortement de la série South Park pour la délicatesse du propos et la finesse des opinions.
En octobre 2010, leur Republic of Telly a fait un tabac sur la chaîne de television nationale RTE Two et, en décembre, leur single Horse Outside a connu des début explosifs grâce à YouTube. Il se murmure déjà que le titre sera numéro 1 dans les charts de Noél.
On y parle de grève d’impôts, de politiciens et d’argent perdu – le tout sur fond de crise sociale et morale.
A ne pas mettre entre toutes les mains.
mercredi 15 décembre 2010
Un étranger en Irlande
Etre un étranger en Irlande peut conduire à une longue réflexion sur "qu'est-ce qu'être un Irlandais". Le choc culturel, linguistique et climatique est garanti. Et l'intégration peut se révéler plus compliquée que prévu.
Ainsi, des étudiants allemands et norvégiens ont, récemment, publié leurs impressions sur le pays qui les accueillait pour quelques mois, à l'université de Dublin (UCD).
Leurs conclusions sont criantes de vérité et méritent qu'on les médite - enfin, surtout les Irlandais.
- La politesse des Irlandais : Bien connue - elle est même leur marque de fabrique. Elle vous saute dessus dès que vous débarquez en Irlande. "Howaya" (ou quelque chose de phonétiquement approchant) est le cri par lequel vous êtes systématiquement accueilli. Ce qui ne veut pas dire que l'on attende une réponse en retour. Et encore moins la même question.
Le "sorry" est très en vogue aussi - y compris de la part de celui dont vous venez d'écraser le pied.
- Les feux pour les piétons : Ils sont juste une recommandation - pas une obligation : On reconnaîtra d'emblée l'étranger dans celui ou celle qui attend plus de dix minutes au feu rouge avant de traverser la voie.
- L'accent irlandais : Redouté, il peut amener à certaines confusions : ainsi, le "craic" n'est pas une drogue mais une ambiance ; le "Tea-shock" n'est pas une réaction à un thé particulier mais bien le nom du premier ministre (Taoiseach).
- La nourriture-mystère, : Celle dont vous n'avez jamais entendu parler avant de mettre le pied sur la terre irlandaise. Rashers, boxty ou bangers peuvent déconterter mais sont (absolument) à conseiller.
- La neige : C'est une rareté irlandaise : 10 cm (à peine) de neige et tout le pays est gelé - complètement immobilisé.
- Les docteurs et la grossesse : la grande inquiétude des docteurs dans le pays, lorsqu'une adolescente vient pour consulter (même pour un gros rhume), est... le risque de grossesse.
- Les bus irlandais : Il faut être bien conscient qu'aucun bus ne vous préviendra du prochain arrêt - et qu'il n'y a pas de cartes ni d'itinéraires à l'intérieur dudit bus.
Il vous faut aller à l'avant du véhicule pour demander au chauffeur (si, si : vous pouvez lui adresser la parole) quel sera le prochain arrêt - et au besoin, lui demander quel est l'arrêt le plus proche pour votre destination.
S'il s'agit de Dun Laoghaire, attention de bien prononcer. En aucun cas, vous ne devez prononcer Du-ne La-o-guère mais bien : D-eu-n Li-ri.
Ayant bien intégré ces différents points, l'étranger pourra (peut-être) se sentir un peu plus intégré au pays - mais sera encore (et pour un bout de temps) un alien aux yeux de l'autochtone.
Ainsi, des étudiants allemands et norvégiens ont, récemment, publié leurs impressions sur le pays qui les accueillait pour quelques mois, à l'université de Dublin (UCD).
Leurs conclusions sont criantes de vérité et méritent qu'on les médite - enfin, surtout les Irlandais.
- La politesse des Irlandais : Bien connue - elle est même leur marque de fabrique. Elle vous saute dessus dès que vous débarquez en Irlande. "Howaya" (ou quelque chose de phonétiquement approchant) est le cri par lequel vous êtes systématiquement accueilli. Ce qui ne veut pas dire que l'on attende une réponse en retour. Et encore moins la même question.
Le "sorry" est très en vogue aussi - y compris de la part de celui dont vous venez d'écraser le pied.
- Les feux pour les piétons : Ils sont juste une recommandation - pas une obligation : On reconnaîtra d'emblée l'étranger dans celui ou celle qui attend plus de dix minutes au feu rouge avant de traverser la voie.
- L'accent irlandais : Redouté, il peut amener à certaines confusions : ainsi, le "craic" n'est pas une drogue mais une ambiance ; le "Tea-shock" n'est pas une réaction à un thé particulier mais bien le nom du premier ministre (Taoiseach).
- La nourriture-mystère, : Celle dont vous n'avez jamais entendu parler avant de mettre le pied sur la terre irlandaise. Rashers, boxty ou bangers peuvent déconterter mais sont (absolument) à conseiller.
- La neige : C'est une rareté irlandaise : 10 cm (à peine) de neige et tout le pays est gelé - complètement immobilisé.
- Les docteurs et la grossesse : la grande inquiétude des docteurs dans le pays, lorsqu'une adolescente vient pour consulter (même pour un gros rhume), est... le risque de grossesse.
- Les bus irlandais : Il faut être bien conscient qu'aucun bus ne vous préviendra du prochain arrêt - et qu'il n'y a pas de cartes ni d'itinéraires à l'intérieur dudit bus.
Il vous faut aller à l'avant du véhicule pour demander au chauffeur (si, si : vous pouvez lui adresser la parole) quel sera le prochain arrêt - et au besoin, lui demander quel est l'arrêt le plus proche pour votre destination.
S'il s'agit de Dun Laoghaire, attention de bien prononcer. En aucun cas, vous ne devez prononcer Du-ne La-o-guère mais bien : D-eu-n Li-ri.
Ayant bien intégré ces différents points, l'étranger pourra (peut-être) se sentir un peu plus intégré au pays - mais sera encore (et pour un bout de temps) un alien aux yeux de l'autochtone.
jeudi 9 décembre 2010
Irlande, paradis perdu - vu d'Allemagne
Galway - en 1955 (femmes aux pieds nus)
Publié par Presseurop, un article du Spiegel, paru le 7 novembre, sur l'Irlande, passée et récente.
L'Irlande d'avant le Tigre celtique - et l'Irlande d'après la Grande Crise.
Pauvre et pure, l’Irlande a longtemps été le paradis perdu de nombreux Allemands lecteurs de Heinrich Böll. Puis Dublin a cédé aux sirènes du capitalisme financier. Aujourd’hui, assure le Spiegel, Berlin doit aider "l’enfant malade".
Par Markus Feldenkirchen - Der Spiegel
Heureusement, Heinrich Boll [prix Nobel de la littérature de 1972] n’est plus de ce monde pour assister à ce triste spectacle. Nul doute que s’il avait voyagé dans l’Irlande d’aujourd’hui, l’auteur allemand ne serait pas tombé amoureux de ce pays, de cette plaisante île de 4 millions d’habitants, idylle de pauvreté et inspiration pour un monde meilleur. C’est précisément cette Irlande qui a attiré le turbo-capitalisme. Et ça ne lui a pas réussi. De quoi faire perdre son latin à Heinrich Böll.
"Ici déjà l’ordre social européen prenait d’autres formes", écrivait-il dans les années 1950 lors d’un voyage à Dublin. Il était sous le charme de ses compagnons de route irlandais, il faisait du romantique jusqu'à l’écoeurement. "La pauvreté n’était non seulement plus une ‘honte’, mais en fait ni un honneur ni une honte : elle était – en tant que moment de la conscience sociale – aussi insignifiante que la richesse : les plis du pantalon avaient perdu de leur tranchant".
Ces lignes parurent ensuite dans son célèbre Journal irlandais, où Böll décrit une société honnête, modeste, se contentant de peu et tout aussi heureuse ; un pays qui, malgré la famine, l’émigration et le pouvoir de l’Eglise catholique, était parvenu à préserver son humanité.
Un vieux rêve allemand s'est effondré avec l'Irlande
Au milieu des années 1950, le Journal irlandais apparut aussi comme l’exact opposé de la rude Allemagne d’après-guerre et du miracle économique avec ses nouveaux dieux : Croissance, Consommation et Capital. Heinrich Böll, l’honnête homme de Cologne, et l’Irlande, l’honnête île du Nord, étaient faits pour s’entendre. C’était le bon temps. L’île de Böll était pauvre mais pas en faillite. Aujourd’hui, c’est l’inverse.
Ces dernières semaines, c’est un vieux rêve allemand qui s’est effondré avec les finances irlandaises. Comme rarement un autre pays, la petite île tenait une place à part dans le cœur des Allemands. Dans les années 1960, 1970 et 1980, de nombreux compatriotes avaient suivi les traces de Böll en Irlande et lui vouaient la même nostalgie (du moins tous ceux qui ne lui préféraient pas Goa ou Ibiza).
L’Irlande leur paraissait plus pure et plus honnête que leur patrie, les champs y étaient encore fertiles, les usines rares et les hommes pas encore corrompus par la richesse. On ne pouvait pas rêver mieux, se disaient les Allemands en chantant les louanges du retard.
Les Irlandais, eux maudissaient leur pauvreté
Ils arrivaient parfaitement à oublier que les Irlandais, eux, maudissaient leur pauvreté. Il s’agissait de défendre leur droit de rêver à une autre vie, même s’il fallait pour cela combattre la réalité. Aujourd’hui encore, les chiffres de l’Office du tourisme irlandais montrent que les Allemands sont les plus fidèles visiteurs de l’île.
"L’ordre social européen" y a en effet pris "d’autres formes", même si ce ne sont pas celles que Böll appelait de ses vœux. Depuis plusieurs semaines, cette petite île tient tout le continent européen en haleine, menaçant l’euro et le pilier de la communauté européenne en même temps. Comment le pays le plus en retard d’Europe a-t-il pu se transformer aussi vite en véritable tripot, paradis des requins immobiliers, des banques d’investissement et autres fléaux de la finance ?
Jusqu’à la fin des années 1980, le Moyen-Age avait trouvé son dernier refuge en Irlande, à l’écart des lumières du continent. Pendant des dizaines d’années, l’Eglise catholique avait défendu sa forteresse celtique contre les assauts de la modernité. Toutefois au début des années 1990, avec la chute du rideau de fer et les débuts de la mondialisation, l’Eglise avait elle aussi dû céder aux nouveaux maîtres.
Les mêmes excès en Irlande que dans les pays d'Europe de l'Est
Au catholicisme a donc succédé le règne du capitalisme. En un rien de temps, la vertueuse Irlande s’était transformée en bordel, c’était l’endroit où l’on venait faire ce que l’on osait pas faire chez soi.
Cette nouvelle donne semblait être une bénédiction pour l’Irlande. L’île bourdonnait d’activité et les milliards d’aide de l’UE renforçaient un peu plus l’illusion que les temps difficiles étaient à jamais derrière nous. Du jour au lendemain, le parent pauvre de l’Europe devint l’un des pays plus chers. L’épidémie d’obésité gagna rapidement l’île où 30% des femmes et presque la moitié des hommes sont désormais en surpoids. Jusque dans les années 80, les Irlandais faisaient partie des peuples les plus maigres d’Europe. A présent, leur tour de taille se rapproche de celui des Allemands. Leur croissance a été démesurée.
Comme partout où les hommes ont tenté de lutter contre l’évolution naturelle, la modernité est arrivée en Irlande comme un torrent impétueux. A cet égard, les hommes fraîchement affranchis ressemblent beaucoup aux hommes fraîchement enrichis. Il n’est pas étonnant que le capitalisme ait donné lieu aux mêmes excès en Irlande que dans les pays trop longtemps asservis d'Europe de l'Est.
Même si de nouvelles entreprises solides ont effectivement été créées sur l’île, les dirigeants politiques ont beaucoup trop misé sur leur nouvelle industrie financière, secret de leur réussite. Pour la première fois de leur histoire, ce secteur magique leur apportait richesse et prospérité.
Le tigre celtique ressemble à présent à un chaton épuisé, hirsute et éclopé. Les Allemands devraient l’entourer de soin et continuer à rendre visite à l’enfant malade. "Cette Irlande existe, avait écrit Heinrich Böll dans son journal. Celui qui s’y rend et ne la trouve pas, ne pourra toutefois pas prétendre à réparation auprès de l’auteur".
Publié par Presseurop, un article du Spiegel, paru le 7 novembre, sur l'Irlande, passée et récente.
L'Irlande d'avant le Tigre celtique - et l'Irlande d'après la Grande Crise.
Pauvre et pure, l’Irlande a longtemps été le paradis perdu de nombreux Allemands lecteurs de Heinrich Böll. Puis Dublin a cédé aux sirènes du capitalisme financier. Aujourd’hui, assure le Spiegel, Berlin doit aider "l’enfant malade".
Par Markus Feldenkirchen - Der Spiegel
Heureusement, Heinrich Boll [prix Nobel de la littérature de 1972] n’est plus de ce monde pour assister à ce triste spectacle. Nul doute que s’il avait voyagé dans l’Irlande d’aujourd’hui, l’auteur allemand ne serait pas tombé amoureux de ce pays, de cette plaisante île de 4 millions d’habitants, idylle de pauvreté et inspiration pour un monde meilleur. C’est précisément cette Irlande qui a attiré le turbo-capitalisme. Et ça ne lui a pas réussi. De quoi faire perdre son latin à Heinrich Böll.
"Ici déjà l’ordre social européen prenait d’autres formes", écrivait-il dans les années 1950 lors d’un voyage à Dublin. Il était sous le charme de ses compagnons de route irlandais, il faisait du romantique jusqu'à l’écoeurement. "La pauvreté n’était non seulement plus une ‘honte’, mais en fait ni un honneur ni une honte : elle était – en tant que moment de la conscience sociale – aussi insignifiante que la richesse : les plis du pantalon avaient perdu de leur tranchant".
Ces lignes parurent ensuite dans son célèbre Journal irlandais, où Böll décrit une société honnête, modeste, se contentant de peu et tout aussi heureuse ; un pays qui, malgré la famine, l’émigration et le pouvoir de l’Eglise catholique, était parvenu à préserver son humanité.
Un vieux rêve allemand s'est effondré avec l'Irlande
Au milieu des années 1950, le Journal irlandais apparut aussi comme l’exact opposé de la rude Allemagne d’après-guerre et du miracle économique avec ses nouveaux dieux : Croissance, Consommation et Capital. Heinrich Böll, l’honnête homme de Cologne, et l’Irlande, l’honnête île du Nord, étaient faits pour s’entendre. C’était le bon temps. L’île de Böll était pauvre mais pas en faillite. Aujourd’hui, c’est l’inverse.
Ces dernières semaines, c’est un vieux rêve allemand qui s’est effondré avec les finances irlandaises. Comme rarement un autre pays, la petite île tenait une place à part dans le cœur des Allemands. Dans les années 1960, 1970 et 1980, de nombreux compatriotes avaient suivi les traces de Böll en Irlande et lui vouaient la même nostalgie (du moins tous ceux qui ne lui préféraient pas Goa ou Ibiza).
L’Irlande leur paraissait plus pure et plus honnête que leur patrie, les champs y étaient encore fertiles, les usines rares et les hommes pas encore corrompus par la richesse. On ne pouvait pas rêver mieux, se disaient les Allemands en chantant les louanges du retard.
Les Irlandais, eux maudissaient leur pauvreté
Ils arrivaient parfaitement à oublier que les Irlandais, eux, maudissaient leur pauvreté. Il s’agissait de défendre leur droit de rêver à une autre vie, même s’il fallait pour cela combattre la réalité. Aujourd’hui encore, les chiffres de l’Office du tourisme irlandais montrent que les Allemands sont les plus fidèles visiteurs de l’île.
"L’ordre social européen" y a en effet pris "d’autres formes", même si ce ne sont pas celles que Böll appelait de ses vœux. Depuis plusieurs semaines, cette petite île tient tout le continent européen en haleine, menaçant l’euro et le pilier de la communauté européenne en même temps. Comment le pays le plus en retard d’Europe a-t-il pu se transformer aussi vite en véritable tripot, paradis des requins immobiliers, des banques d’investissement et autres fléaux de la finance ?
Jusqu’à la fin des années 1980, le Moyen-Age avait trouvé son dernier refuge en Irlande, à l’écart des lumières du continent. Pendant des dizaines d’années, l’Eglise catholique avait défendu sa forteresse celtique contre les assauts de la modernité. Toutefois au début des années 1990, avec la chute du rideau de fer et les débuts de la mondialisation, l’Eglise avait elle aussi dû céder aux nouveaux maîtres.
Les mêmes excès en Irlande que dans les pays d'Europe de l'Est
Au catholicisme a donc succédé le règne du capitalisme. En un rien de temps, la vertueuse Irlande s’était transformée en bordel, c’était l’endroit où l’on venait faire ce que l’on osait pas faire chez soi.
Cette nouvelle donne semblait être une bénédiction pour l’Irlande. L’île bourdonnait d’activité et les milliards d’aide de l’UE renforçaient un peu plus l’illusion que les temps difficiles étaient à jamais derrière nous. Du jour au lendemain, le parent pauvre de l’Europe devint l’un des pays plus chers. L’épidémie d’obésité gagna rapidement l’île où 30% des femmes et presque la moitié des hommes sont désormais en surpoids. Jusque dans les années 80, les Irlandais faisaient partie des peuples les plus maigres d’Europe. A présent, leur tour de taille se rapproche de celui des Allemands. Leur croissance a été démesurée.
Comme partout où les hommes ont tenté de lutter contre l’évolution naturelle, la modernité est arrivée en Irlande comme un torrent impétueux. A cet égard, les hommes fraîchement affranchis ressemblent beaucoup aux hommes fraîchement enrichis. Il n’est pas étonnant que le capitalisme ait donné lieu aux mêmes excès en Irlande que dans les pays trop longtemps asservis d'Europe de l'Est.
Même si de nouvelles entreprises solides ont effectivement été créées sur l’île, les dirigeants politiques ont beaucoup trop misé sur leur nouvelle industrie financière, secret de leur réussite. Pour la première fois de leur histoire, ce secteur magique leur apportait richesse et prospérité.
Le tigre celtique ressemble à présent à un chaton épuisé, hirsute et éclopé. Les Allemands devraient l’entourer de soin et continuer à rendre visite à l’enfant malade. "Cette Irlande existe, avait écrit Heinrich Böll dans son journal. Celui qui s’y rend et ne la trouve pas, ne pourra toutefois pas prétendre à réparation auprès de l’auteur".
mercredi 8 décembre 2010
Nos ancêtres Brian Boru
Le Budget d'austérité a été présenté hier devant le Daìl ? Des têtes vont tomber ? Erin va se fâcher ?
Eh bien, en attendant... les Irlandais comptent leurs ancêtres.
C'est le nouveau passe-temps favori des anciens Tigres celtiques : Qui sommes-nous ? D'où venons-nous? Et (surtout) où allons-nous ?
Sean (encore lui) a envoyé une petite note, hier, au courrier des lecteurs du Irish Times. Elle vaut son pesant de Brian Boru (l'ancêtre commun à tous les Islanders, Grand Roi parmi les rois) :
"Madam, – Congratulations on your excellent “Ancestors” supplement. But I have a problem. When we were celebrating the year 2000, I tried to explain to my grandchildren the process of person to parents to grandparents to greatgrandparents in numbers 2, 4, 8, 16, etc.
One of the bright sparks asked me, how many individual ancestors would he have for the year 1000. Feeling very full of myself and noting that I could introduce a little maths into the discussion, I explained the concept of 2 squared, 2 cubed, etc, and 2 to the power of the number of generations. Taking a generation at 30 years, 2 to the power of 30 for 1000 years ago. Hey presto.
However the same bright spark grabbed his calculator and found that he would need 1.1 million ancestors living in the year 1000 to beget him. As far as I knew the population of Ireland in the year 1000 was around 300,000. He asked me where did the other 700,000 ancestors come from. I was flummoxed
Since then, I have reasoned that an individual could marry twice, and the numbers of required ancestors could be fewer. But I am still wondering. Brian Boru must have been one of the million ancestors. Ryan Tubridy does not have a unique claim! Could a genealogist please help? I must be missing something. – Yours, etc,
Eh bien, en attendant... les Irlandais comptent leurs ancêtres.
C'est le nouveau passe-temps favori des anciens Tigres celtiques : Qui sommes-nous ? D'où venons-nous? Et (surtout) où allons-nous ?
Sean (encore lui) a envoyé une petite note, hier, au courrier des lecteurs du Irish Times. Elle vaut son pesant de Brian Boru (l'ancêtre commun à tous les Islanders, Grand Roi parmi les rois) :
"Madam, – Congratulations on your excellent “Ancestors” supplement. But I have a problem. When we were celebrating the year 2000, I tried to explain to my grandchildren the process of person to parents to grandparents to greatgrandparents in numbers 2, 4, 8, 16, etc.
One of the bright sparks asked me, how many individual ancestors would he have for the year 1000. Feeling very full of myself and noting that I could introduce a little maths into the discussion, I explained the concept of 2 squared, 2 cubed, etc, and 2 to the power of the number of generations. Taking a generation at 30 years, 2 to the power of 30 for 1000 years ago. Hey presto.
However the same bright spark grabbed his calculator and found that he would need 1.1 million ancestors living in the year 1000 to beget him. As far as I knew the population of Ireland in the year 1000 was around 300,000. He asked me where did the other 700,000 ancestors come from. I was flummoxed
Since then, I have reasoned that an individual could marry twice, and the numbers of required ancestors could be fewer. But I am still wondering. Brian Boru must have been one of the million ancestors. Ryan Tubridy does not have a unique claim! Could a genealogist please help? I must be missing something. – Yours, etc,
mardi 7 décembre 2010
Cookies, pizzas et biscuits au cannabis... C'est la crise !
Quelques "Marrackech biscuits", confectionnés avec le "Cannon butter" maison et accompagnés d'un verre de Creme de Gras, voilà qui devrait réconforter les Irlandais - et les aider à avaler la pilule du budget d'austérité dont les détails seront dévoilés aujourd'hui.
L'ingrédient de base pour ce menu de rêve ? Quelques pincées de cannabis...
Un amateur de bons petits plats, père de quatre enfants, louant une maison à Cork, a volontiers admis devant la Cour qu'il avait effectivement cultivé quelques plants de cannabis - sur tout le second étage.
Mais rien à voir avec le vulgaire dealer de base. Lui, le cannabis, il ne s'en sert que pour la fabrication de son beurre, de son vin, de ses pizzas et de ses cookies. Pas question de faire de l'argent avec ça, monsieur le juge.
Son "Alternative pizza" semble d'ailleurs avoir eu un succès certain dans le voisinage. Et toutes ses créations lui ont surtout servi de monnaie d'échange, contre quelques pintes ou quelques menus travaux. Pas plus.
La police locale a précisé que le bon père de famille tenait auparavant une pizzeria dans le coin et que tous, par ici, le tenaient en grande estime.
Le juge a reconnu que ce cuisinier d'un nouveau genre n'était pas un dealer ordinaire, et que l'argent n'était pas sa motivation. Il lui a cependant donné trois ans de prison avec sursis pour "ne pas avoir respecté la loi".
L'ingrédient de base pour ce menu de rêve ? Quelques pincées de cannabis...
Un amateur de bons petits plats, père de quatre enfants, louant une maison à Cork, a volontiers admis devant la Cour qu'il avait effectivement cultivé quelques plants de cannabis - sur tout le second étage.
Mais rien à voir avec le vulgaire dealer de base. Lui, le cannabis, il ne s'en sert que pour la fabrication de son beurre, de son vin, de ses pizzas et de ses cookies. Pas question de faire de l'argent avec ça, monsieur le juge.
Son "Alternative pizza" semble d'ailleurs avoir eu un succès certain dans le voisinage. Et toutes ses créations lui ont surtout servi de monnaie d'échange, contre quelques pintes ou quelques menus travaux. Pas plus.
La police locale a précisé que le bon père de famille tenait auparavant une pizzeria dans le coin et que tous, par ici, le tenaient en grande estime.
Le juge a reconnu que ce cuisinier d'un nouveau genre n'était pas un dealer ordinaire, et que l'argent n'était pas sa motivation. Il lui a cependant donné trois ans de prison avec sursis pour "ne pas avoir respecté la loi".
vendredi 3 décembre 2010
jeudi 2 décembre 2010
Snow, sleet and ice... on oublie tout !
lundi 29 novembre 2010
Moi, survivant du Tigre celtique
Un écrivain irlandais maudit installé à Berlin témoigne sur son époque Tigre celtique. Ils étaient peu nombreux à avoir compris - et ils ont préféré partir... ou se taire.
Un article paru dans le Times du 26 novembre - et traduit par Presseurop :
L’écrivain irlandais Julian Gough a traversé les années du Tigre celtique en ne vivant guère que d’amour et d’eau fraîche. Il est aujourd’hui installé à Berlin, et voici le récit de son existence à l’époque, lui qui était sceptique (et fauché) tandis que le reste du pays basculait dans la fièvre immobilière qui a fini par le ruiner.
"En Irlande, du temps de la prospérité, il fallait vraiment travailler dur pour éviter de gagner de l’argent. J’y suis arrivé en devenant auteur de romans impopulaires. Ma moitié, elle, y est parvenue en devenant artiste. Nos amis faisaient du fric, nous faisions de l’art. C’était parfait. Après tout, un écrivain irlandais a le devoir sacré d’être en décalage complet avec son pays.
Mais passé l’an 2000, ce qui avait été un boom incontestable s’est transformé en bulle immobilière qui a fait perdre aux gens le sens des réalités. Très vite, le Irish Times s’est retrouvé affublé d’un supplément d’annonces immobilières plus épais que lui. Mes amis ont commencé à acheter des maisons toujours plus chères. La dette a explosé, mais les médias préféraient parler de prospérité.
Le seul journaliste financier irlandais à analyser clairement le phénomène fut David McWilliams. L’économiste Morgan Kelly écrivit un article étonnant où il disséquait toutes les bulles immobilières de l’histoire. L’Irlande avait fait tout ce qu’il ne fallait pas, au centuple. Le pays était totalement plumé. Je l’ai envoyé à tous mes amis. Je vivais encore à Galway, dans l’ouest, alors qu’eux tous s’étaient installés à Dublin, cœur palpitant du Tigre celte.
Ils n’ont rien voulu savoir. J’avais tort. Après tout, ils ne cessaient de s’enrichir pendant que moi, j’étais chaque jour un peu plus pauvre. La nation entière s’était pris une cuite, et parler de bulle pouvait susciter des réactions agressives.
Bertie Ahern, le Premier ministre irlandais de l’époque, fit un discours télévisé où il attaqua les gens comme Kelly et McWilliams qu’il accusa de “rester sur la touche à pester et à geindre … Je ne sais pas comment les gens qui font ça ne finissent pas par se suicider.” La foule rit et applaudit.
Le champagne coulait comme de la bière
Pendant ce temps, nos amis ont commencé à avoir des enfants, et à déménager dans de plus grandes maisons. Mais ils gardaient leurs maisons précédentes. J’étais perplexe. L’investissement ne suit-il pas deux règles d’or ? Il faut diversifier son portefeuille, et ne pas emprunter pour spéculer ? Or, les banques irlandaises s’étaient mises à conseiller au salarié lambda de jouer à quitte ou double en contractant deux énormes hypothèques.
En Irlande, une conversation sur deux portait désormais sur l’immobilier. Les gens prenaient leur weekend pour aller acheter des appartements en Bulgarie. Dans la vitrine de notre agent immobilier local, on trouvait des publicités pour des logements au Portugal. Mais mes amis ne me parlaient plus d’immobilier, ni de bulle, et ils s’énervaient quand j’évoquais le sujet. Du reste, nous ne nous fréquentions plus tant que ça.
Peu à peu, j’ai eu la sensation d’être comme un passager de troisième classe sur le Titanic, qui a vu l’iceberg ouvrir une brèche tout le long de la coque et qui vient de courir à l’étage jusqu’à la salle de bal pour donner l’alerte … et tout le monde continue à danser pendant que le brave homme est poliment raccompagné à l’extérieur. Parce qu’à ce moment-là en Irlande, si vous n’étiez pas propriétaire et que vous ne gagniez pas d’argent, vous étiez en troisième classe.
Les loyers, les prix, la consommation de cocaïne … tout faisait des bulles qui enflaient en moussant. Un soir, dans l’hôtel de Bono, ma compagne et moi avons eu une révélation en regardant nos amis commander négligemment des bouteilles de champagne médiocre à 90 euros pièce comme ils consommaient autrefois des bières. Quelqu’un a lancé : “Bah, on n’aura qu’à partager à la fin.”
Mon aimée et moi nous sommes regardés. A nous deux, nous avions dix euros, et nous avions prévu de faire durer notre eau gazeuse toute la soirée. Nous étions en retard pour le loyer. Nous avons présenté nos excuses, leur avons laissé nos dix euros, et nous sommes partis. L’Irlande était devenue une nation de propriétaires sans même s’en apercevoir. Et nous n’étions que des locataires.
L'ascension sans fin des prix de l'immobilier
J’ai terminé mon étrange roman sur l’Irlande moderne. Les méchants étaient un promoteur immobilier et un ancien Premier ministre. On peut s’en douter, aucun éditeur n’en a voulu. Ce livre était tout simplement absurde ! Les prix de l’immobilier avaient triplé en dix ans. Nous étions riches. L’histoire était finie, l’Irlande avait gagné, merci de la fermer.
Peu après avoir essuyé ses refus, nous nous sommes trouvés à court d’argent, notre fille est née et nous avons été expulsés le jour du Nouvel An 2006. Notre propriétaire, tigresse celte, était quelqu’un de charmant, mais elle avait pris une double hypothèque sur la maison pour acheter d’autres logements. Elle ne pouvait se permettre de baisser le loyer ; déjà, ce dernier était loin de suffire à couvrir l’hypothèque. Mais peu importait, puisque les prix de l’immobilier étaient voués à une ascension sans fin.
Nous avions encore quelques bons amis, même si nous ne les voyions jamais. Un couple qui travaillait dans la banque nous a trouvé une maison à Dublin dont le loyer était deux fois moindre que le prix du marché. Mais la prospérité continuait de prospérer, et bien vite, nous n’avons même plus été en mesure de payer la moitié d’un loyer irlandais.
L’amie d’un ami, à Los Angeles, nous a proposé sa maison, dans un village en France, sans loyer à payer. Nous avons émigré pour 50 cents chacun à bord de Ryanair. Nous avons pris deux sacs à dos, tout ce qu’une marmite contenait comme objets de valeur, et un ordinateur portable. En Irlande, nous avions traversé les années de misère et de chômage, mais nous n’avions pas pu survivre au boom.
La maison était minuscule, adorable, et à quatre kilomètres de la boutique la plus proche. Nous y allions avec la poussette, à travers des champs de lavande et de blé. Tandis qu’en Irlande, la prospérité atteignait son paroxysme, nous, fauchés que nous étions, nous chantions et savourions des pique-niques sous un chêne. Puis un éditeur a acheté mon livre.
Nous nous sommes déniché un foyer parmi tous les autres artistes sans le sou qui gravitent à Berlin, ville ruinée, bon marché. Un fonctionnaire a épluché nos déclarations irlandaises de revenus. Notre revenu se situait très, très en dessous du salaire minimum ; en dessous des allocations chômage. Il a sifflé et a dit : “Sie leben auf Liebe und Luft.” Vous vivez d’amour et d’eau fraîche.
Ils étaient condamnés mais ne le savaient pas
Un an plus tard, j’ai remporté le BBC National Award pour une nouvelle télescopant le Fianna Fáil, le parti au pouvoir en Irlande, et Le magicien d’Oz. Les gens pensaient qu’il s’agissait d’une comédie. On m’a invité à participer au plus grand talk show d’Irlande. Une limousine surdimensionnée est venue nous chercher à l’aéroport et nous a déposés dans un hôtel cinq étoiles flambant neuf, construit grâce à des allègements fiscaux par des promoteurs partisans du Fianna Fáil.
Ce soir-là, quand on m’a demandé pourquoi j’avais quitté l’Irlande, le petit pays le plus riche d’Europe, j’ai raconté l’histoire ci-dessus. Et j’ai ajouté que le boom sur l’immobilier était factice. Que c’était comme si j’assistais au déferlement d’une étrange religion sur toute la nation, comme si les gens montraient des maisons et disaient : "Vous voyez cette maison ? Elle vaut cinq millions d’euros.” Sauf qu’elle ne les valait pas, ai-je conclu.
Et, dans le silence glacial du studio, j’ai compris qu’ici, tout le monde avait investi dans l’immobilier et prévoyait d’investir encore. Que tous avaient hypothéqué leur logement pour acheter à leurs enfants une maison qui, bientôt, ne vaudrait pratiquement rien. Ils étaient condamnés mais ne le savaient pas. Un quart de la population me fixait. Je crois que jamais je ne me suis senti aussi seul.
Il m’arrive de revenir au pays à quelques reprises dans l’année, et j’y retrouve mes amis, à chaque fois dans un restaurant de moins en moins cher. Moi, je suis toujours fauché, mais maintenant, au moins, je peux payer ma part de l’addition. Et nous ne parlons toujours pas d’immobilier."
mardi 23 novembre 2010
Plus ça change... plus c'est pareil !
Paul Brady a écrit cette chanson en 1981, à une époque où le taux de chômage atteignait 19 p.cent de la population irlandaise.
A une époque où les Irlandais n'avaient d'autres choix que de s'exiler pour survivre - toutes générations confondues.
Le Tigre celtique n'est plus... Les Irlandais retrouvent le chemin de l'exil. Ils ont déjà commencé à partir. Plus ça change... plus c'est pareil !
NB : Merci à James de Paris.
lundi 15 novembre 2010
Crise ? Qu'ils mangent du fromage !
C'est la crise ? Le budget d'austérité (dévoilé en décembre) sera terrifiant ? Qu'importe ! Les Irlandais pourront toujours manger du fromage - irlandais, bien sûr.
C'est ce qu'a fièrement claironné, la semaine dernière, le gouvernement irlandais en annonçant qu'une cinquantaine de tonnes de cheddar irlandais sera distribuée, pour Noél, aux plus démunis.
"Free cheese for the needy", a ainsi triomphé le ministre de l'Agriculture, Brendan Smith, alors qu'il refusait d'annoncer la date de publication du plan d'austérité - qui doit s'étaler sur quatre ans.
Selon le Irish Times, le gouvernement retarderait cette publication en raison de l'élection législative partielle du 25 novembre. Mais ce n'est, of course, qu'une supposition.
L'Irlande, dont le déficit atteindra cette année 32 p.cent du PIB grâce au programme de renflouement des banques, prévoit six milliards d'euros de réductions de dépenses et de hausse d'impôts dans le budget 2011. Le gouvernement irlandais veut ainsi ramener le déficit public à environ 9,5 p.cent du PIB.
En résumé, les Irlandais n'ont pas à se plaindre puisqu'ils auront toujours du cheddar pour Noél.
Comme le Irish Times le souligne, quelqu'un, au gouvernement, a donc pensé, d'un seul coup d'un seul, que, bon sang mais c'est bien sûr... Marie-Antoinette ! "Jesus... cheesus... cheeses... cheese... that’s it. Cheese! Let them eat cheese!"
Et la journaliste du Irish Times de conclure : "Et s'il y avait eu aussi du vin gratuit dans la distribution - ce qu'il n'y a pas - l'expert "vin" du Irish Times vous aurait recommandé un verre de chateauneuf-du-pape pour accompagner votre cheddar Coalition."
vendredi 5 novembre 2010
Qualité de la vie en Irlande : 5e rang mondial
Depuis 1990, le Rapport sur le développement humain conduit sous l'égide des Nations Unies, publie l'Indice de développement humain (IDH), alternative aux mesures conventionnelles de développement - telles que le niveau de revenus et le taux de croissance économique.
L'IDH est une définition plus large du bien-être et fournit une mesure avec trois dimensions de base du développement humain : la santé, l'éducation et le revenu.
Ainsi, en 2010, l'Irlande se range en 5e position dans le classement mondial conduit par les Nations Unies.
L'Irlande arrive juste après la Norvège, l'Australie, la Nouvelle Zélande et les Etats-Unis pour la qualité de la vie. La France arrive en 14e position.
L'IDH de l'Irlande est 0.895. Les tendances de l'IDH dressent un tableau important aux niveaux national et régional et soulignent les écarts en matière de bien-être et de potentialités.
Cependant, l'Irlande ne brille guère en ce qui concerne l'égalité des genres pour laquelle elle ne se montre qu'en 29e position.
Mais, les Irlandais seront heureux d'apprendre que leur pays est toujours vu comme un endroit où il fait bon vivre.
Surtout après l'annonce, hier soir, d'un nouveau budget qui prévoit d'économiser non pas 2, non pas 4 mais bien 6 milliards d'euros cette année.
Mais tous les espoirs sont permis : selon le dernier rapport de la Banque mondiale, l'Irlande se place toujours au 9e rang des 183 pays de son classement pour l'investissement des entreprises.
Haut les coeurs !
Site web du Développement Humain des Nations unies : UNDP
L'IDH est une définition plus large du bien-être et fournit une mesure avec trois dimensions de base du développement humain : la santé, l'éducation et le revenu.
Ainsi, en 2010, l'Irlande se range en 5e position dans le classement mondial conduit par les Nations Unies.
L'Irlande arrive juste après la Norvège, l'Australie, la Nouvelle Zélande et les Etats-Unis pour la qualité de la vie. La France arrive en 14e position.
L'IDH de l'Irlande est 0.895. Les tendances de l'IDH dressent un tableau important aux niveaux national et régional et soulignent les écarts en matière de bien-être et de potentialités.
Cependant, l'Irlande ne brille guère en ce qui concerne l'égalité des genres pour laquelle elle ne se montre qu'en 29e position.
Mais, les Irlandais seront heureux d'apprendre que leur pays est toujours vu comme un endroit où il fait bon vivre.
Surtout après l'annonce, hier soir, d'un nouveau budget qui prévoit d'économiser non pas 2, non pas 4 mais bien 6 milliards d'euros cette année.
Mais tous les espoirs sont permis : selon le dernier rapport de la Banque mondiale, l'Irlande se place toujours au 9e rang des 183 pays de son classement pour l'investissement des entreprises.
Haut les coeurs !
Site web du Développement Humain des Nations unies : UNDP
mardi 2 novembre 2010
Grèves de France vues d'Irlande
Les grèves en France sont et resteront toujours un mystère pour la plupart des Irlandais.
Les grands medias de la République s'efforcent d'en rendre compte en toute impartialité mais, parfois, leurs chroniqueurs laissent échapper une opinion que la grande majorité de leurs concitoyens partagent - et avec eux une partie des Anglo-Saxons de par le monde.
Ainsi, le Sunday Business Post a publié, ce week end, une chronique de Jennifer O'Connell dans laquelle elle décrit les grèves françaises comme de simples manifestations d'émotions et de theâtralité. Des manifestations qui prennent l'allure, chez certains dit-elle, d'une addiction.
Elle poursuit en rappelant que chaque jour de grève coûte au pays plusieurs millions d'euros et finit par se demander si le résultat en vaut bien la chandelle.
Sa conclusion : les Irlandais ont bien raison de ne pas suivre cet exemple et ont bien assez à faire avec le remboursement des dettes de leurs banques et de celle de l'Etat !
Une conclusion somme toute assez "irlandaise"...
Les grands medias de la République s'efforcent d'en rendre compte en toute impartialité mais, parfois, leurs chroniqueurs laissent échapper une opinion que la grande majorité de leurs concitoyens partagent - et avec eux une partie des Anglo-Saxons de par le monde.
Ainsi, le Sunday Business Post a publié, ce week end, une chronique de Jennifer O'Connell dans laquelle elle décrit les grèves françaises comme de simples manifestations d'émotions et de theâtralité. Des manifestations qui prennent l'allure, chez certains dit-elle, d'une addiction.
Elle poursuit en rappelant que chaque jour de grève coûte au pays plusieurs millions d'euros et finit par se demander si le résultat en vaut bien la chandelle.
Sa conclusion : les Irlandais ont bien raison de ne pas suivre cet exemple et ont bien assez à faire avec le remboursement des dettes de leurs banques et de celle de l'Etat !
Une conclusion somme toute assez "irlandaise"...
lundi 1 novembre 2010
Test de paternité
Un laboratoire de tests génétiques basé à Dublin, le Ormond Quay Paternity Services (OQPS), a révélé, en mars 2008, que le nombre de demandes de tests en paternité explosait en République d'Irlande. Et la tendance ne s'est pas inversée, bien au contraire.
Selon le OQPS, le nombre de tests a augmenté de 80 % au cours des trois premiers mois de l'année 2008, comparé avec les mêmes mois de l'année 2007.
Les chiffres publiés ont révélé jusqu'à 35 % de tests négatifs. Un père sur trois n'est donc pas le père biologique.
Le OQPS a tenté d'expliquer ces résultats par la culture - poussée loin dans ses limites - du "binge drinking" .
Un phénomène qui fait des ravages en Irlande et en Grande-Bretagne chez les adolescents et jeunes adultes - phénomène qui semble d'ailleurs gagner maintenant la France.
Ingurgiter le plus d'alcool possible en un minimum de temps, dans le seul but d'être ivre-mort, est devenu le must pour une jeunesse (peut-être) un peu perdue.
Et les filles ne sont pas en reste. En une soirée, elles peuvent boire plus de quatre verres de vodka, whisky et/ou autre alcool fort. Sans oublier les pintes de Guinness.
Les conséquences peuvent parfois être dramatiques : viols, violences, comas éthylique.
Et parfois surprenantes : un ou une partenaire dont on ne se souvient pas, une fois les effets de l'alcool dissipés.
Et neuf mois plus tard, un rendez-vous pour un test de paternité.
Selon le OQPS, le nombre de tests a augmenté de 80 % au cours des trois premiers mois de l'année 2008, comparé avec les mêmes mois de l'année 2007.
Les chiffres publiés ont révélé jusqu'à 35 % de tests négatifs. Un père sur trois n'est donc pas le père biologique.
Le OQPS a tenté d'expliquer ces résultats par la culture - poussée loin dans ses limites - du "binge drinking" .
Un phénomène qui fait des ravages en Irlande et en Grande-Bretagne chez les adolescents et jeunes adultes - phénomène qui semble d'ailleurs gagner maintenant la France.
Ingurgiter le plus d'alcool possible en un minimum de temps, dans le seul but d'être ivre-mort, est devenu le must pour une jeunesse (peut-être) un peu perdue.
Et les filles ne sont pas en reste. En une soirée, elles peuvent boire plus de quatre verres de vodka, whisky et/ou autre alcool fort. Sans oublier les pintes de Guinness.
Les conséquences peuvent parfois être dramatiques : viols, violences, comas éthylique.
Et parfois surprenantes : un ou une partenaire dont on ne se souvient pas, une fois les effets de l'alcool dissipés.
Et neuf mois plus tard, un rendez-vous pour un test de paternité.
vendredi 22 octobre 2010
Collection Sean Sexton : l'Irlande en photos de 1850 à 1945
Une exposition de photographies anciennes se tient actuellement au Musée de la photographie, à Dublin.
Le collectionneur irlandais Sean Sexton y présente une partie de sa splendide collection de photos - dont les plus anciennes remontent aux années 1850.
L'Irlande d'avant le boom immobilier et financier, d'avant les années fastes, nous regarde, émergeant d'un passé pas si lointain.
Et on peut entrevoir, peut-être, grâce à ces quelques clichés présentés ici, les racines de la folie collective qui a emporté les Irlandais dans un tourbillon de consommation effrénée, pendant un peu plus de dix ans - les années folles du Tigre celtique.
Laboureur irlandais - vers 1855
Ouvrier irlandais vers 1900
>
Expulsion de fermiers - county Donegal vers 1881. Les expulsions survenaient suite aux impayés des fermiers qui assistaient à la destruction de leur maison par l'armée.
Agents du duc de Devonshire - vers 1853
Soldats britanniques dans une ville du county Cork - 1920
Intérieur d'une maison de Claddagh - 1930
">
Enfants de Galway - 1930
Le collectionneur irlandais Sean Sexton y présente une partie de sa splendide collection de photos - dont les plus anciennes remontent aux années 1850.
L'Irlande d'avant le boom immobilier et financier, d'avant les années fastes, nous regarde, émergeant d'un passé pas si lointain.
Et on peut entrevoir, peut-être, grâce à ces quelques clichés présentés ici, les racines de la folie collective qui a emporté les Irlandais dans un tourbillon de consommation effrénée, pendant un peu plus de dix ans - les années folles du Tigre celtique.
Laboureur irlandais - vers 1855
Ouvrier irlandais vers 1900
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Expulsion de fermiers - county Donegal vers 1881. Les expulsions survenaient suite aux impayés des fermiers qui assistaient à la destruction de leur maison par l'armée.
Agents du duc de Devonshire - vers 1853
Soldats britanniques dans une ville du county Cork - 1920
Intérieur d'une maison de Claddagh - 1930
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Enfants de Galway - 1930
dimanche 17 octobre 2010
Irlande et Irlandais - photos par Tom Szustek
Le photographe Tom Szustek, né en Pologne, fait actuellement un travail remarquable sur l'Irlande - la vraie, celle dont on avait oublié un peu vite l'existence, éblouis que nous étions tous devant les paillettes jetées aux yeux du monde par les "nouveaux riches" (en français dans le texte) du Tigre celtique.
Voici quelques diaporamas de cet artiste - qui a déjà illustré mon post précédent :
Les Liberties - Dublin
Irlande
Samedi soir à Temple Bar - Dublin
Marché irlandais
Voici quelques diaporamas de cet artiste - qui a déjà illustré mon post précédent :
Les Liberties - Dublin
Irlande
Samedi soir à Temple Bar - Dublin
Marché irlandais
lundi 11 octobre 2010
L'Irlande en crise et en images
La crise économique et financière en Irlande, tout le monde connaît maintenant. Cela en fait sourire certains. D'autres compatissent. Et les Irlandais paient les pots cassés - par les financiers, les investisseurs et les banques.
Irlande en crise
Près d'un demi-million de chômeurs, depuis le début de la crise en 2007, sur une population d'à peine 4 millions d'habitants : près d'un actif sur 7. Les budgets d'austérité qui se succèdent, les taxes qui augmentent (on parle d'une TVA à plus de 21 p.cent sur tous les produits), les allocations familiales et indemnités chômage qui se réduisent comme peau de chagrin, les Irlandais sont à la peine - et cela commence à se voir.
Ils sont de plus en plus nombreux à ne plus renouveler leur contrats d'assurance-santé privée - qui reste indispensable dans un pays où l'Etat ne rembourse que la portion plus que congrue des frais médicaux.
La plupart d'entre eux se retrouvent piégés par une maison ou un appartement achetés en plein boom économique - à une époque où les prix de l'immobilier explosaient littéralement.
Conséquence, après l'éclatement de la bulle immobilière irlandaise : des ménages se retrouvent à rembourser des propriétés qui ne valent même pas la moitié de la valeur du prix payé.
Sans oublier le drame des ghost estates construits par des entrepreneurs qui ont fait faillite avec la récession et dont les lots vendus sur plan ne seront jamais achevés.
La semaine dernière à Dublin, un Salon de l'Emigration a fait salle comble. Les Irlandais renouent avec leur vieille tradition et se tournent vers l'Australie, l'Afrique du Sud ou le Canada. Les travailleurs de l'Est sont déjà repartis depuis longtemps en laissant l'Irlande et son chômage loin derrière eux.
Le nouveau budget d'austérité, prévu fin décembre et soutenu par Bruxelles, qui prévoit plus de 4 milliards d'économies, fait craindre à certains cercles haut placés des "réactions sociales" - encore minoritaires dans le pays.
L'allusion même à d'éventuelles "réactions sociales" en Irlande montre combien la crise est profonde dans ce pays.
Une certaine image de l'Irlande
Diaporamas du photographe Tom Szusteck
Irlande en crise
Près d'un demi-million de chômeurs, depuis le début de la crise en 2007, sur une population d'à peine 4 millions d'habitants : près d'un actif sur 7. Les budgets d'austérité qui se succèdent, les taxes qui augmentent (on parle d'une TVA à plus de 21 p.cent sur tous les produits), les allocations familiales et indemnités chômage qui se réduisent comme peau de chagrin, les Irlandais sont à la peine - et cela commence à se voir.
Ils sont de plus en plus nombreux à ne plus renouveler leur contrats d'assurance-santé privée - qui reste indispensable dans un pays où l'Etat ne rembourse que la portion plus que congrue des frais médicaux.
La plupart d'entre eux se retrouvent piégés par une maison ou un appartement achetés en plein boom économique - à une époque où les prix de l'immobilier explosaient littéralement.
Conséquence, après l'éclatement de la bulle immobilière irlandaise : des ménages se retrouvent à rembourser des propriétés qui ne valent même pas la moitié de la valeur du prix payé.
Sans oublier le drame des ghost estates construits par des entrepreneurs qui ont fait faillite avec la récession et dont les lots vendus sur plan ne seront jamais achevés.
La semaine dernière à Dublin, un Salon de l'Emigration a fait salle comble. Les Irlandais renouent avec leur vieille tradition et se tournent vers l'Australie, l'Afrique du Sud ou le Canada. Les travailleurs de l'Est sont déjà repartis depuis longtemps en laissant l'Irlande et son chômage loin derrière eux.
Le nouveau budget d'austérité, prévu fin décembre et soutenu par Bruxelles, qui prévoit plus de 4 milliards d'économies, fait craindre à certains cercles haut placés des "réactions sociales" - encore minoritaires dans le pays.
L'allusion même à d'éventuelles "réactions sociales" en Irlande montre combien la crise est profonde dans ce pays.
Une certaine image de l'Irlande
Diaporamas du photographe Tom Szusteck
vendredi 8 octobre 2010
Spencer Tunick et ses nus irlandais
Installation Spencer Tunick à Cork
Spencer Tunick, né en 1967 aux Etats-Unis, est maintenant connu pour ses célèbres installations de foules humaines nues posant dans un environnement urbain ou rural.
Les personnes exposées sont (heureusement) toutes volontaires et non rémunérées.
En 2008, il a posé ses objectifs en Irlande où, à sa grande surprise, les volontaires se sont déplacés en foule pour participer à cette nouvelle expérience.
Et se mettre nu en Irlande, dehors, même en juin, relève vraiment de l'exploit.
La première installation a eu lieu le 17 juin 2008 à Cork. Malgré des températures en baisse, plus de 1.000 personnes s'étaient déplacées.
Spencer Tunick s'est dit très surpris de voir autant de volontaires irlandais, hommes et femmes, se dénuder devant lui. La plupart d'entre eux s'étaient inscrits plusieurs semaines avant l'événement et n'auraient surtout pas voulu manquer un tel événement.
La deuxième installation a eu lieu à Dublin, le 21 juin. La pluie était présente, tombant en rafales. Mais tous les volontaires ont répondu présents à l'appel - sur le sable fin de la plage du sud de Dublin. Température : 12 degrés.
A Dublin
Spencer Tunick avait déjà procédé à une installation de corps nus à Lyon en 2005. Son travail l'a notamment conduit au Chili, au Mexique, à Bruges et à Barcelonne.
Website de Spencer Tunick
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