vendredi 31 décembre 2010

Neige d'Irlande



L'Irlande sous la neige. On ne peut le voir qu'une fois tous les trente ou quarante ans. Même si, l'année dernière déjà, on avait eu un petit aperçu de l'hiver continental sur les côtes irlandaises.





Mais même sous la neige et la glace,  le ciel d'Irlande reste tel qu'en lui même : et on comprend d'où vient la force qui anime les esprits de cette terre.



Les rois de Tara ne sont jamais très loin - et la reine Maeve nous regarde, du haut de son tumulus sacré.



 La neige en Irlande. Même la mer y succombe.

mardi 21 décembre 2010

Solstice d'hiver : Newgrange et son mystère



Newgrange : le nom résonne ici comme un rappel des temps anciens - un appel aux lointains Celtes.

Newgrange : le plus célèbre des sites archéologiques d'Irlande, au nord de Dublin. Mais aussi, le lieu de toutes les croyances, anciennes ou new age.

Construit il y a 5.000 ans, près de 600 ans avant la grande pyramide de Gizeh, le gigantesque tumulus attire toujours autant les foules - comme il le faisait déjà au temps de sa construction.

Tombe d'importance, royale très certainement, le tumulus abrite un mystère qui draine encore les fidèles près de sa porte d'entrée si étroite.

Tous les ans, le jour du solstice d'hiver, à 9 h 17 le matin, le soleil pénètre au coeur de la tombe pour éclairer les ténèbres de la salle centrale.

Presque mille ans avant Stonehenge en Angleterre, les hommes des terres de l'ouest en appelaient ainsi aux ancêtres pour faire revenir sur terre la lumière du jour - et que s'éloignent pour une année encore les terreurs de la nuit.

jeudi 16 décembre 2010

Les Rubberbandits et la crise irlandaise



Leur video sur YouTube a reçu 1,5 million de visites en seulement cinq jours.

Blindboy Boatclub et Mr Chrome of Limerick, avec leur duo hip-hop Rubberbandits, font actuellement exploser le hit-parade irlandais.

Mercredi matin, ils étaient devant le parlement, avec un autre complice habillé, lui, en Willie O'Dea, le ministre irlandais de la Défense. Manière de dire leur mécontentement pour la situation actuelle du pays.

Le groupe, formé en 2000 a, depuis, largement utilisé Internet pour diffuser ses chansons et a rencontré un engouement inattendu à travers toute l'Irlande.

De style plutôt satirique, leur musique veut dénoncer les compromissions politiques et sociétales d’un pays actuellement en pleine crise, non seulement économique et financière mais égalemement sociale et politique.

Leur paroles crues se rapprochent très fortement de la série South Park pour la délicatesse du propos et la finesse des opinions.

En octobre 2010, leur Republic of Telly a fait un tabac sur la chaîne de television nationale RTE Two et, en décembre, leur single Horse Outside a connu des début explosifs grâce à YouTube. Il se murmure déjà que le titre sera numéro 1 dans les charts de Noél.

On y parle de grève d’impôts, de politiciens et d’argent perdu – le tout sur fond de crise sociale et morale.

A ne pas mettre entre toutes les mains.

mercredi 15 décembre 2010

Un étranger en Irlande

Etre un étranger en Irlande peut conduire à une longue réflexion sur "qu'est-ce qu'être un Irlandais". Le choc culturel, linguistique et climatique est garanti. Et l'intégration peut se révéler plus compliquée que prévu.

Ainsi, des étudiants allemands et norvégiens ont, récemment, publié leurs impressions sur le pays qui les accueillait pour quelques mois, à l'université de Dublin (UCD).

Leurs conclusions sont criantes de vérité et méritent qu'on les médite - enfin, surtout les Irlandais.

- La politesse des Irlandais : Bien connue - elle est même leur marque de fabrique. Elle vous saute dessus dès que vous débarquez en Irlande. "Howaya" (ou quelque chose de phonétiquement approchant) est le cri par lequel vous êtes systématiquement accueilli. Ce qui ne veut pas dire que l'on attende une réponse en retour. Et encore moins la même question.

Le "sorry" est très en vogue aussi - y compris de la part de celui dont vous venez d'écraser le pied.

- Les feux pour les piétons : Ils sont juste une recommandation - pas une obligation : On reconnaîtra d'emblée l'étranger dans celui ou celle qui attend plus de dix minutes au feu rouge avant de traverser la voie.

- L'accent irlandais : Redouté, il  peut amener à certaines confusions : ainsi, le "craic" n'est pas une drogue mais une ambiance ; le "Tea-shock" n'est pas une réaction à un thé particulier mais bien le nom du premier ministre (Taoiseach).

- La nourriture-mystère, : Celle dont vous n'avez jamais entendu parler avant de mettre le pied sur la terre irlandaise. Rashers, boxty ou bangers peuvent déconterter mais sont (absolument) à conseiller.

- La neige : C'est une rareté irlandaise : 10 cm (à peine) de neige et tout le pays est gelé - complètement immobilisé.

Les docteurs et la grossesse : la grande inquiétude des docteurs dans le pays, lorsqu'une adolescente vient pour consulter (même pour un gros rhume), est... le risque de grossesse.

- Les bus irlandais : Il faut être bien conscient qu'aucun bus ne vous préviendra du prochain arrêt - et qu'il n'y a pas de cartes ni d'itinéraires à l'intérieur dudit bus.

Il vous faut aller à l'avant du véhicule pour demander au chauffeur (si, si : vous pouvez lui adresser la parole) quel sera le prochain arrêt - et au besoin,  lui demander quel est l'arrêt le plus proche pour votre destination.

S'il s'agit de Dun Laoghaire, attention de bien prononcer. En aucun cas, vous ne devez prononcer Du-ne La-o-guère mais bien : D-eu-n Li-ri.

Ayant bien intégré ces différents points, l'étranger pourra (peut-être) se sentir un peu plus intégré au pays - mais sera encore (et pour un bout de temps) un alien aux yeux de l'autochtone.

jeudi 9 décembre 2010

Irlande, paradis perdu - vu d'Allemagne

Galway - en 1955 (femmes aux pieds nus)

Publié par Presseurop, un article du Spiegel, paru le 7 novembre, sur l'Irlande, passée et récente.
L'Irlande d'avant le Tigre celtique - et l'Irlande d'après la Grande Crise.

Pauvre et pure, l’Irlande a longtemps été le paradis perdu de nombreux Allemands lecteurs de Heinrich Böll. Puis Dublin a cédé aux sirènes du capitalisme financier. Aujourd’hui, assure le Spiegel, Berlin doit aider "l’enfant malade". 


Par Markus Feldenkirchen - Der Spiegel

Heureusement, Heinrich Boll [prix Nobel de la littérature de 1972] n’est plus de ce monde pour assister à ce triste spectacle. Nul doute que s’il avait voyagé dans l’Irlande d’aujourd’hui, l’auteur allemand ne serait pas tombé amoureux de ce pays, de cette plaisante île de 4 millions d’habitants, idylle de pauvreté et inspiration pour un monde meilleur. C’est précisément cette Irlande qui a attiré le turbo-capitalisme. Et ça ne lui a pas réussi. De quoi faire perdre son latin à Heinrich Böll.

"Ici déjà l’ordre social européen prenait d’autres formes", écrivait-il dans les années 1950 lors d’un voyage à Dublin. Il était sous le charme de ses compagnons de route irlandais, il faisait du romantique jusqu'à l’écoeurement. "La pauvreté n’était non seulement plus une ‘honte’, mais en fait ni un honneur ni une honte : elle était – en tant que moment de la conscience sociale – aussi insignifiante que la richesse : les plis du pantalon avaient perdu de leur tranchant".

Ces lignes parurent ensuite dans son célèbre Journal irlandais, où Böll décrit une société honnête, modeste, se contentant de peu et tout aussi heureuse ; un pays qui, malgré la famine, l’émigration et le pouvoir de l’Eglise catholique, était parvenu à préserver son humanité.

Un vieux rêve allemand s'est effondré avec l'Irlande

Au milieu des années 1950, le Journal irlandais apparut aussi comme l’exact opposé de la rude Allemagne d’après-guerre et du miracle économique avec ses nouveaux dieux : Croissance, Consommation et Capital. Heinrich Böll, l’honnête homme de Cologne, et l’Irlande, l’honnête île du Nord, étaient faits pour s’entendre. C’était le bon temps. L’île de Böll était pauvre mais pas en faillite. Aujourd’hui, c’est l’inverse.

Ces dernières semaines, c’est un vieux rêve allemand qui s’est effondré avec les finances irlandaises. Comme rarement un autre pays, la petite île tenait une place à part dans le cœur des Allemands. Dans les années 1960, 1970 et 1980, de nombreux compatriotes avaient suivi les traces de Böll en Irlande et lui vouaient la même nostalgie (du moins tous ceux qui ne lui préféraient pas Goa ou Ibiza).

L’Irlande leur paraissait plus pure et plus honnête que leur patrie, les champs y étaient encore fertiles, les usines rares et les hommes pas encore corrompus par la richesse. On ne pouvait pas rêver mieux, se disaient les Allemands en chantant les louanges du retard.

Les Irlandais, eux maudissaient leur pauvreté

Ils arrivaient parfaitement à oublier que les Irlandais, eux, maudissaient leur pauvreté. Il s’agissait de défendre leur droit de rêver à une autre vie, même s’il fallait pour cela combattre la réalité. Aujourd’hui encore, les chiffres de l’Office du tourisme irlandais montrent que les Allemands sont les plus fidèles visiteurs de l’île.

"L’ordre social européen" y a en effet pris "d’autres formes", même si ce ne sont pas celles que Böll appelait de ses vœux. Depuis plusieurs semaines, cette petite île tient tout le continent européen en haleine, menaçant l’euro et le pilier de la communauté européenne en même temps. Comment le pays le plus en retard d’Europe a-t-il pu se transformer aussi vite en véritable tripot, paradis des requins immobiliers, des banques d’investissement et autres fléaux de la finance ?

Jusqu’à la fin des années 1980, le Moyen-Age avait trouvé son dernier refuge en Irlande, à l’écart des lumières du continent. Pendant des dizaines d’années, l’Eglise catholique avait défendu sa forteresse celtique contre les assauts de la modernité. Toutefois au début des années 1990, avec la chute du rideau de fer et les débuts de la mondialisation, l’Eglise avait elle aussi dû céder aux nouveaux maîtres.

Les mêmes excès en Irlande que dans les pays d'Europe de l'Est

Au catholicisme a donc succédé le règne du capitalisme. En un rien de temps, la vertueuse Irlande s’était transformée en bordel, c’était l’endroit où l’on venait faire ce que l’on osait pas faire chez soi.

Cette nouvelle donne semblait être une bénédiction pour l’Irlande. L’île bourdonnait d’activité et les milliards d’aide de l’UE renforçaient un peu plus l’illusion que les temps difficiles étaient à jamais derrière nous. Du jour au lendemain, le parent pauvre de l’Europe devint l’un des pays plus chers. L’épidémie d’obésité gagna rapidement l’île où 30% des femmes et presque la moitié des hommes sont désormais en surpoids. Jusque dans les années 80, les Irlandais faisaient partie des peuples les plus maigres d’Europe. A présent, leur tour de taille se rapproche de celui des Allemands. Leur croissance a été démesurée.

Comme partout où les hommes ont tenté de lutter contre l’évolution naturelle, la modernité est arrivée en Irlande comme un torrent impétueux. A cet égard, les hommes fraîchement affranchis ressemblent beaucoup aux hommes fraîchement enrichis. Il n’est pas étonnant que le capitalisme ait donné lieu aux mêmes excès en Irlande que dans les pays trop longtemps asservis d'Europe de l'Est.

Même si de nouvelles entreprises solides ont effectivement été créées sur l’île, les dirigeants politiques ont beaucoup trop misé sur leur nouvelle industrie financière, secret de leur réussite. Pour la première fois de leur histoire, ce secteur magique leur apportait richesse et prospérité.

Le tigre celtique ressemble à présent à un chaton épuisé, hirsute et éclopé. Les Allemands devraient l’entourer de soin et continuer à rendre visite à l’enfant malade. "Cette Irlande existe, avait écrit Heinrich Böll dans son journal. Celui qui s’y rend et ne la trouve pas, ne pourra toutefois pas prétendre à réparation auprès de l’auteur".

mercredi 8 décembre 2010

Nos ancêtres Brian Boru

Le Budget d'austérité a été présenté hier devant le Daìl ? Des têtes vont tomber ? Erin va se fâcher ?

Eh bien, en attendant... les Irlandais comptent leurs ancêtres.

C'est le nouveau passe-temps favori des anciens Tigres celtiques : Qui sommes-nous ? D'où venons-nous? Et (surtout) où allons-nous ?

Sean (encore lui) a envoyé une petite note, hier, au courrier des lecteurs du Irish Times. Elle vaut son pesant de Brian Boru (l'ancêtre commun à tous les Islanders, Grand Roi parmi les rois) :

"Madam, – Congratulations on your excellent “Ancestors” supplement. But I have a problem. When we were celebrating the year 2000, I tried to explain to my grandchildren the process of person to parents to grandparents to greatgrandparents in numbers 2, 4, 8, 16, etc.

One of the bright sparks asked me, how many individual ancestors would he have for the year 1000. Feeling very full of myself and noting that I could introduce a little maths into the discussion, I explained the concept of 2 squared, 2 cubed, etc, and 2 to the power of the number of generations. Taking a generation at 30 years, 2 to the power of 30 for 1000 years ago. Hey presto.

However the same bright spark grabbed his calculator and found that he would need 1.1 million ancestors living in the year 1000 to beget him. As far as I knew the population of Ireland in the year 1000 was around 300,000. He asked me where did the other 700,000 ancestors come from. I was flummoxed

Since then, I have reasoned that an individual could marry twice, and the numbers of required ancestors could be fewer. But I am still wondering. Brian Boru must have been one of the million ancestors. Ryan Tubridy does not have a unique claim! Could a genealogist please help? I must be missing something. – Yours, etc,

mardi 7 décembre 2010

Cookies, pizzas et biscuits au cannabis... C'est la crise !

Quelques "Marrackech biscuits", confectionnés avec le "Cannon butter" maison et accompagnés d'un verre de Creme de Gras, voilà qui devrait réconforter les Irlandais - et les aider à avaler la pilule du budget d'austérité dont les détails seront dévoilés aujourd'hui.

L'ingrédient de base pour ce menu de rêve ? Quelques pincées de cannabis...

Un amateur de bons petits plats, père de quatre enfants, louant une maison à Cork, a volontiers admis devant la Cour qu'il avait effectivement cultivé quelques plants de cannabis - sur tout le second étage.

Mais rien à voir avec le vulgaire dealer de base. Lui, le cannabis, il ne s'en sert que pour la fabrication de son beurre, de son vin, de ses pizzas et de ses cookies. Pas question de faire de l'argent avec ça, monsieur le juge.

Son "Alternative pizza" semble d'ailleurs avoir eu un succès certain dans le voisinage. Et toutes ses créations lui ont surtout servi de monnaie d'échange, contre quelques pintes ou quelques menus travaux. Pas plus.

La police locale a précisé que le bon père de famille tenait auparavant une pizzeria dans le coin et que tous, par ici, le tenaient en grande estime.

Le juge a reconnu que ce cuisinier d'un nouveau genre n'était pas un dealer ordinaire, et que l'argent n'était pas sa motivation. Il lui a cependant donné trois ans de prison avec sursis pour "ne pas avoir respecté la loi".

jeudi 2 décembre 2010

Snow, sleet and ice... on oublie tout !




Comme le dit Sean dans sa lettre au courrier des lecteurs du Irish Times :

"The news this week seems limited to two topics: the weather and the economy.

Well, at least we can do something about the weather. – Yours, etc,"