vendredi 22 octobre 2010

Collection Sean Sexton : l'Irlande en photos de 1850 à 1945

Une exposition de photographies anciennes se tient actuellement au Musée de la photographie, à Dublin.

Le collectionneur irlandais Sean Sexton y présente une partie de sa splendide collection de photos - dont les plus anciennes remontent aux années 1850.

L'Irlande d'avant le boom immobilier et financier, d'avant les années fastes, nous regarde, émergeant d'un passé pas si lointain.

Et on peut entrevoir, peut-être, grâce à ces quelques clichés présentés ici, les racines de la folie collective qui a emporté les Irlandais dans un tourbillon de consommation effrénée, pendant un peu plus de dix ans - les années folles du Tigre celtique.



Laboureur irlandais - vers 1855


Ouvrier irlandais vers 1900

>
Expulsion de fermiers - county Donegal vers 1881. Les expulsions survenaient suite aux impayés des fermiers qui assistaient à la destruction de leur maison par l'armée.




Agents du duc de Devonshire - vers 1853



Soldats britanniques dans une ville du county Cork - 1920




Intérieur d'une maison de Claddagh - 1930

">
Enfants de Galway - 1930

dimanche 17 octobre 2010

Irlande et Irlandais - photos par Tom Szustek

Le photographe Tom Szustek, né en Pologne, fait actuellement un travail remarquable sur l'Irlande - la vraie, celle dont on avait oublié un peu vite l'existence, éblouis que nous étions tous devant les paillettes jetées aux yeux du monde par les "nouveaux riches" (en français dans le texte) du Tigre celtique.

Voici quelques diaporamas de cet artiste - qui a déjà illustré mon post précédent :

Les Liberties - Dublin

Irlande

Samedi soir à Temple Bar - Dublin

Marché irlandais

lundi 11 octobre 2010

L'Irlande en crise et en images

La crise économique et financière en Irlande, tout le monde connaît maintenant. Cela en fait sourire certains. D'autres compatissent. Et les Irlandais paient les pots cassés - par les financiers, les investisseurs et les banques.

Irlande en crise

Près d'un demi-million de chômeurs, depuis le début de la crise en 2007, sur une population d'à peine 4 millions d'habitants : près d'un actif sur 7. Les budgets d'austérité qui se succèdent, les taxes qui augmentent (on parle d'une TVA à plus de 21 p.cent sur tous les produits), les allocations familiales et indemnités chômage qui se réduisent comme peau de chagrin, les Irlandais sont à la peine - et cela commence à se voir.

Ils sont de plus en plus nombreux à ne plus renouveler leur contrats d'assurance-santé privée - qui reste indispensable dans un pays où l'Etat ne rembourse que la portion plus que congrue des frais médicaux.

La plupart d'entre eux se retrouvent piégés par une maison ou un appartement achetés en plein boom économique - à une époque où les prix de l'immobilier explosaient littéralement.

Conséquence, après l'éclatement de la bulle immobilière irlandaise : des ménages se retrouvent à rembourser des propriétés qui ne valent même pas la moitié de la valeur du prix payé.

Sans oublier le drame des ghost estates construits par des entrepreneurs qui ont fait faillite avec la récession et dont les lots vendus sur plan ne seront jamais achevés.

La semaine dernière à Dublin, un Salon de l'Emigration a fait salle comble. Les Irlandais renouent avec leur vieille tradition et se tournent vers l'Australie, l'Afrique du Sud ou le Canada. Les travailleurs de l'Est sont déjà repartis depuis longtemps en laissant l'Irlande et son chômage loin derrière eux.

Le nouveau budget d'austérité, prévu fin décembre et soutenu par Bruxelles, qui prévoit plus de 4 milliards d'économies, fait craindre à certains cercles haut placés des "réactions sociales" - encore minoritaires dans le pays.

L'allusion même à d'éventuelles "réactions sociales" en Irlande montre combien la crise est profonde dans ce pays.

Une certaine image de l'Irlande


Diaporamas du photographe Tom Szusteck

vendredi 8 octobre 2010

Spencer Tunick et ses nus irlandais


Installation Spencer Tunick à Cork

Spencer Tunick, né en 1967 aux Etats-Unis, est maintenant connu pour ses célèbres installations de foules humaines nues posant dans un environnement urbain ou rural.

Les personnes exposées sont (heureusement) toutes volontaires et non rémunérées.

En 2008, il a posé ses objectifs en Irlande où, à sa grande surprise, les volontaires se sont déplacés en foule pour participer à cette nouvelle expérience.

Et se mettre nu en Irlande, dehors, même en juin, relève vraiment de l'exploit.

La première installation a eu lieu le 17 juin 2008 à Cork. Malgré des températures en baisse, plus de 1.000 personnes s'étaient déplacées.

Spencer Tunick s'est dit très surpris de voir autant de volontaires irlandais, hommes et femmes, se dénuder devant lui. La plupart d'entre eux s'étaient inscrits plusieurs semaines avant l'événement et n'auraient surtout pas voulu manquer un tel événement.

La deuxième installation a eu lieu à Dublin, le 21 juin. La pluie était présente, tombant en rafales. Mais tous les volontaires ont répondu présents à l'appel - sur le sable fin de la plage du sud de Dublin. Température : 12 degrés.


A Dublin

Spencer Tunick avait déjà procédé à une installation de corps nus à Lyon en 2005. Son travail l'a notamment conduit au Chili, au Mexique, à Bruges et à Barcelonne.

Website de Spencer Tunick

jeudi 30 septembre 2010

Où sont les lézards en Irlande ?


La légende veut que saint Patrick ait chassé les serpents hors des terres irlandaises lorsqu'il est venu du pays de Galles pour christianiser les contrées celtes.

Personne, ici, ne penserait à expliquer le phénomène par le manque de soleil voire de chaleur. Cette idée semblerait même totalement incongrue à tout esprit irlandais.

Mais il semblerait que le saint ait oublié dans sa chasse un autre reptile. Il s'agit même de l'unique reptile "indigène" d'Irlande : le lézard gris.

Une étude menée par le National Common Lizard avec le Irish Wild Trust, dont les résultats ont été publiés en 2008, montre que le Lacerta Vivipara (ou lézard commun) a été vu partout en République d'Irlande - sauf dans trois comtés.

La raison pour laquelle sa présence n'a pas été signalée dans ces trois comtés (Westmeath, Laois et Monaghan) semble liée au manque d'attrait touristique de ces régions , et donc au manque de marcheurs. La présence des lézards a très bien pu ne pas être remarquée.

Tout le contraire des montagnes de Wicklow qui attirent les touristes grâce à leur site de Glendalough - et les lézards grâce à leurs tourbières.

Selon Sean Meehan, qui a coordonné l'étude pour le Irish Wild Trust, les tourbières sont l'habitat préféré du lézard irlandais qui y trouverait, selon lui, assez d'espace, d'insectes et de pierrailles pour sa survie en terre celtique.

mercredi 22 septembre 2010

Match France-Irlande... 1931 ! Retour vers le futur


Rugby : France Irlande 1931
Uploaded by Frederic. - Discover the latest sports and extreme videos.




Le véritable match France-Irlande joué... en 1931 !

France : 3 - Irlande : 0

L'Irlande passe le test des marchés

L'Irlande a passé, mardi, haut la main le test sur ses capacités à faire face à la crise économique qui ravage le pays depuis deux ans. Après les rumeurs lancées par un article du Irish Independent sur une possible demande d'aide au FMI, l'Etat irlandais s'est décidé à prouver que le pays avait toujours les capacités de réaction et de contrôle de la situation - du moins, à court terme.

L'article du Irish Independent, basé sur une note d'étude de la Barclays sur la situation irlandaise, ayant affolé les marchés financiers et répandu le doute, au sein de l'Union européenne, sur la solvabilité même de l'Etat, le Trésor irlandais a donc levé, hier, 1,5 milliard d'euros - alors même que l'Etat n'avait nul besoin d'un tel apport de liquidités dans l'immédiat. L'opération avait valeur de test dans le but évident de prouver au reste du monde que l'Irlande n'avait pas - encore - besoin de l'aide extérieure.

L'opération a été un succès. Le pays a réussi à vendre de sa dette dès l'ouverture. Mais un succès payé très cher car les taux d'intérêt se sont envolés : 6 p.cent sur 8 ans.

Après trois budgets de rigueur en deux ans, des diminutions de salaires pouvant aller jusqu'à 13 p.cent pour les fonctionnaires, des coupes claires dans les allocations familiales et les indemnités de chômage, le prix à payer pour prouver la solvabilité du pays au reste du monde est difficile à accepter pour une population déjà étranglée par la montée du chômage (13, 8 p.cent) et les mensualités des prêts immobiliers dont les intérêts n'en finissent pas d'augmenter.

Mais les spécialistes se montrent rassurant en soulignant que cette émission a suscité trois fois plus de demandes que d’offres - ce qui est un record.

Natixis souligne même que "l’Irlande reste certes fragilisée à court terme et peut encore voir ses taux augmenter, mais elle ne risque pas le défaut de paiement, car elle mène une politique budgétaire crédible et rigoureuse, avec une trajectoire drastique de réduction des déficits, qui atteignent 14 % du PIB aujourd’hui"

Il n'en reste pas moins que l'Irlande n'avait certes pas besoin de ces rumeurs déstabilisantes pour gérer au mieux le sauvetage de son économie et de ses finances, déjà torpillé par le désastre de son secteur bancaire.

mercredi 15 septembre 2010

La Fondation Mary Robinson - Climate Justice est lancée



Mary Robinson a annoncé, hier soir, le lancement d’une nouvelle fondation dont l’objectif principal sera de mettre les droits humains au centre de l’agenda sur les changements climatiques.

La Fondation se préoccupera en priorité de centrer les politiques concernant le changement climatique sur la justice, l’égalité et le développement durable. Elle s’efforcera de promouvoir dans le monde un plan de justice-climat - ou “justice climatique”.

La nouvelle fondation portera - en toute logique - le nom de Mary Robinson Foundation – Climate Justice (MRFCJ).

Mary Robinson a été la première femme présidente de la République d'Irlande - du 3 décembre 1990 au 12 septembre 1997. Elle fut ensuite Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme de 1997 à 2002.

Depuis 2007, elle fait partie du groupe des Global Elders, créé par Nelson Mandela afin de promouvoir la paix et les droits de l'homme dans le monde.

Elle est actuellement présidente de Realizing Rights : The Ethical Globalization Initiative

La Fondation Mary Robinson-Climate Justice souligne le besoin de prendre conscience, par le biais de l’éducation et la volonté politique, du nécessaire changement dans les rapports de force et de développement entre les peuples, à travers le monde.

La porte-parole de la nouvelle fondation précise même à ce sujet que l’”Irlande est bien placée pour jouer un rôle de leader en ce domaine".

MRFCJ affirme ainsi sa volonté d'être au centre de ce nouveau défi majeur du 21e siècle.

Fonctionnant grâce à des donations privées, la fondation bénéficie également du support d’organisations philanthropiques comme la Fondation Rockefeller ou la Fondation Nduna and Skoll, aux Etats-Unis, et de la One Foundation ou de Virgin Unite en Irlande.

mardi 14 septembre 2010

Les bébés des Magdalena Sisters parlent enfin

Les bébés des jeunes femmes envoyées de force dans les couvents des Magdalena Sisters, des années 1930 à la fin des années 1990 en Irlande, parlent enfin.

Ils ont dans les 40, 50 ou 60 ans maintenant - et ils parlent au nom de leur mère. La parole se libère ; les coeurs aussi.

En 2009, l'un de ces enfants oubliés d'Irlande a écrit une lettre très émouvante dans le courrier des lecteurs du Irish Times.

Après avoir écouté une série radiophonique traitant du sujet des Magdalena Sisters sur RTE Radio 1, il s'est décidé à interpeller le gouvernement irlandais en ces termes :

"Aujourd'hui, le gouvernement obligent ces femmes à prouver qu'elles ont été traitées en esclaves dans ces couvents. [...] Le gouvernement n'a-t-il aucune responsabilité financière et morale ? Aujourd'hui, le gouvernement donne des milliards aux banques et à leurs amis les promoteurs. [...] Et quand il s'agit du cas de ces pauvres infortunées femmes [...], il leur tourne le dos. N'y a-t-il aucune justice dans la société qui est la nôtre ?"

"Au fait, j'ai rencontré ma mère pour la première fois de ma vie à l'âge de 35 ans".

Et Leo Armstrong ajoute
: "Et ce n'était certainement pas grâce aux religieuses du couvent du Sacré-Coeur à Bessborough, Blackrock, comté Cork."



On se souvient du film de Peter Mullan dénonçant ces institutions irlandaises où les familles, l'Eglise catholique et l'Etat enfermaient des jeunes femmes - parfois des jeunes filles - au nom de la morale.

Voir à ce sujet le post d'avril 2010 : Tristes enfants d'Irlande

Enfermées à vie pour expier un péché qu'elles n'avaient pas commis. Filles-mères (bien souvent à la suite d'un viol), orphelines, femmes ou filles trop libres : la société irlandaise leur faisait vite retrouver le droit chemin dans ces "lavoirs" où elles passaient une vie entière à laver le linge sale des autres.

Elles n'en ressortaient bien souvent que pour aller au cimetière. Et encore : on a découvert récemment, dans les arrière-cours de ces couvents, des tombes sans noms ni dates.

mardi 7 septembre 2010

Le pub traditionnel dublinois en résistance



"Etre un barman irlandais expérimenté, c'est comme un passeport pour travailler partout dans le monde. Les barmen irlandais sont réputés pour leurs manières et leur charme". Le barman du The Long Hall à Dublin, l'un des 14 pubs dublinois traditionnels survivants de la capitale irlandaise, est un passionné de son métier.

Au Mulligan's, ouvert en 1782 dans la Poolberg Street à Dublin, le refrain est le même. "Nous ne servons pas de nourriture, nous n'avons pas de musique en bruit de fond. Nous n'avons qu'une grande télévision sur le mur, pour les jours de matches de rugby ou de football gaélique. Ces jours-là, le pub déborde dans la rue".



Tous ces barmen ont en commun l'amour de leur travail. Même s'ils reconnaissent que ce n'est pas un travail facile. L'un d'eux admet que les heures de travail d'un barman professionnel irlandais ne sont compatibles ni avec une vie de famille, ni avec une vie sociale : "J'ai déjà travaillé de 10 heures 30 le matin jusqu'à 2 heures de l'autre matin. Mais maintenant, de plus en plus, le travail est organisé en équipes".

Ce qui n'empêche pas nombre de jeunes apprentis barmen préférer travailler dans les nouveaux "cafés" branchés de la capitale où la musique est mise à fond et la nourriture servie à toute heure.

Ces nouveaux "pubs" modernes font fortune en ce moment à Dublin et certains pubs traditionnels s'inclinent et finissent par suivre le mouvement.



Mais pour ceux qui veulent goûter le calme et la sérénité d'un endroit où tout le monde se connaît - du barman au dernier client qui vient d'entrer - le pub traditionnel reste l'endroit le plus prisé. C'est l'endroit où "les conversations et le craic [ambiance] font toute l'atmosphère", selon le patron de The Stag's Head dans Dame Court.

La preuve ? Même des célébrités comme Colin Farrell, Brendan Gleeson ou Peter O'Toole, en son temps, continuent à les fréquenter. "Parce qu'ils savent qu'ils y seront traités de la même manière que n'importe quel autre client", affirme le patron du Mulligan's.

Et la crise économique que traverse actuellement le pays va certainement ramener vers ces vieux pubs toute une clientèle qui les avait pourtant oubliés un peu trop vite.

Photos : CHURCHILL & KLEHR PHOTOGRAPHY

dimanche 5 septembre 2010

Les Murals de Belfast

Dans cette vidéo, le lord-maire de Belfast fait faire le tour de sa ville à une équipe de journalistes en leur présentant les fameux Murals (murs peints) de Belfast.

La tradition des Murals remonte à 1908 avec le premier Murals loyaliste peint par des partisans de la Couronne d'Angleterre.

Mais les Murals ont vraiment commencé à être connus dans le monde entier avec le fameux "Derry", réalisé en 1969 - début de la période des Troubles qui ne se terminera que 30 ans plus tard (1998).

Les Républicains irlandais en feront alors leur media préféré pour faire connaître leur action politique.



La plupart des Murals sont réalisés par des artistes des rues, des habitants des quartiers de Belfast.

Ils sont souvent d'ordre religieux et/ou politiques - les deux domaines étant étroitement liés en Irlande du Nord.

Certains relèvent plutôt de la mythologie ou de l'histoire irlandaise - et parfois même traitent de sujets d'actualité internationale.

Ils sont en tout cas devenus incontournables à toute visite de la ville de Belfast.

jeudi 2 septembre 2010

Les Irlandais et l'alcool : 5 bonnes raisons de boire

En janvier 2009, le Government Alcohol Advisory Group a été mis en place afin d'étudier les raisons de la hausse des ventes et de la consommation d'alcool dans le pays (+17 p.cent en 10 ans).

L'Irlande est devenu le premier pays d'Europe en matière de consommation d'alcool, en particulier chez les jeunes - hommes et femmes confondus.

Loin de prendre cette étude au sérieux, les Irlandais y ont plutôt vu l'occasion de pratiquer leur solide sens de l'auto-dérision, qui leur a souvent servi par le passé à accepter une réalité pas toujours souriante.

Ils ont fait leur propre analyse de l'étude et en ont tiré leurs conclusions.

Première conclusion :

Rien ne sert d'interdire aux Irlandais de boire - ou d'essayer de diminuer leur consommation d'alcool. Il s'agit d'une fatalité : la fatalité irlandaise, qui obéit à 5 règles :


1- Le climat : Les Irlandais doivent vivre avec un climat type"Ventôse" (wintry dans le texte) tant le vent est omni-présent tout au long de l'année.
Ils doivent aussi accepter l'idée qu'ils descendent de peuples qui ont pu penser que cette île perdue dans l'océan, battue par les pluies et les vents, était habitable. L'alcool peut aider à accepter cette blessure originelle.




2- Les Englishers : Les Anglais ont maintenu les Irlandais sous leur coupe pendant des siècles. Tout ce qui va mal dans le pays désormais est de la "faute des Brits". Une bonne pinte de Guinness peut aider à les oublier.

3- L'Eglise catholique : Ces mêmes Englishers se sont empressé d'indiquer à l'Eglise catholique qu'il y avait là un peuple prêt à accepter sa tutelle - tant il était enfoncé dans son propre désespoir. Un bon verre au pub peut faire passer un trop long sermon.

4- Les batailles rangées : Les Irlandais les adorent - surtout à la sortie des pubs. Là encore, pintes et vodka peuvent soutenir.


5- Réputation irlandaise : Les Irlandais sont célèbres dans le monde entier pour leur consommation d'alcool. Ils ont une réputation à soutenir. Ils doivent donc continuer dans leurs efforts et ne pas décevoir leurs admirateurs.

Deuxième conclusion :

A la suite de ce rapport, pourtant sérieux, le gouvernement a renforcé les pouvoirs de la Garda (police) qui peut désormais arrêter les buveurs dans la rue.

mercredi 1 septembre 2010

La vie en maison close en Irlande : les prostituées parlent

“Etre transformées en toilettes publiques”, telles sont les paroles rapportées par la responsable de l’organisation Ruhama pour la protection des femmes prostituées. Coups de poings au visage, coups de pied dans les escaliers, mordues, affamées, battues, tel est le lot des prostituées en Irlande.

La rapport annuel de l’organisation Ruhama, qui s’occupe de la protection des femmes prostituées en Irlande, est clair : la crise économique n’a fait que renforcer la violence que rencontrent les femmes obligées de se prostituer.

La responsable de l’organisation Ruhama est formelle : l’année dernière en Irlande, des femmes ont été battues pour avoir refuse d’avoir des relations sexuelles avec des clients ; elles ont été affamées et enfermées pour les obliger à obéir à la loi des clients et des “protecteurs”.

Les clients sont de plus en plus jeunes et de plus en plus violents”, affirme le rapport. L’effet de la crise économique est renforcé par la large distribution de vidés pornos de plus en plus violentes à travers tout le pays.

Le mythe de la prostituée libre qui choisit d’exercer son metier comme elle l’entend est bien loin – si l’on en croit les témoignages recueillis par l’organisation Ruhama.

L’une des protégées de Ruhama décrit ainsi sa vie en maison close : “Les souteneurs font venir les filles dans les regions rurales du pays ou elles doivent rester enfermées, seules, entre 6 et 13 jours dans des appartements aux rideaux tirés en permanence. Elles n’ont aucun contact avec le monde extérieur et les seules personnes à qui elles peuvent parler sont leurs clients”.
Les femmes doivent être disponibles entre 12 et 16 heures par jour, poursuit la protégées de Ruhama, et doivent tout accepter de leurs clients – mêmes ceux qui arrivent en groupes de deux ou trois”.

La légende du gentil client qui a juste besoin de parler fait partie du monde des Bisounours. Le rapport de Ruhama confirme : “Les clients ne se préoccupent pas de blesser physiquement les femmes. Ils sont juste à la recherche de leur plaisir. Les agressions verbales sont la norme.”

La prostitution en Irlande est tellement normalisée qu’il est normal pour les clients de venir attendre leur tour en discutant de leurs affaires entre eux, raconte une prostituée de Ruhama.

L’organisation Ruhama dénonce également les nombreux sites “Escort” d’Irlande promouvant telle ou telle maison close. Ces sites accroissent encore la pression subie par les prostituées.

Les clients y laissent leurs impressions après chaque passage avec la prostituée. La lecture des posts laissés par les clients – jusqu’à 10 en un mois pour certains – montre leur degré d’immaturité et leur problème relationnel avec les femmes.

Le plus inquiétant est que ces posts sont lus par les souteneurs qui obligent leurs “protégées” à y répondre. Si les “impressions” des clients sont negatives, elles doivent s’engager à faire mieux “la prochaine fois”.

Et les posts sont pour la plupart très négatifs. Les clients sont souvent “déçus” par les prestations fournies qui ne correspondent pas à ce qui était promis.

Les critiques portent également sur le faible niveau d’anglais des prostituées. Car contrairement à ce que promettent les sites vantant telle ou telle maisons closes, les prostituées ne sont que très rarement irlandaises.

mardi 31 août 2010

Discrimination en Irlande : le long combat des femmes



Portmarnock : sa ville, ses fleurs, son golf... pour hommes seulement.

Le jugement est tombé après sept ans de procédure : le golf de Portmarnock, une "institution nationale", selon l'un des juges, restera exclusivement un golf pour hommes seulement.

Les juges en ont décidé ainsi après moult audiences, appels, recours à la Consitution irlandaise et autres Acts du droit irlandais. Rien n'a été laissé au hasard.

Pourtant, les femmes irlandaises ont essayé de se battre. Et elles ont perdu : elles ne pourront pas être membres à part entière de ce club de golf où politiciens, hommes d'affaires et avocats de renom ont coutume de se rencontrer pour parler business.

Une dizaine d'années de cela, l'Irlande comptait près de 400 clubs de golf pratiquant la même politique d'exclusion à l'encontre des femmes.

Celles-ci pouvaient néanmoins payer un droit d'entrée pour jouer au golf - mais seulement pendant certaines heures. Les portes des golfs d'Irlande leur étaient ouvertes essentiellement pendant la semaine - lorsque la demande était faible.

Petit à petit, la plupart de ces clubs ont changé leurs statuts sous les coups de boutoirs des femmes - et de quelques hommes aussi.

Sauf un : Portmarnock, le plus important d'entre eux.

Malgré les plaintes déposées en nombre pour "discrimination" selon l'Equal Status Act, les juges ont décidé que le club de golf pouvait rester "Men Only".

L'un des arguments-clés de cette décision repose sur le fait que le club a été fondé par des hommes, pour jouer au golf entre hommes - tout comme, à travers le pays, existent des bookclubs exclusivement féminins.

Evidemment, les juges ont décortiqué le droit irlandais pour justifier et bétonner leur décision.

La société irlandaise reste encore relativement figée sur son ancien modèle social où hommes et femmes sont distinctement séparés : écoles, clubs, travail, rencontres diverses. Certaines écoles ne sont devenues mixtes que très récemment, si l'on compare avec le modèle français.

Les femmes d'Irlande vont continuer à se battre pour plus d'égalité encore, mais la crise économique ne va certainement pas les aider dans ce combat.

dimanche 25 juillet 2010

Une fibule du 7e siècle dans un poêle à tourbe




Une fibule en bronze datant du 7e siècle a été découverte par un couple de retraités irlandais du Kerry - dans leur poêle à tourbe. C'est en voulant nettoyer son poêle que Sheila Edgeworth a trouvé dans les cendres un bout de métal noirci par le feu.

"Mais qu'est-ce que ça peut bien être ?", demande-t-elle à son mari Pat, qui prend l'objet, le retourne dans tous les sens et avance : "C'est un ancien mors pour âne" - se souvenant que les ânes étaient souvent utilisés pour le transport de la tourbe, par le passé.


La boucle est si noire que Sheila et Pat décident de la frotter avec un chiffon et de l'eau. Devant ce qui apparaît lentement, Pat comprend : "Ce doit être une broche, comme celles qu'on voit dans les livres".

Selon le Kerry County Museum, il s'agit d'une fibule du 7e siècle, en bronze, typique des 6e et 7e siècle en Irlande. La broche de Sheila et Pat est particulièrement intéressante pour les archélogues car décorée, à ses extrémités, par deux croix chrétiennes - signe qu'elle appartenait soit à un chrétien des premiers temps soit, plus certainement, à un moine.


La région du Kerry, où la broche a été trouvée, est réputée pour ses ruines chrétiennes du haut-Moyen Age et ses puits sacrés. Selon les archéologues, le moine qui portait cette fibule a dû la perdre dans la forêt qui bordait alors la route de Ballylonford, localité où habitent Pat et Sheila. La forêt s'étant transformée peu à peu en terrain à tourbe (bog), la broche en bronze s'est retrouvée piégée dans le sol.


Comme le responsable du Kerry County Museum le souligne : "Cette broche a donc survécu à la tourbe, aux pelleteuses et au feu. C'est une histoire incroyable !"

jeudi 24 juin 2010

Irlande en images

lundi 21 juin 2010

Deux Irlandaises en Languedoc : ou pourquoi les Françaises ne grossissent pas




Au début du mois d'octobre 2008, la Foire du vin français, organisée par le réseau Sopexa, spécialiste de l'agroalimentaire, a installé ses quartiers à Dublin. Les vins exposés provenaient en majorité de domaines cultivant le bio et l'agriculture "durable".

Au milieu des producteurs français, deux soeurs irlandaises ont fait sensation auprès du public dublinois. Installées en Languedoc depuis 2000, Suzanne et Karen O'Reilly ont su jouer la carte "tricolore" auprès de leurs compatriotes, toujours avides de connaître les secrets de la culture française.

On pouvait les entendre raconter à des Irlandais qui n'avait jamais vu la Méditeranée ni même de neige de leur vie, qu'elles "pouvaient aller nager dans la "Med" en 20 minutes ou aller skier dans les Pyrénées en 1 heure".

Après avoir commencé par vendre des maisons du Languedoc-Roussillon aux Irlandais via leur site Internet, elles ont décidé de se tourner vers le commerce du vin "par passion" et développer un réseau en Irlande.

Le nom d'O'Reilly a désormais rejoint la liste, déjà longue, d'Irlandais installés en France.

Mais les Hennessy, les Michel Lynch, les Thomas Barton et même les Mac-Mahon les reconnaîtront-ils, eux dont les ancêtres sont arrivés en France avec les Wild Geese ?

La défaite de 1691 contre Guillaume d'Orange doit sembler bien loin aux deux soeurs O'Reilly.

Plus prosaïquement, poursuivant leur trip français, Suzanne et Karen O'Reilly proposent aux fans de Peter Mayle (auteur britannique du best-seller mondial : Une Année en Provence) de découvrir la France et les Français - tâche ardue s'il en est.

Grâce à la French Tour Company des deux soeurs, l'Irlandais moyen pourra désormais s'offrir des visites de domaines et caves viticoles autour de Perpignan, dans le Languedoc et dans le Roussillon.

Il pourra même pousser jusqu'en Touraine où, pour 250 euros par personne, il découvrira le vignoble sur trois jours.


Mieux : avec et grâce aux deux soeurs, l'Irlandaise moyenne (elle aussi) pourra enfin comprendre pourquoi les "Françaises ne grossissent pas".




S'appuyant sur le succès du best-seller anglo-saxon de l'Américaine Mireille Guilliano paru en 2005, le Why Frenchwomen Don't Get Fat Tour propose des marches, des repas fins équilibrés et une journée Spa pour seulement 95 euros par personne.

Et pour 90 euros, l'Art Tour permettra à l'Irlandais et l'Irlandaise (moyens donc) d'accéder au sacro-saint de la culture française - vue par les Anglo-Saxons : visites de musées et "leçons d'art".

mercredi 16 juin 2010

Le pub irlandais pris en otage



C'est arrivé un jour de semaine, en 2009.

C'est arrivé en Irlande - dans une petite ville près de Dublin.

L'après-midi s'annonçait tranquille, le ciel était gris, le vent pas encore levé - pour une fois. Au pub du coin, deux ou trois piliers avec leur première (depuis midi) pinte de Guinness à la main.

Puis, vers 15-16 heures - on ne sait pas trop - une famille de Travellers (les gens du voyage irlandais) arrive. Ils ont quelque chose à arroser, c'est sûr, à voir l'alcool qu'ils descendent. Le patron pense alors à ralentir le flot. Et même à l'arrêter net.

C'est à ce moment-là que tout a basculé.

Et que l'on a alors assisté à la première prise en otage... d'un pub !

Le spectacle est grandiose : la foule accoure, hurle, prend partie, commente les mouvements de la police.

"Ils vont entrer par la porte de devant !" "Non, ils vont essayer par derrière !" Soudain, des jets de lances-incendie sortent du pub. Quelqu'un crie : "On n'est pas supposé jeter les bombes lacrymo dans le pub, les gars ?"

On en fait même un film-pastiche, inspiré des Benny Hill de la grande époque (voir vidéo). Dialogues écrits :

- "Eh les gars, comment ça va chez vous?"

- "Vous pouvez prendre tous les tapis qu'on vend mais pas notre liberté !"

- "Je te le dis, chef, si tu m'enlèves ces menottes, je ferais des petits boulots pour toi."

- "J'te donne même mon mini-van !"

- "Tu me redis ça encore une fois, je te balance la tête à travers le mur !"

Pour conclure sur une superbe envolée de "You f****** etc. etc". Le générique n'est pas mal non plus - dans le pur style humour irlandais.

Voilà : c'est aussi ça, l'Irlande - et les Irlandais, avec qui on ne s'ennuie jamais. Il faut bien le dire.


lundi 14 juin 2010

Bloody Sunday - 1972

Photo Reuters

30 janvier 1972 - Derry (Irlande du Nord) : la population catholique de la ville manifeste pour la pleine reconnaissance des droits civils aux citoyens catholiques d'Irlande du Nord. La grande marche débute dans le calme, avec femmes, enfants, personnes âgées.

L'armée britannique veille.

Soudain, tout s'emballe. Des coups de feu sont tirés - dans la foule. Des civils sont tués. Le cessez-le-feu tarde à être décidé du côté britannique.

Mardi 15 juin 2010 : un rapport de 5.000 pages va enfin être officiellement publié. Qui a ordonné le massacre de ces dizaines de civils ?

Réponse : 38 ans plus tard.


Petit rappel :

En 1998, Tony Blair demande l'ouverture d'une enquête concernant ces événements - en parallèle des négociations qui ont abouti aux accords de paix de 1998 (Good Friday Agreement).

L'enquête a produit un rapport de 5 000 pages - après une enquête qui aura duré 12 ans.


Un premier rapport officiel, publié juste après le Bloody Sunday, affirmait que les soldats n'avaient ouvert le feu que pour se défendre. Or les manifestants n'étaient pas armés. Cinq manifestants ont été tués d'une balle dans le dos - dont l'homme qui brandit un mouchoir blanc en portant secours à un blessé.

Le rapport de Lord Saville a été publié mardi 15 juin, à 15.30 h à Derry (Irlande du Nord).

Plus de 500 journalistes venus du monde entier ont été accrédités et étaient présents.

Les familles des victimes étaient dans la salle, recueillies, attentives à la lecture du rapport - qui n'a pas été censuré par les autorités britanniques.

Les conclusions du rapport sont simples : le massacre est "injustifiable".

Le rapport précise également nettement et clairement que les parachutistes britanniques ont tiré à balles réelles, sans sommation pour prévenir les civils présents - et que toutes les victimes de la marche pacifique étaient désarmées et innocentes.

Pour la première fois en 38 ans, le gouvernement britannique reconnait ses torts : Cameron s'est exprimé, hier après-midi, devant la House of Communs, après la lecture du rapport et a déclaré que la Grande-Bretagne avait eu tort :

'What happened on Bloody Sunday was both unjustified and unjustifiable. It was wrong.'

Il a présenté ses excuses au nom de son pays :

"On behalf of our country I am deeply sorry" – British prime minister David Cameron

Une première dans l'histoire de l'Irlande du Nord (et de l'Irlande en général).

Bloody Sunday - 1972 - 2010 : le rapport officiel



30 janvier 1972 - Derry (Irlande du Nord) : La population catholique de la ville organise une marche pacifique pour la pleine reconnaissance des droits civils des Catholiques d'Irlande du Nord.

Des femmes, des enfants et des personnes âgées participent à la manifestation. Tout est calme - malgré une tension dans les rangs.

L'armée britannique veille.

Soudain, tout s'emballe. Partis d'on ne sait où, des coups de feu éclatent. Des personnes s'écroulent.

Le cessez-le-feu tarde à être décrété. L'armée britannique continue à tirer.


Mardi 15 juin 2010 : le rapport officiel de 5.000 pages va enfin être publié. Qui a ordonné le massacre ?

Les familles attendent de connaître la vérité depuis 38 ans.photo Reuters